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Référentiels : Késarko ?


C’est un nombre maximum de séances par pathologie et par patient décrété par l’administration (en lieu et place du médecin-traitant, devenu entre temps décérébré) au-delà duquel il sera illusoire d’espérer prolonger un traitement.

C’est avant tout une vision « comptable » de la santé (une de plus, direz-vous) dont l’objet est d’engranger un bénéfice (plus exactement de limiter les dépenses) sur le dos du malade et sur la qualité de ses soins.

Mais c’est aussi la reconnaissance implicite de notre utilité publique. Car, pourquoi devoir contraindre par la force et limiter autoritairement le développement de qui ne rencontre pas le succès ?

« L’élaboration » des référentiels est aux mains d’un chef d’orchestre on ne peut plus objectif et désintéressé en la matière puisqu’il n’est autre que notre employeur-payeur : l’UNCAM (Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie). Leur « validation » ne saurait également trouver meilleur parti puisque placée sous la houlette de la HAS (Haute Autorité de la Santé) dont l’indépendance face aux oukases d’Etat n’est plus à démontrer (si si, c’est inscrit dans ses statuts…).

Nous savons que l’UNCAM a battit son système de « réflexion » sur une base statistique volontairement faussée (mépris des particularités sanitaires régionales, d’âge ou de densité, du maillage médical en place, de la présence ou non de méga-structures soignantes à proximité tel que les centres de rééducation, etc.). Mais, pourquoi s’en étonner ? L’UNCAM en l’affaire, comme d’ailleurs en toute affaire concernant la kinésithérapie, est moins soucieuse de vérité et d’équité sociale que d’imposer des économies drastiques à la profession.

Car chez ces gens-là, on ne pense pas, Monsieur. On compte!

Nous n’ignorons pas également que la HAS et son parterre de prudes savants, très empêtrés en cette affaire, n’opposeront pour autant que de rares objections aux décisions de l’UNCAM, donc de l’Etat. Le rôle de la HAS en ce dossier se cantonne à la portion congrue ; apporter vaille que vaille une caution morale à l’immoralité et estampiller « norme scientifique » ce qui n’est ni normé ni surtout scientifique…

Une des dernières déclarations de cette noble institution en dit d’ailleurs long sur ses Etat d’âmes et l’impuissance de son collège de têtes bien-pleines : « Il n’y a rien dans la littérature connue s’opposant à la mise en place de ces référentiels ». Donc, acte, nous n’avons plus affaire à un cercle de chercheurs, mais d’historiens…

Le principe-même d’un « contrôle sur activité », qu’on l’appelle enveloppe globale, quota, référentiel, seuil d’efficience ou comme on le souhaitera, est nécessairement sous-tendu par le désir de berner et d’appauvrir l’autre pour s’enrichir soi-même. Sinon, à quoi bon prendre cette peine ?

Y a t-il un « quota » de SDF en France ?

De leur côté les syndicats représentatifs de la profession, FFMKR et SNMKR, conscients de l’enjeu mais également que de toutes les manières on passerait tôt ou tard « à la casserole », soucieux de mener malgré tout une politique du moindre préjudice, ont tenté vainement de s’interposer entre la hache et le billot en sollicitant la présence des professionnels du métier (ce qui peut sembler être de prime-abord la moindre des choses) dans l’élaboration des dits référentiels. L’Ordre soi-même (mais que vînt-il donc se compromettre en cette affaire ?) donna de la voix. Tout cela, mais nous y reviendrons, en vain…

Aujourd’hui personne (et l’UNCAM moins que quiconque) n’est en situation de prédire l’incidence réelle des référentiels sur l’activité des kinésithérapeutes. Simple aménagement ou déflagration atomique ? Mesurette ou Hiroshima ? Le chiffre le plus couramment avancé (mais qu’il convient de valider) est que lorsque l’ensemble des quotas par pathologie et par patient (appelons un chat un chat) sera en rythme de croisière, la profession perdra in-fine 30% de son activité.

