Page d'accueil


Renié Couratier, notre distingué président de la Déontologie, est-il le concombre masqué de la fronde anti-Ordre, introduit par entrisme dans l’oligarchie pontificale ?

Voilà bien la question qui taraude Pollux depuis quelques jours et qui l’empêche de fermer l’œil dans ses petits draps roses…

A en croire son dernier pensum : « Répondre aux besoins de santé et garantir la qualité des soins par une formation et un exercice rénovés » déposé – in vivo – sur la table de notre sinistre de la Santé, Madame Rose-Taquin, force est de s’interroger ?

Ce bottin des postes, d’une imprévisible hardiesse, dépasse – et de loin ! – tout ce qu’il nous était possible d’espérer un jour réalisable.

(Le Pensum ordinal)
Cliquez, si le courage vous en dit !

Lorsqu’il y a bientôt quinze mois, en d’autres temps d’autres lieux, nous avions évoqué la nécessaire évolution de nos études vers la gratuité (pour une sélection au mérite et non plus par l’argent) et les champs du possible universitaire (licence/maîtrise/doctorat) ainsi que d’en finir une fois pour toutes avec la honteuse et vénale privatisation de notre formation, kyste néolithique, pour le bénéfice de quelques-uns, dans le corpus médical ; on a crié « au fou ! ».

Personne ne pensait cela faisable, tant les résistances internes semblaient insurmontables…

Il est vrai, sur la feuille de match, que le challenge était perdant d’avance. Les directeurs d’écoles privées et leurs ayants-droit enseignants, « syndicat dans les syndicats », trustant les meilleurs postes dans les centrales signataires et pesant de tout leur poids sur les réformes, afin que surtout rien ne change.

Nous n’imaginions pas une seconde que la rédemption viendrait par l’Ordre…

Lorsque Renié fait son « coming out »


Pour avoir payé notre (lourde) obole d’étudiant, nous avons conscience, Renié, des difficultés, des freins corporatifs, du mercantilisme ambiant, qu’il t’aura fallu combattre pour parvenir à imposer une telle feuille de route. Tu ne t’es certainement pas fait que des amis, mais tu as gagné notre estime.

C’est pourquoi nous te demandons d’entendre les observations à suivre non pas comme railleries, mais comme conseils confraternels.


De la confusion des genres

Mais que vient donc l’Ordre se compromettre en cette affaire ?

Pourquoi pointe-t-il sa truffe dans l’auge des centrales ?

L’évolution de la profession vers le LMD (licence/maîtrise/doctorat) est un dossier de pure facture syndicale, en aucun cas ordinal.

L’Ordre nous dira, pour sa défense, qu’il a pour mission d’assurer la « promotion » de la profession. Certes les limites du concept sont quelque peu vaporeuses, surtout lorsque que l’on a pris la regrettable habitude d’incessamment les fouler au pied.

Cela ira-t-il jusqu’à réclamer la réévaluation de nos honoraires, ou d’appeler aux manifestations de rue ?

Pour autant, nous faisons la fine-bouche. Ne soyons pas plus étymologistes que nécessaire. Après tout, que cela soit par l’un ou par l’autre dans cet aimable foutoire, tant que les dossiers avancent…

Mais ce qui inquiète en cette affaire, c’est que cela, en le stigmatisant, corrobore ce que de longue date nous présentions de la faiblesse endémique de nos syndicats. Au point tel qu’une supra-structure, hautement dévoyée de sa mission première, se doit d’assurer en leur lieu et place les charges et mandatures…

Et confier à un « Ordre » la défense d’une profession, son évolution, sa nécessaire jacquerie face à l’Etat, ça n’est pas exactement l’idée que l’on se fait du syndicalisme libre et triomphant, ni de sa fondamentale émancipation du giron gouvernemental.

De l’erreur de stratégie

L’Ordre propose la création d’un ersatz de kinésithérapeute, « l’assistant-kiné », sorte de Frankenstein abêti – le marchothérapeute pour vieilles ou le masseur de poilus, si l’on préfère – directement sorti des laboratoires de la rue Réaumur et dévolue aux tâches ingrates de nos cabinets.

Nous avons bien sûr conscience, du haut de leurs gros sabots ordinaux, qu’il s’agit-là d’une « carotte » pour faire avancer le mulet ministériel, un « fifty-fifty » subtil comme une enclume. Mais cette carotte est bourrée à la nitroglycérine et risque bien de nous exploser au naseau…

On ne peut – il s’agit-là d’une profonde erreur de tactique qui se retournera invariablement contre nous – négocier en un même « panier » notre évolution universitaire vers les Masters (donc vers une para-médecine coûteuse) et la création d’une formation subalterne « d’assistants-kinés » (donc vers une para-médecine bon-marché).

Les raisons en sont évidentes :

La première – sociétale – c’est que l’Etat, toujours avide d’économie en matière de dépenses médicales, se précipitera tel Joe-le-poulpe sur une kinésithérapie « à moindre coût », privilégiant ainsi la thèse « sous-qualifiante » plutôt que « sur-qualifiante » du dossier ordinal.

Signe avant-coureur, quelques taquins observateurs ont noté avec amusement que Mme Rose, par ailleurs littéralement assommé à la lecture de la pénitence épistolaire ordinale, n’aura dressé ses oreilles de fin-limier qu’à un seul et court instant, celui de l’annonce de la création d’un emploi sous-qualifié – et donc sous-rémunéré – « d’assistant-kiné ».