L’Etat, en toute inconséquence, joue donc à l’apprenti sorcier avec l’avenir de ses corporations et des ses citoyens.

Pour ceux, les incurables optimistes (ou inconscients ?), qui imaginent encore que cela « ne peut pas arriver », nous les renverrons à l’histoire très contemporaine de nos collègues belges qui, en l’espace de quelques mois et suite à des mesures gouvernementales non-moins funestes et tout aussi frivoles, ont perdu 35% de leur communauté. Un carnage…

Si nous sommes certains que les baraques à frites de Malo Bray-Dunes y ont gagné en personnel surqualifié et en fancy-fair à la fraise, ou que notre bel hexagone s’est brusquement enrichi d’une vague – que dire ! D’un  tsunami ! – cosmopolite noir jaune rouge de nouveaux praticiens, nous serons d’avantage réservés sur l’intérêt que le patient batave y a trouvé en confort de vie et en qualité de soins

D’un certain côté, nous entendons bien qu’il soit nécessaire pour l’Etat de veiller au bon équilibre de ses budgets. Qu’il ne peut laisser sans contrôle les hommes en blanc tirer des chèques en blanc sur la société, particulièrement en cette période de crise et de « croissance négative » où les recettes sociales entrent moins vites qu’elles ne se redistribuent. Pour autant, nous apprécierions que ce « contrôle » se fasse à l’image de ce fondement que l’on nous a tant opposé, jusque sur nos feuilles de soins : avec « tact et mesure ». Et en ce sens, il apparaît que les référentiels s’apparentent d’avantage au bulldozer bolchevique qu’au scalpel chirurgical de Dr Fol Amour…

Un nouveau lapin sorti du chapeau

La « médecine comptable » n’en est pas, loin de là, à son premier avatar.

  • L’enveloppe globale. L’idée était simple, voir simplette. Le ministère de tutelle allouait à la kinésithérapie un plafond de dépenses au-delà duquel les honoraires de la profession ne seraient pas réévalués, voir même dévalués, l’année suivante. C’était bien sûr l’antithèse du « meilleur soin au meilleur coût » puisque les cabinets-usine continuaient d’usiner et que le praticien consciencieux voyait, quant à lui, ses efforts méprisés. De plus, le principe était à la base malhonnête (de la part de l’UNCAM ? Cela étonne…) car conçu de manière à ne jamais avoir à nous revaloriser puisque cette « enveloppe globale » était calculée de manière tellement stricte que le simple jeu naturel de la démographie professionnelle (primo-diplômés, collègues immigrants) nous entraînait presque mécaniquement au-delà du seuil d’efficience.
  • Les quotas. C’est sans doute la « moins pire » des mauvaises idées fourbies par l’UNCAM. Le praticien évoluait également au sein d’une enveloppe de dépenses, mais cette fois-ci individuelle. Cela pouvait s’entendre comme une incitation au travail scrupuleux et comme un blâme fait aux « thérapeutes » hyperactifs. Le problème, et raison de l’insuccès du système, c’est qu’une fois encore l’UNCAM dissimulait des desseins déloyaux, non pas ceux de parvenir à une para-médecine de qualité, mais d’asseoir progressivement son contrôle financier sur la profession en baisant régulièrement le plafond des quotas.
  • Les pressions diverses sur le médecin-prescripteur. Bien plus insidieuses mais non-moins redoutables, qu’elles soient d’ordre administratif (médecin-contrôleur tatillon, expertise systématique des patients du Dr untel, quotas à la prescription, voir même – nous avons connaissance d’un tel cas – mise sous « tutelle » de l’omnipraticien et de son ordonnancier) ou d’ordre financier (reversement aux médecins des « bonus » réalisés sur le dos de « l’enveloppe globale kiné » lorsque que celle-ci n’atteint pas son seuil, « chèque de la honte » d’incitation à la non-prescription d’acte de kinésithérapie)…
  • Les actuels référentiels. C’est de toute évidence le « grand bêtisier » de pires concepts de l’UNCAM. A croire que, tel le poisson rouge dans son bocal, elle ne retient aucune leçon de ses erreurs passées. Cette « nouvelle méthode » reprend scrupuleusement, voir méthodiquement, toutes les anomalies des précédentes sans, en contre-partie, présenter le moindre avantage.

Nous ne sommes pas scientifiques ni statisticiens, nous ne pouvons donc juger des choses qu’à l’éclairage de notre propre expérience. Nous ne nous prononcerons donc pas sur la forme (quotité de séances suffisantes ou non) mais sur le fond de cette mesure :

Le kinésithérapeute, mais aussi le médecin-traitant, sont méprisés, voir humiliés, dans leur intégrité soignante mais également dans leurs compétences supposées. Une courbe financière prévaut à présent sur leur opinion médicale. Notre « bilan-diagnostic » devient de facto une feuille de choux sans le moindre intérêt, puisque tout le monde s’en fout (déjà que…).

Le patient est nié dans son individualité et son droit à la différence. C’est « Métropolis », la dictature de la « norme normative des gens normaux ». De plus, ne seront concernés par ces nouvelles mesures coercitives que les malades sur lequel le sort s’acharne déjà puisque présentant une complication dans le retour à une réadaptation satisfaisante.

C’est l’apologie du « meilleur coût, qu’importe le soin » puisque, une fois encore, ce sont les « thérapeutes » hyperactifs, les cabinets-usine, souvent ceux des villes de petite ou moyenne-importance, qui souffriront le moins de ce décret. Tout au plus vireront-ils un assistant ou deux ou la secrétaire…

De leur côté, les cabinets du désert rural ou, à contrario, ceux du cœur fourmillant des mégapoles à la concurrence si rude, dont les balances financières sont souvent extrêmement fragiles, voleront en éclats dès l’application des premières mesures…

Personne aujourd’hui, comme nous l’avons mentionné en introduction, n’est capable de mesurer l’impacte réel d’un tel arrêté puisque, pour la première fois, l’on ne parle plus d’argent ou de pourcentage de dépense (somme-toutes assez contrôlables) mais d’actes. Aucun n’a à ce jour entre les mains l’outil statistique suffisamment fin pour prédire ce qu’il en coûtera d’activité à la profession si on la consigne par pathologie. Et il ne nous apparaît pas qu’un parachute de secours soit prévu dans les textes…

C’est la victoire de la « machine » sur « l’homme », puisqu’un système logarithmique kafkaïen prend le relais de l’intelligence et de l’intuition humaine. Aux divers ateliers de la Formation Continue, nous proposerons donc une nouvelle spécialisation : « construisez vous-même votre petit robot-kiné » dans lequel l’UNCAM n’aura plus qu’à glisser à l’avenir ses cartes-programmes…

Et quid de nos syndicats ?

Nous pouvons bien le dire sans trahir une quelconque vérité, une fois de plus ils ont été « Gros jean comme devant », Monsieur Frédéric Van Roekeghem, président en fonction de l’UNCAM, se révélant être en ce dossier plus facétieux que jamais.

D’abord pressentis comme « consultatifs » dans l’élaboration des référentiels, la FFMKR, le SNMKR et l’Ordre des kinésithérapeutes, furent rapidement renversés culs par-dessus têtes (et du même coup notre représentativité et la voix du professionnel lambda) par un UNCAM goguenard et soucieux de boucler au plus vite son « petit rapt financier » avec sa cops HAS.

Il est tellement plus simple de gouverner le peuple sans le peuple…

Humiliation et sidération passées, nos émissaires retrouvèrent un peu de couleur. Ordre, SNMKR puis FFMKR (dans cette combinaison exactement, n’en déplaise aux biographes claniques) commencèrent à donner de la voix. Aujourd’hui, même si nous sommes conscients (et que nos syndicats ne le sont pas moins) qu’il s’agit-là que d’un mur de sable pour contenir l’océan (le « gros » des mesures étant déjà passé en force) de notables amendements des textes originels ont été obtenus, et si ce n’est pas grand chose, ça n’est pas rien non plus.