La seconde raison – pragmatique – c’est que rien ne presse, vraiment.

Avant que les « super-kinés » ne sortent par cohortes rutilantes et vrombissantes des Masters ou des Doctorats, il s’écoulera de nombreuses années, voir quelques décennies. Il sera toujours temps alors – sur le terrain – d’évaluer les besoins réels de la profession et de revenir à l’idée d’une kinésithérapie « déléguée ».

Pour le moment – le moment où l’on écrit ces quelques lignes - la profession est confrontée aux « référentiels » à venir et à la première « croissance négative » de son Histoire. Cà c’est du concret…

Ne donnons donc pas le bâton pour nous faire battre. Nous sommes déjà pleins de bosses et de bleus à l’âme.…

Du fourre-tout à la sauce « Masterisée »

A la lecture du pavé ordinal, c’est surprenant comme il apparaît qu’avec à peine une p’tiote année ou deux de formations supplémentaires (Master 1 ou Master 2) nous seront capables de bricoler un nombre incalculable de bidules de nos petites mains habiles et expertes ! Prévention tout azimut, recherche fondamentale, épidémiologies, expertises médicales, substrat de médecin généraliste. Telle la grenouille, j’en reste côa…

Pour autant, ce qui se conçoit bien s’exprime clairement. Et, le moins que l’on puisse dire, vu le cabas brinquebalant, c’est que la confusion semble totale. Les « Masters » – ou ce que l’on pourrait bien en faire – restent très flous dans l’esprit embués de nos émissaires…

C’est la grande braderie des médailles en boite de camembert, une addition de titres ronflants, de qualifications-qualifiantes, pour jeter des confettis plein la figure et faire l’article devant Mme Rose.

C’est le moto-crotte devenue scatologiste…

L’Ordre aime les barbarismes

Kinési-cinétique, kinési-dynamie, attitude réflexive, méta compétence d’expertise, collegium fédératifs, didactiser les savoirs en kinésithérapie, formations de type applicatif, se former à la problématisation, patientusager, masseurskinésithérapeutes, universitarisation de la formation de kinésithérapie…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Ordre ose la dialectique !

L’Ordre aime les redondances

Epistémologique par-ci, épistémologique par-là, pas un chapitre n’y échappe…
Ca fait tout de même très trouble obsessionnel compulsif.

L’Ordre n’a pas peur des concepts novateurs

« Il (le kinésithérapeute) va acquérir une maturité professionnelle nécessaire pour appréhender la complexité de l’humain en tant qu’être bio-psycho-social ». ???

« L’accès en première intention aux soins de kinésithérapie (physiothérapie) a été (dans certains pays) mis en place primaire, secondaire et tertiaire ». ???

« La création d’un métier d’assistant a été effectuée dans les pays les plus avancés, dans le même temps que le passage des kinésithérapeutes (physiothérapeutes) au « garde » de master. Ce métier prescrit par les kinésithérapeutes permet de démultiplier l’offre de soins et de répondre à l’augmentation de la demande »…

L’Ordre ne craint pas les contradictions

« L’université doit donc refuser toute discrimination entre des actes professionnels jugés nobles, qui seraient de son ressort, et d’autres jugés sans noblesse qu’elle donnerait aux IFMK ».

Et plus loin :

« La formation de personnes à qualification diverses chargées d’assister les masseurskinésithérapeutes dans leurs tâches quotidiennes est indispensable. Des formations courtes, de type BTS ou DUT permettraient de répondre à ce besoin ».

Plus loin encore :

« Il serait intéressant pour garantir la sécurité des actes et pour répondre aux besoins de créer une profession d’assistant en kinésithérapie. L’assistant en kinésithérapie pourrait réaliser des tâches définies sur la prescription des kinésithérapeutes. Cette délégation permettra de recentrer le kinésithérapeute, sur les activités à forte valeur ajoutée et sur les activités médicales transférées ».

L’Ordre n’aime pas les sportifs

« 3.5. Des étudiants de forte culture scientifique.

Le recrutement des étudiants révèle que, hormis les étudiants recrutés par désignation au titre de « sportif de haut niveau » (…), près de 98% sont lauréat d’un baccalauréat S ».


L’Ordre se moque bien de l’orthographe

 

Votre serviteur, qui est loin pourtant d’être un cador en ce domaine, s’est arrêté de compter à la cinquantième faute rencontrée. Ca la fout tout de même un peu mal sur un bureau de Ministère…

L’Ordre se lance deans le remaniment ministériel

« L’universitarisation de la formation de kinésithérapie dans l’université pourrait être facilitée par un contexte de réorganisation du système universitaire français ».

Allons bon ! Sûr que les p’tits kinés, histoire de gagner leurs galons universitaires, vont foutre sur le flanc la Sorbonne, trois fois centenaire…

L’Ordre ne regarde pas la télé-réalité

« L’objectif général des licences (ou Bachelor au niveau international) est de former des
professionnels de niveau technicien supérieur capables d’exécuter des techniques complexes ».