Nous ne parlerons donc pas de recul de l’UNCAM, bien sûr, mais d’une pause-café…

Quel avenir pour les référentiels ?

A l’heure de mettre en ligne cet éditorial nous n’en savons guère plus.

Nous pouvons simplement affirmer que cinq référentiels sont d’ors et déjà validés par la HAS (donc entreront, si ce n’est encore fait, en application très prochainement) :

  • La reconstruction du ligament croisé antérieur du genou : 40 séances.
  • Les entorses cheville-pied : 10 séances.
  • La libération du médian du canal carpien : 0 séance
  • L’arthroplastie de hanche par prothèse totale de hanche : 15 séances.
  • L’arthroplastie du genou par prothèse totale du genou : 25 séances.
  • La chirurgie réparatrice de réinsertion ou de suture simple du tendon rompu de la coiffe des rotateurs restant, quant à elle, en suspend : l’UNCAM proposant 30 séances et la HAS conseillant une fourchette entre 40 et 45 séances.

Il faut savoir que pour les référentiels validés, la HAS s’est bornée à indiquer (nous vous laissons apprécier la subtilité du verbe) que « Le Collège a bien noté qu’il s’agissait de fixer un seuil à partir duquel la poursuite des soins nécessitait le recours à la procédure de l’entente préalable et non de définir un nombre maximum de séances remboursables, pas plus que de formuler des recommandations de bonne pratique clinique applicable à ces actes ».

Tout au plus, étymologiquement parlant, cela indique que la HAS, loin de se prononcer sur une bordure d’efficience par pathologie, ce qui serait d’ailleurs inconséquent et indigne d’elle, invite au retrait pur et simple, car inadapté, de l’entente préalable en amont et tant que le seuil critique par pathologie n’est pas atteint…

Il faut donc entendre les travaux de la HAS comme une déclaration de guerre à l’encontre de l’entente préalable et non pas comme une limitation de notre activité et de notre libre-arbitre.

C’est Monsieur Frédéric Van Roekeghem qui va nous en piquer une colère toute rouge !

Par ailleurs, nos syndicats ont obtenu la re-promesse (qui n’engage que ceux qui les écoute) d’être de re-chef re-parachutés comme « re-consultatifs » dans l’élaboration des référentiels suivants qui, hélas, prévoient d’être pléthores. Il semblerait qu’un « gel pour avis » des quatrième au sixième soit dans l’air du temps…

Par ailleurs, plusieurs questions de fond, et non des moindres, restent en jachère :
·        Une augmentation tarifaire sera t-elle connexe à l’effort consenti par la profession ?

·        Combien de « référentiels » seront mis en chantier ?

·        Dans quelle proportion et dans quels cas sera t-il envisageable de dépasser le seuil de séances édicté (on avance le chiffre de 5% de la « masse globale ») ? Qui en décidera alors ? A qui devra-t-on adresser notre « dossier » ? A Monsieur Sarkozy, au préfet de région, ou au médecin-contrôleur de la Sécurité Sociale ?

·        Prévoit-on un « amendement » des référentiels si l’expérience tourne court et qu’ils démontrent leur inadaptation aux réalités de terrain ? En ce cas, qui sera là pour en juger et sur quel « matériel » statistique l’analyse s’appuiera-t-elle ? La plainte du patient devant son poste de télévision d’avoir encore mal à son genou et de ne toujours pas réussir à monter son escalier ?

·        Les centres de rééducations, souvent préemptifs des grosses pathologies « référencées », mangeront-ils toute la part du fromage libéral (ou ce qu’il en reste) ou seront-ils tenus hors-barème ?