Jusqu’à preuve du contraire, selon Saint-TF1, le Bachelor est plutôt une sorte de roubignole à pattes qui saute sur toutes femelles qui bouge oreille. Question licence, peut-être est-il capable de techniques complexes ?…

Lorsque l’Ordre jette un pavé dans la mare des écoles

Il est clair que le lobby ancestral et hautement mercantile de l’enseignement privé était le plus gros verrou de l’évolution de notre profession vers l’université. Se le prendre « de face » n’était pas chose simple. Sans doute, Renié, y jouais-tu de ton siège éminemment éjectable. L’Ordre, sur ce coup, s’en sort plutôt bien et de manière très philistine…

Il fallait l’oser ton petit coup de pied de mule, Renié ! En tous les cas, aux directeurs d’écoles et à leurs sbires enseignants, sangsues greffés sur le système, d’aller se faire cuire un


chez les Papous, tu ne leur as pas envoyé dire !…

« L’universitarisation internationale des formations en kinésithérapie dans les cursus universitaires a été fait de façon progressive autorisant les formateurs en activité à acquérir les diplômes requis pour intégrer les corps d’enseignant des universités ».

« Un des problèmes (j’adore le doux euphémisme !) a résoudre lors du passage d’une formation professionnelle à une formation universitaire est la constitution du corps d’enseignant chercheur. L’intégration du personnel enseignant titulaire permanent a été permise par la création transitoire d’un « corps en voie d’extinction ».

« L’universitarisation de la formation au sein d’un dispositif universitaire, lui-même aujourd’hui en pleine restructuration et regroupement, permettrait de donner plus de lisibilité nationale et internationale à la formation initiale des kinésithérapeutes ».

A bon entendeur…

Quelques vérités bien sonnées

« Près de la moitié des nouveaux kinésithérapeutes autorisés à exercer en France chaque année depuis 10 ans sont issus des universités européennes ».

« Le recrutement par une première année universitaire évite un bachotage contre-productif. La

première année de formation universitaire d’orientation, sélection et formation (méthodologique et conceptuelle) est très productive. Elle lève en partie les freins financiers à l’accès à la formation ».

« L’accès en première intention aux soins de kinésithérapie (physiothérapie) a été mis en place dans la majorité des pays pour permettre une prise en charge précoce intégrant la prévention primaire, secondaire et tertiaire ».

« La mise en place d’un accès direct (sans prescription médicale d’indication) des kinésithérapeutes (physiothérapeutes) se généralise dans l’ensemble des pays développés. Cet accès direct permet d’accélérer la prise en charge et de réduire les coûts de santé ».

Mon ami Pierrot, prête-moi ta plume…

Notre éminent confrère de la HAS (Haute Autorité de la Santé), Pierre Tru-tru, est (à notre grand étonnement ?) le grand absent signataire de la saga ordinale. Pour autant, personne ne saurait contester que l’ombre du grand-homme pèse comme enclume, tant dans l’idéologie que dans l’épistolaire, sur l’ouvrage. L’Ordre et la HAS, il va sans dire, sont copines comme cochonne. C’est blanc-benêt et benêt-blanc…

Nous ne pouvons donc résister à l’envie de vous faire partager  « in integrum », même si cela peut sembler un poil fastidieux, un des ces rares moment d’envolées lyriques, d’emphase onirique, de poésie scientiste, dont seul notre ami Pierrot (par E.Pastor interposé) à le secret :

 

« L’adossement à la recherche n’a de sens et d’intérêt que s’il colore toute la formation.

Il est attendu que dans tous les enseignements de savoirs et de techniques cet adossement permette aux professionnels en formation de comprendre et de s’approprier la complexité et le caractère dynamique des savoirs en jeu, leur dimension problématique, la nécessité de dépasser les évidences, les opinions pour pouvoir s’appuyer sur des critères rigoureux pour penser et agir dans les situations de soins. La formation à la recherche en Master 2 constitue un des supports du développement de méta-compétences à la relation de soins. Il ne s’agit pas prioritairement d’apprendre à instrumenter son action, mais bien davantage d’apprendre à faire avec l’incertitude. Cette approche réflexive et critique est indispensable pour réaliser des actes de masso-kinésithérapie de qualité. La variété des situations de soins à affronter et des personnes à soigner rend caduques les formations de type applicatif ou normatif qui ne développe pas cette réflexivité. En se formant à la problématisation le professionnel s’initie à la dialectique et à l’approche complexe des situations. Dialectiser met l’accent sur l’impossibilité d’apporter une réponse unique au problème. La tendance à être dans la résolution pour l’autre, les a priori du professionnel sont troublés, bousculés, ouvrant alors un espace aux différences. En clarifiant les notions d’usage, en questionnant les affirmations, les lois, les vérités scientifiques, le professionnel est confronté à ses propres préjugés. L’entraînement à cette capacité développe une conception du soin MK, de l’éducation en santé, de l’évaluation, dans laquelle la contradiction est inclusive de la relation qu’il construit avec l’usager. Le MK s’ouvre aux comportements et arguments contradictoires du patientusager ».

Ouf ! Ca en jette, non ?

Moi je dis, Pierrot, VRP, il vendrait des centrales atomiques à des ménagères…

Idées-force du pensum ordinal

 

Indiscutablement, nous devons reconnaître des principes fondateurs, porteurs d’avenir, dans l’entreprise ordinale :

  • Faciliter la structuration universitaire de formation en Master et Doctorat.
  • Repositionner le masseur kinésithérapeute comme praticien ingénieur de santé en sortant du Livre III des auxiliaires médicaux.
  • Augmenter les possibilités de prescription par les kinésithérapeutes.
  • Généraliser l’accès à la masso-kinésithérapie en première intention.
  • Créer un Institut Fédératif de Recherche (IFR) universitaire national chargé de mettre en oeuvre une politique de recherche et de validation des actes de masso-kinésithérapie.