·        Monsieur Frédéric Van Roekeghem veut-il définitivement « la peau » de la kinésithérapie libérale de ville (ou de campagne) ? En ce cas, il serait plus humain de sa part de nous le dire, afin que nous envisagions les reconversions possibles…

L’Impolitique de Santé

Nous aimerions rappeler que la kinésithérapie pesant moins de 3% sur les dépenses de santé, nous ne pouvons pas être la solution à tous les maux de Dame Sécu ni son bouc-émissaire tout désigné. Mettre à bas notre profession (puisque tel semble être l’enjeu, n’est-il pas ?) n’aboutira à aucun résultat sonnant et trébuchant. A contrario (sans mettre en avant nos existences et celles de nos familles) l’impact sera considérable sur la qualité de vie de bon nombre de nos concitoyens et les conséquences sur le handicap, les arrêts maladie, donc sur « l’outil de travail » comme aiment à l’évoquer si poétiquement nos économistes de Bercy, parfaitement inchiffrables…

Nous rappelons également que la population hexagonale vieillit à grands-pas et que nous sommes, professionnels du corps, du mouvement et de la prévention, aux avant-postes du maintient de son autonomie tardive, donc à l’origine d’économies colossales réalisées autours de la grabatisation progressive.

Et quoi dire du développement de l’hospitalisation à domicile (intelligemment souhaitée par l’Etat car bien moins onéreuse et tellement plus humaine) dont le kinésithérapeute et l’infirmier sont le socle incontournable ?

Malgré tous ces nouveaux « challenges », depuis plusieurs années et suite aux louables efforts de toute une profession (- 57% de perte de son pouvoir d’achat en 30 ans), les dépenses de la kinésithérapie sont assez peu inflationnistes et budgetophage, ce qui semble indiquer une ligne de conduite pérenne, sorte de reflet d’une évidente maturité et d’une stabilité viable. Il faut vraiment un grand manque de clairvoyance – et nous pesons nos mots – pour mettre en péril, tels que le font aujourd’hui les « référentiels », un équilibre fragile et si chèrement acquit…

Nous pouvons donc espérer de notre ministère de tutelle, même s’il semble devoir s’asseoir présentement sur le confort existentiel de nos patients, qu’il regarde un peu plus loin que son bout de bec budgétaire et qu’il mène une politique moins galiléenne. Car, sans être nous-même économiste, notre intuition nous porte à croire qu’un petit profit à court-terme peut s’avérer être quelques années plus tard un insondable panier-percé.

Mais, peut-on raisonnablement espérer d’hommes politiques ou de hauts-fonctionnaires, souvent aux « affaires » de manières si éphémères, qu’ils se soucient de l’après eux ?

Voilà bien toute la difficulté…

Viennent les référentiels sonne notre heure
Les politiques s’en vont le kiné meurt.

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Référentiels kinés : attention ! Un train (de mesures) peut en cacher un autre...

Coup de coeur
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« Invictus »
Tout le Monde est là ?

Fiche technique :

- Réalisation : Clint Eastwood.
- Scénario : Anthony Peckham, d'après le livre Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game that Made a Nation de John Carlin, traduit sous le titre Déjouer l'ennemi : Nelson Mandela et le jeu qui a sauvé une nation.
- Distribution : Warner Bros.
- Lieu de tournage : Afrique du Sud.
- Dates de sorties :
- Etats-Unis : 11 décembre 2009.
- France : 13 janvier 2010.
- Belgique : 13 janvier 2010.
- Durée : 02h12min
- Distribution : Morgan Freeman (Mandela), Matt Damon (François Pienaar).

Synopsis :

Fin des années 1990. Mandela, président de la République d’Afrique du Sud, ne sait plus comment taire les remous raciaux qui opposent, avec une égale violence, les deux communautés – noire et blanche – de son pays. Les noirs, après des décennies d’humiliation, de brutalité et d’injustice sociale, sont attirés par les muses de la vengeance. Les blancs, très minoritaires, sont effrayés par le renversement des rapports de force, et s’enferment dans une ghettoïsation ultraréactive. À tout moment, le pays peut basculer dans une guerre civile sanglante, mettant définitivement un terme à des années de lutte pacifique de Mandela contre l’apartheid.

Les noirs glorifient le football et exècrent le rugby, sport national de « l’oppresseur blanc ». Vint alors, à Mandela, le projet « fou » de réunir l’ensemble d’une nation bichrome derrière une seule couleur, celle du drapeau Springbok, et un seul objectif, celui de remporter la coupe du monde de rugby, qui se joue, cette année-là, en Afrique du Sud.

Mais, deux écueils - et non des moindres – veulent venir faire achopper ce projet : d’une part, les Springboks sont loin d’être l’équipe de classe internationale que nous connaissons aujourd’hui, et ses chances de remporter le championnat sont quasi-inexistantes, d’autre part, l’hostilité de la population noire à se fédérer derrière ce projet, à saluer et à soutenir une équipe, longtemps symbole du Pouvoir blanc, est presque insurmontable.

La rencontre entre deux hommes, Mandela et François Pinard, le capitaine « blanc » de l’équipe des Springboks, sera déterminante et fera basculer l’Histoire…

Notre avis :

Foin de grand discours moralisateur et culpabilisant sur l’apartheid et le Pouvoir blanc de la fin du siècle dernier, ni sur le racisme en l’Afrique du Sud. Pas d’images-chocs sur la misère (réelle) des taudis noirs de Soweto, ni sur la violence (non moins réelle) d’un système boer (en grande partie issue de la colonisation néerlandaise) hautement ségrégationniste.

Ce film n’est pas là pour régler les comptes.
Juste une démonstration, pudique et sobre, sur la manière dont deux hommes avec une vision commune – celle de l’Universalité des droits – vont bousculer l’Histoire.

Mandela, en raison de ses idées politiques, a été enfermé durant vingt-sept ans dans une geôle de moins de dix mètres carrés et condamné aux travaux forcés par un Pouvoir qui avait érigé en système moral et économique la suprématie d’une race sur une autre.

À sa sortie de prison en 1990 (sous la pression et l’embargo politique internationale contre l’État ségrégationniste de Pretoria) Mandela, loin de vouloir se venger de ces « visages pâles » qui lui ont volé - pour des idées - presque trois décennies de son existence, ni ne souhaitant davantage devenir l’icône naturel d’un mouvement noir enclin à la violence envers l’oppresseur, prône le pardon et la réconciliation de toute une Nation.

Nelson Mandela est sorti de son enfer carcéral et de son état de disgrâce, pour entrer, directement, en État de grâce, un de ces pouvoirs d’élévation de la conscience, à la Soljenitsyne ou à la Gandhi (qui fit ses premières armes d’humaniste – peu de gens s’en souviennent – en tant qu’avocat de la minorité indienne, également persécutée en Afrique du Sud), à laquelle bien peu d’hommes, qui hantent pourtant nos manuels d’Histoire, ont accès.

Morgan Freeman, plus Mandela que nature, éclaire l’écran de sa sobriété. Inspiré, investi, emprunt de modestie, nous sentons, à l’évidence, qu’il s’agit là, pour lui, du rôle d’une vie.

Matt Damon sonne juste et simple, comme toujours, en plus d’être beau gosse à vous filer des complexes.

Clint Eastwood (le réalisateur) nous offre un pur joyau. L’un des rares films qu’il nous a été donné de vouloir revisionner dès le générique de fin.

Les racistes ou les antiracistes n’y trouveront pas leur compte, dans cette oeuvre. Pas d’image de violence, pas de plaidoyer, ni discours lénifiants, encore moins d’apologies philanthropiques. L’homme des bois de l’Est nous conte, tant dans l’esprit (Mandela) que dans le muscle (François Pienaar), l’aventure d'humains « virils », dans le meilleur sens du terme. Des hommes qui ne se couchent ni en mêlée ni devant les fusils de l’oppresseur, ni – surtout – ne se résignent au fatalisme. Des hommes qui, après s’être tant castagnés, s’embrassent à la fin du match.