A tout cela, nous applaudissons à demain !

Les errements du dossier



Trop verbeux.

Cent-dix-huit pages – bon sang ! – excusez du peu ! Roselyne, elle a deux minutes trente par siècle à consacrer aux problématiques de la kinésithérapie ! Tu penses qu’elle va en faire quoi de ton bottin des Postes, Renié ?…

Qui trop étreint mal embrasse. A vouloir trop démontrer, tu outre-dépasses la démonstration.

Allez, Pollux va te donner un exemple de synthèse. Pas plus de deux page, promis !

Du ras-le-bol d’être pris pour des larbins payés au prix de conchitas

La kinésithérapie est riche de formations pratiques diverses et reconnues, d’une haute technicité (ostéopathie, Mezierisme, fasciathérapie, massage au Reblochon chaud, etc.) en évolution constante depuis des décennies.

En parallèle, nous souffrons d’une incurie totale dans d’autres domaines des sciences humaines, auxquels, pourtant, notre activité se confronte quotidiennement (psychologie, gestion, informatique, langues étrangères – anglais pour les parutions scientifiques, etc.).

Nos trois années de formation actuelles en écoles privées (pourquoi avons-nous d’ailleurs, contrairement aux autres métiers du corpus médical, à être discriminés par l’argent davantage que part le mérite ?) ne nous autorisent pas à « ingérer » l’ensemble de ces techniques et technologies, pourtant salutaires au mieux-être de nos patients.

Peu à peu les compétences du kinésithérapeute français s’étiolent et « décrochent » de leur équivalent professionnel au niveau international.

Aujourd’hui, le kinésithérapeute, de part ses aptitudes, a investi tous les secteurs d’âge et d’activités humaines. Si ce n’est le désir chronique de l’UNCAM à vouloir incessamment nous contenir dans une enveloppe budgétaire dérisoire et nous mettre sous le boisseau, nous serions, à l’évidence, une profession de santé florissante et de première importance, car tel est le désir de la société française, qui nous cautionne et nous plébiscite incessamment.

L’Etat est donc directement responsable de notre indigence socioprofessionnelle, de notre non-évolution, et est en cela en totale inadéquation avec l’espérance de vie et du mieux-être d’une population qui l’a pourtant porté au Pouvoir…

Pour accéder à nos pleins-moyens, ceux dont nous nous sentons capables, il convient de nous sortir du carcan des écoles privées vers une évolution plus significative, celle des maîtrises et des doctorats universitaires. C’est à ce prix que nous exprimerons toutes nos capacités, sourdant actuellement sous la braise.

Il est démontré, dans tous les pays d’évolution sociétale supérieure à la nôtre (et ils commencent à être pelleté !) que l’accès à un niveau supérieur et universitaire pour le kinésithérapeute, ainsi que sa capacité à être consulté en primo-intention (hors du joug du médecin-traitant), voir même à prescrire, est source considérable d’économie pour les assurances maladie.

Les peurs « budgétaires » de l’UNCAM sont donc infondées et en décalage totale avec les réalités du terrain, pourtant maintes fois démontrés dans les pays voisins.

Seuls un « habitus » socioculturel, une frilosité médicale toute cocardière, le désir du généraliste à vouloir conserver sa « superbe » et sa « suprématie » sur le kinésithérapeute, interdisent le bon-sens médical et le mieux-vivre à notre population souffrante.

Pou autant l’Etat, confronté à de telles évidences, doit apprendre à « oser ». Ce en quoi il raccrochera enfin les wagons de sa para-médecine au train évolutif du concert des autres Nations.

Egalement, afin d’assurer la pérennité d’un service de qualité, il faut que l’on cesse d’imaginer faire sa « pelote » financière, d’amortir les déficits de la « branche maladie », sur le dos de la kinésithérapie, car elle est faible et peu revendicative. Il faut réévaluer l’acte du kinésithérapeute. L’honneur d’un pays c’est de savoir défendre ses valeurs, et non pas de gérer en fonction des opportunités et des facilités.

Protocole d’évolution vers la gratuité des études universitaires et l’accès à une meilleure qualification

  • Nous proposons, en tronc commun, une Licence (trois ans) à l’équivalent exact de la formation actuelle des écoles privées (qui se doivent de disparaître). Ni plus ni moins, sauf que ce sera gratuit et que la sélection ne se fera plus par l’argent, mais au mérite.
  • Une Maîtrise (un an) où l’étudiant divergera du tronc commun et se spécialisera dans un des quatre modules suivants :


Le module « pratique »
pour qui se destine à l’activité sur le terrain (libérale ou salariée). Y seront enseignés les techniques post-graduées tel – n’y revenons pas – la sensibilisation à l’ostéopathie, le Méziérisme, la psychologie, où toutes autres écoles de pensée dûment reconnues par nos pairs, mais également le diagnostic différentiel. Ce sera les « super-kinés » qui rabattront, une fois pour toutes, le caquet à nos amis ostéopathes.

Il va sans dire : disparition de la DEP (demande d’entente préalable), droit de prescription, secteur 2 de liberté d’honoraires, première intention thérapeutique (plus de fourches-caudines du médecin-prescripteur).  

Le module « pédagogique » (à l’équivalent de l’école des cadres) pour qui veut faire carrière dans l’enseignement, à la HAS et son petit corpus d’intellectuels de l’EPP (évaluation des pratiques professionnelles) destinés à nous évaluer. Nul membre de la HAS ne saurait échapper à ce module (même pas toi, Pierrot !).

Le module « gestion », sensibilisé aux ressources humaines et économiques, pour qui souhaite investir l’organisation des secteurs professionnels. Nul « chefs de service » kinés ne saurait échapper à ce module.

Le module « scientifique » basé sur les sciences humaines et destiné à fabriquer du petit Géo-Trouvetout de la recherche fondamentale, biomécanique, pathologie, etc.

Pour chaque de ces modules, il sera destiné un Doctorat d’hyper-spécialisation (deux ans + thèse).

Et voilà, la farce est faite…

8 réponses à to “Renié est-il une « taupe » ?”

  • Raph dit :

    excellent boulot Pollux !

    sais tu où l’on peut trouver des formations en massage au Reblochon chaud ?

    Merci à toi

  • Pollux dit :

    Merci Raph.
    Pour le reblochon, tu dois pourvoir trouver çà sur les tablettes de la Formation Continue de la Fédé. Ils font tout, même l’ostéopathie en dix w.e….

  • Montfort dit :

    Bravo pour cette vision de la profession. C’est clair et facile à comprendre.
    Merci pour cet article

  • chris dit :

    bravo,comme d’habitude mais je dirai mieux encore que d’habitude.Très bonne analyse des contradictions de ce pavé.

  • chtiteblonde dit :

    Excellente idée, les modules.
    PS Y’a une faute d’orthographe sur un « a »…

  • cyrano dit :

    De + en + caustique envers la tribu ordinaire,à ce que je lis, Pollux. Et donc de + en + sympathique à mes yeux. Bien vu ton projet synthétique des cursus de formation. Mais comment des kinés formés à l’évaluation-encadrement, après un cursus généraliste, pourraient-ils juger ou encadrer avec compétence leurs pairs, s’ils ne sont pas eux-mêmes passés par une formation supplémentaire aux pratiques de terrain plus spécifiques(Mézière, ostéo, Kabat ou Bobath ou Le Metayer ou Reblochon…)?

  • Pollux dit :

    Remarque judicieuse, Cyrano. Il faut y réfléchir. Peut-être en créant des passerelles d’un cursus à l’autre?

  • kimass' dit :

    très bon ! excellente prose, bien plus digeste que les pavés bourratifs du « plaidoyer » de l’ordre… sûr que les conclusions auraient mieux plu à la ministre concernée.

Laisser un commentaire

Newsletter
De vous à nous
Pollux

Nous contacter
Nous féliciter
Nous engueuler
physioscope@wanadoo.fr

Visites totales
L’image du jour
mordillo_TRAIN

Référentiels kinés : attention ! Un train (de mesures) peut en cacher un autre...

Coup de coeur
mandela-pienaar-952

« Invictus »
Tout le Monde est là ?

Fiche technique :

- Réalisation : Clint Eastwood.
- Scénario : Anthony Peckham, d'après le livre Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game that Made a Nation de John Carlin, traduit sous le titre Déjouer l'ennemi : Nelson Mandela et le jeu qui a sauvé une nation.
- Distribution : Warner Bros.
- Lieu de tournage : Afrique du Sud.
- Dates de sorties :
- Etats-Unis : 11 décembre 2009.
- France : 13 janvier 2010.
- Belgique : 13 janvier 2010.
- Durée : 02h12min
- Distribution : Morgan Freeman (Mandela), Matt Damon (François Pienaar).

Synopsis :

Fin des années 1990. Mandela, président de la République d’Afrique du Sud, ne sait plus comment taire les remous raciaux qui opposent, avec une égale violence, les deux communautés – noire et blanche – de son pays. Les noirs, après des décennies d’humiliation, de brutalité et d’injustice sociale, sont attirés par les muses de la vengeance. Les blancs, très minoritaires, sont effrayés par le renversement des rapports de force, et s’enferment dans une ghettoïsation ultraréactive. À tout moment, le pays peut basculer dans une guerre civile sanglante, mettant définitivement un terme à des années de lutte pacifique de Mandela contre l’apartheid.

Les noirs glorifient le football et exècrent le rugby, sport national de « l’oppresseur blanc ». Vint alors, à Mandela, le projet « fou » de réunir l’ensemble d’une nation bichrome derrière une seule couleur, celle du drapeau Springbok, et un seul objectif, celui de remporter la coupe du monde de rugby, qui se joue, cette année-là, en Afrique du Sud.

Mais, deux écueils - et non des moindres – veulent venir faire achopper ce projet : d’une part, les Springboks sont loin d’être l’équipe de classe internationale que nous connaissons aujourd’hui, et ses chances de remporter le championnat sont quasi-inexistantes, d’autre part, l’hostilité de la population noire à se fédérer derrière ce projet, à saluer et à soutenir une équipe, longtemps symbole du Pouvoir blanc, est presque insurmontable.

La rencontre entre deux hommes, Mandela et François Pinard, le capitaine « blanc » de l’équipe des Springboks, sera déterminante et fera basculer l’Histoire…

Notre avis :

Foin de grand discours moralisateur et culpabilisant sur l’apartheid et le Pouvoir blanc de la fin du siècle dernier, ni sur le racisme en l’Afrique du Sud. Pas d’images-chocs sur la misère (réelle) des taudis noirs de Soweto, ni sur la violence (non moins réelle) d’un système boer (en grande partie issue de la colonisation néerlandaise) hautement ségrégationniste.

Ce film n’est pas là pour régler les comptes.
Juste une démonstration, pudique et sobre, sur la manière dont deux hommes avec une vision commune – celle de l’Universalité des droits – vont bousculer l’Histoire.

Mandela, en raison de ses idées politiques, a été enfermé durant vingt-sept ans dans une geôle de moins de dix mètres carrés et condamné aux travaux forcés par un Pouvoir qui avait érigé en système moral et économique la suprématie d’une race sur une autre.

À sa sortie de prison en 1990 (sous la pression et l’embargo politique internationale contre l’État ségrégationniste de Pretoria) Mandela, loin de vouloir se venger de ces « visages pâles » qui lui ont volé - pour des idées - presque trois décennies de son existence, ni ne souhaitant davantage devenir l’icône naturel d’un mouvement noir enclin à la violence envers l’oppresseur, prône le pardon et la réconciliation de toute une Nation.

Nelson Mandela est sorti de son enfer carcéral et de son état de disgrâce, pour entrer, directement, en État de grâce, un de ces pouvoirs d’élévation de la conscience, à la Soljenitsyne ou à la Gandhi (qui fit ses premières armes d’humaniste – peu de gens s’en souviennent – en tant qu’avocat de la minorité indienne, également persécutée en Afrique du Sud), à laquelle bien peu d’hommes, qui hantent pourtant nos manuels d’Histoire, ont accès.

Morgan Freeman, plus Mandela que nature, éclaire l’écran de sa sobriété. Inspiré, investi, emprunt de modestie, nous sentons, à l’évidence, qu’il s’agit là, pour lui, du rôle d’une vie.

Matt Damon sonne juste et simple, comme toujours, en plus d’être beau gosse à vous filer des complexes.

Clint Eastwood (le réalisateur) nous offre un pur joyau. L’un des rares films qu’il nous a été donné de vouloir revisionner dès le générique de fin.

Les racistes ou les antiracistes n’y trouveront pas leur compte, dans cette oeuvre. Pas d’image de violence, pas de plaidoyer, ni discours lénifiants, encore moins d’apologies philanthropiques. L’homme des bois de l’Est nous conte, tant dans l’esprit (Mandela) que dans le muscle (François Pienaar), l’aventure d'humains « virils », dans le meilleur sens du terme. Des hommes qui ne se couchent ni en mêlée ni devant les fusils de l’oppresseur, ni – surtout – ne se résignent au fatalisme. Des hommes qui, après s’être tant castagnés, s’embrassent à la fin du match.

D’une image frugale et sans fard, sans guimauve sentimentale hollywoodienne, n’en faisant jamais trop, Eastwood cisèle tant l’Histoire que celle du petit monde du rugby. Et, nous ne pouvons que nous étonner que ce soit à un Nord-Américain (pays où ce sport est quasiment inconnu) qu’il revienne de transcender avec tant de brio le fameux précepte : « le football est un sport de gentlemen pratiqué par des brutes, le rugby un sport de brutes pratiqué par des gentlemen ».

Au terme de ce film, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur ce dont sont capables les hommes, dès qu’ils cessent d’être moins égotiques, pour savoir unir leurs forces autour d’une même bannière, plutôt que d’en faire des baillons.

Nous ne pensons, évidemment pas, à nos centrales - celles de la kinésithérapie - ni à leurs sempiternelles guerres claniques pour le Pouvoir. Moins encore à la sinistralité d’une profession, à laquelle vingt années d’apartheid syndical l’ont conduit…

Mais, ne désespérons pas, peut-être qu’un Mandela et un François Pinard feront un jour leur apparition dans le firmament de la kinésithérapie ?…

Bio express de Mandela :

Nelson Rolihlahla Mandela – « Madiba », de son nom tribal – est né le 18 juillet 1918 à Mvezo(Est de la province du Cap, Afrique du Sud). Il fut l'un des meneurs historiques de la lutte contre le système politique d'apartheid et président de la République d’Afrique du Sud, de1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non raciales de l'histoire du pays.
Nelson Mandela intègre l'African National Congress (ANC) en 1944, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale menée par celle-ci. Devenu avocat, il participe à la lutte non violente contre les lois de l'apartheid, qui commencent à être mises en place par le gouvernement du Parti national afrikaner, arrivé au pouvoir par les urnes en 1948. L'ANC est interdit en 1960, et, la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961, qui mène une campagne de sabotage contre des objectifs militaires. Arrêté par le gouvernement sud-africain avec l'appui de la CIA, il est condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité. Il devient une célébrité bénéficiant d'un soutien international, symbole de la lutte pour l'égalité raciale, notamment après les émeutes de Soweto, en juin 1976.
Après vingt-sept années de prison, Mandela est relâché le 11 février 1990, et soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit conjointement avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour leurs actions en faveur de la fin de l'apartheid et l'établissement d'une démocratie non raciale dans le pays.
Élu premier président noir d'Afrique du Sud en 1994, il continue avec succès la politique de réconciliation nationale. Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active.
Œuvrant depuis contre le sida, qui lui a pris un fils, il est aujourd'hui une personnalité mondialement écoutée au sujet des droits de l'homme.

A la Une
dsk

Télé-irréalité

Plus libidineux que « l’Ile de la tentation », plus énigmatique que « Secret story », plus people que « La ferme des célébrités », avec une fin, à prévoir, aussi rocambolesque et précipitée que « Carré viiip », le PAF nous a concocté notre petite guimauve de l’été, brassant son remugle de bas instincts et caressant le voyeurisme dans le sens du mauvais poil : « L’affaire DSK ».

Sous nos yeux hallucinés, nous découvrons « en live », instant après instant, sous les feux d’une caméra continue (à quand, dans la douche de DSK ?), l’entrechoquement des mondes, celui de notre conscience du réalisme, fracassé par la chute vertigineuse et parfaitement improbable – des sommets d’une future présidence hexagonale aux six mètres carrés d’une geôle outre-Atlantique – d’un homme. Ce n’est plus « Le déclin de l’empire américain », mais bel et bien celui du nôtre, tant cocardier que conceptuel.

La sidération passée (qui, une fois encore, fut, selon nous, davantage celle de la remise en question brutale de notre « échelle du probable » que celle de la possible perversion liée à tout homme), la basse-cour – et, parfois, la très basse-cour – politico-médiatique s’est mis en branle.

Les gens à l’âme grossière et injurieuse, au nom d’un populisme franchouillard du « on nous cache tout, on nous dit rien » furent, et sans surprise, aux créneaux, égaux à eux-mêmes.

Les calculateurs en stratégie politique ne le furent pas moins, qui de se couvrir d’une fausse pudeur de chaste nonne, mais ô combien jubilatoire, qui d’appeler haut et fort (trop haut et trop fort, peut-être, pour être parfaitement sincère ?) au respect de la présomption d’innocence.

Qui, encore – écornant au passage, sans vergogne, la respectabilité, encore de mise à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, de l’un ou de l’autre des deux potentiels bourreaux ou victime – d’en appeler au complot international, à la mise en scène d’une « aventurière », ou, encore, à l’évidente culpabilité d’un « pervers patenté ».

En vérité, la meilleure posture, nous semble-t-il, est de se taire. Car, que savons-nous, factuellement, de la situation ? Un homme français de stature internationale a été incriminé par une jeune femme américaine, employée à l’hôtel Sofitel de New York, d’abus sexuels sur sa personne à l’occasion de son office. Point/barre.

Tout le reste – et ne serait-ce qu’en faire appel à des supputations, des pronostiques, à l’analyse chirurgicale des circonstances, à « l’historique » des protagonistes – est déjà un acte de dénigrement et de diffamation envers l’un ou l’autre des acteurs de cette triste affaire, car il implique un cheminement mental vers une hypothétique conclusion, qui, dans l’instant, échappe pourtant à tous.

La pudeur commande de laisser cheminer, en toute réserve et silence, les rouages policiers et la justice américaine, et de ne tirer de conclusions – si l’on souhaite en tirer – qu’une fois l’écheveau démêlé.

En revanche, face à ce cirque politico-médiatique, cette diarrhée de mots et d’images, ce déballage ordurier des uns sur les autres, ce manque absolu de retenue, il nous semble que les interrogations soulevées – et qui, pour le coup, sont de fond, et laisseront derrières elles, si non-résolues, de lourds stigmates – sont bien ailleurs.

S’il est un fait qui semble relativement établi – mais, sans jamais atteindre à la gravité de ce qu’il lui est actuellement reproché – c’est que DSK est un homme, et depuis fort longtemps, sujet à une sexualité compulsive et « border-line ». Cela semble être de notoriété publique dans le petit monde de la politique et de la presse, et appelle, évidemment, à un certain nombre d’interrogations :

Pourquoi nos brillants journalistes, habituellement si prompts à se présenter en donneurs de leçons, se sont-ils - et dans un bel ensemble – tus depuis toutes ces années ? Était-il acceptable, à leurs yeux, de laisser filer droit vers la présidence de notre beau pays et vers ses plus hautes responsabilités, un homme réputé dans le « sérail » pour son déséquilibre psychique ? Vont-ils – que DSK soit ou non reconnu responsable des faits qui lui sont actuellement reprochés – accepter la part de responsabilité qui est leur, de par leur silence complice, dans le risque potentiel qu’ils laissaient courir – par non-information ou rétention d’information – à toute une nation ? Va-t-on enfin réfléchir à cette regrettable tradition tout hexagonale, « la loi du silence » et « l’omerta » – domaine où la transparence médiatique américaine nous donne la leçon – dès l’instant que l’on touche à une personnalité du Pouvoir, ou pire, à des événements aussi tragiques que le nuage radioactif de Tchernobyl et ses milliers de mors français sub-conséquents, que la presse, inféodée, a pourtant aidé, de concert avec le politique, à s’arrêter à nos frontières ? Que dire, encore, du sang contaminé ? Du laboratoire Serbier ?…

Comment le Parti Socialiste – non moins au fait des perversions de son champion – a-t-il pu soutenir la candidature de DSK pour les présidentielles, et désiré placer à la tête de notre État, un homme à ce point (si l’on en croit les propos) pathologique ? En raison des meilleures chances de victoire qu’il représentait contre Nicolas Sarkozy ? Serait-ce alors, qui motive ce parti, l’obtention du Pouvoir, qu’importe l’individu et le prix de la conscience ?…

Également, même si l’on ne peut décemment pas reprocher à DSK de faire – une dernière fois ? – un « baroud d’honneur » par l’usage de son possible confort et étalage de sa fortune, au travers de « prisons » somptuaires, et qui, pour lui, seront – peut-être ? – l’antichambre de dizaines d’années « au placard », l’on doit légitimement se poser la question d’un Parti Socialiste, et de ses valeurs supposées populaires, qui se rangeait derrière un homme à l’évidence aussi éloigné – de par son mode de vie et sa fortune – de son électorat traditionnel. Là encore, qu’importe l’individu et ses convictions, pourvu qu’il y ait l’ivresse de la victoire ?

Nous aurions également, à l’occasion – si l’on ose dire – de ce fait-divers, aimé voir le pays s’engager dans des débats de fond salutaires, portant, notamment, sur le contraste, qui interpelle, entre la justice américaine et la nôtre, pour – peut-être ? – en tirer quelques leçons réformatrices envers notre poussiéreux système procédurier, qui date de Napoléon.

Nous sommes frappés – mais ce ne sont là que quelques pistes – de voir l’équité du système américain par rapport au nôtre :

Il est clair que « l’étiquette » du justiciable importe peu pour nos amis transatlantiques. Qu’il soit patron du FMI ou simple citoyen, il se retrouve sur un banc de commissariat, coincé entre un voleur d’autoradios et un couple en scène de ménage. Sommes-nous absolument certains qu’il en aurait été ainsi en France ? Que l’affaire DSK n’aurait pas été « étouffée » ou traité de manière « confidentielle », voire, si « confidentielle » qu’il n’y aurait – peut-être ? – plus eu d’affaire du tout ? Question…

Les droits de l’accusation et de la défense américaines sont strictement analogues ; procureurs et avocats se retrouvent, côte à côte, en bas, dans la « corbeille ». Il faut venir dans les tribunaux français pour découvrir un Procureur de la République (donc, l’accusation) haut perché à la droite du Bon-Dieu (le président du tribunal), tandis que l’avocat de la défense croupit avec son client au parterre. Cela implique, d’entrée sur les jurés, un ascendant moral – tout à fait anormal – de la présomption de culpabilité sur la présomption d’innocence, et un rapport de force injuste et déséquilibré au bénéfice de l’inculpation.

L’on donne, dernièrement, de grandes leçons aux Américains sur leur supposé irrespect médiatique de la présomption d’innocence (menottes de DSK, déballage télévisuel, etc.), tandis qu’ici, cette présomption d’innocence n’existe pas même dans nos prétoires…

Une justice américaine où la culture du « plaider coupable », outre sa vertu expiatoire toute anglicane, fait que 80% des inculpations ne vont pas jusqu’au procès, qui sont autant de désencombrement des tribunaux et d’économie pour le contribuable.

Une justice américaine où les peines sont additionnelles – jusqu’à sembler, parfois, confiner à l’absurde, comme de condamner un justiciable à plusieurs centaines d’années d’emprisonnement – mais qui a le grand mérite de reconnaître à chaque individualité, aussi nombreuses soient-elles, son statut de victime, son préjudice, et son droit à réparation, contrairement à la France où les peines « plafonnées » à la nature et non à la quantité de l’acte, renie ce droit.

Bien sûr, la justice américaine, c’est aussi la barbarie d’une peine de mort qui reste encore en application dans certains états. Mais, c’est également la « vraie » perpétuité, qui, contrairement à nous, ne relâche pas dans la nature, après un maximum de vingt-trois années non compressibles, ses délinquants les plus extrêmes et incurables, ouvrant la porte au nombre insupportable de récidives qui défrayent les chroniques. « Fausse perpétuité » à la française qui, au final, entretient de manière regrettable, au sein de notre société, le désir, pour certains, de revenir sur ce formidable acquis, ce pas vers l’humanisme et la grandeur d’un pays à savoir ne pas s’abaisser au niveau de ses bourreaux, qu’est « l’abolition ».

Nous finirons par une dernière remarque, tant la liste ne peut être exhaustive :

Dans ce cirque médiatique et judiciaire (et, cette observation vaut autant pour les États-Unis que pour la France), il apparaît clairement, pour sa défense, qu’il vaut mieux être célèbre et fortuné, qu’issu d’un ghetto misérable et d’une minorité ethnique. Lorsque l’on voit le différentiel des moyens mis en œuvre (stars du barreau, enquêteurs privés, millions distribués à profusion, pour DSK) face à l’indigence d’une simple femme de ménage de couleur, l’on est en droit de se demander si le rapport des forces est vraiment équitable, et si, au final, la « justice » l’est également pour tous ? La phrase de Jean de La Fontaine (sans mauvais jeux de mots) n’est-elle toujours pas, cruellement, d’actualité : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » ?…

A l’heure où vous lirez ces lignes, il est fort probable que nous saurons qui, de l’employée du Sofitel ou du patron du FMI, est la véritable victime de cette affaire, et nous pourrons, alors, faire le compte des positions par trop hâtives et opportunistes de certains, qui en dit davantage sur leur mentalité que sur une vérité non encore connue. Mais, d'ores et déjà, il est une autre victime de ce déballage médiatique éhonté, qui, selon nous, ne fera jamais la Une des journaux ; le droit, pour tout être, à ne pas être diffamé pour ce qu’il n’est pas (ou, pas encore). Bref, le sens moral.

Il y a tant d’autres questions sociétales, que l’affaire DSK soulève, mais nous laisserons la dernière – à nos yeux, la plus fondatrice – au doux et délicieux Jean d’Ormesson, reçu, il y a quelques soirs, dans une émission tardive : « Le Monde est déjà si brutal et si violent. Et si l’on cessait de jeter les gens en pâture aux chiens ? »…