D’une image frugale et sans fard, sans guimauve sentimentale hollywoodienne, n’en faisant jamais trop, Eastwood cisèle tant l’Histoire que celle du petit monde du rugby. Et, nous ne pouvons que nous étonner que ce soit à un Nord-Américain (pays où ce sport est quasiment inconnu) qu’il revienne de transcender avec tant de brio le fameux précepte : « le football est un sport de gentlemen pratiqué par des brutes, le rugby un sport de brutes pratiqué par des gentlemen ».

Au terme de ce film, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur ce dont sont capables les hommes, dès qu’ils cessent d’être moins égotiques, pour savoir unir leurs forces autour d’une même bannière, plutôt que d’en faire des baillons.

Nous ne pensons, évidemment pas, à nos centrales - celles de la kinésithérapie - ni à leurs sempiternelles guerres claniques pour le Pouvoir. Moins encore à la sinistralité d’une profession, à laquelle vingt années d’apartheid syndical l’ont conduit…

Mais, ne désespérons pas, peut-être qu’un Mandela et un François Pinard feront un jour leur apparition dans le firmament de la kinésithérapie ?…

Bio express de Mandela :

Nelson Rolihlahla Mandela – « Madiba », de son nom tribal – est né le 18 juillet 1918 à Mvezo(Est de la province du Cap, Afrique du Sud). Il fut l'un des meneurs historiques de la lutte contre le système politique d'apartheid et président de la République d’Afrique du Sud, de1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non raciales de l'histoire du pays.
Nelson Mandela intègre l'African National Congress (ANC) en 1944, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale menée par celle-ci. Devenu avocat, il participe à la lutte non violente contre les lois de l'apartheid, qui commencent à être mises en place par le gouvernement du Parti national afrikaner, arrivé au pouvoir par les urnes en 1948. L'ANC est interdit en 1960, et, la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961, qui mène une campagne de sabotage contre des objectifs militaires. Arrêté par le gouvernement sud-africain avec l'appui de la CIA, il est condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité. Il devient une célébrité bénéficiant d'un soutien international, symbole de la lutte pour l'égalité raciale, notamment après les émeutes de Soweto, en juin 1976.
Après vingt-sept années de prison, Mandela est relâché le 11 février 1990, et soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit conjointement avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour leurs actions en faveur de la fin de l'apartheid et l'établissement d'une démocratie non raciale dans le pays.
Élu premier président noir d'Afrique du Sud en 1994, il continue avec succès la politique de réconciliation nationale. Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active.
Œuvrant depuis contre le sida, qui lui a pris un fils, il est aujourd'hui une personnalité mondialement écoutée au sujet des droits de l'homme.

A la Une
dsk

Télé-irréalité

Plus libidineux que « l’Ile de la tentation », plus énigmatique que « Secret story », plus people que « La ferme des célébrités », avec une fin, à prévoir, aussi rocambolesque et précipitée que « Carré viiip », le PAF nous a concocté notre petite guimauve de l’été, brassant son remugle de bas instincts et caressant le voyeurisme dans le sens du mauvais poil : « L’affaire DSK ».

Sous nos yeux hallucinés, nous découvrons « en live », instant après instant, sous les feux d’une caméra continue (à quand, dans la douche de DSK ?), l’entrechoquement des mondes, celui de notre conscience du réalisme, fracassé par la chute vertigineuse et parfaitement improbable – des sommets d’une future présidence hexagonale aux six mètres carrés d’une geôle outre-Atlantique – d’un homme. Ce n’est plus « Le déclin de l’empire américain », mais bel et bien celui du nôtre, tant cocardier que conceptuel.

La sidération passée (qui, une fois encore, fut, selon nous, davantage celle de la remise en question brutale de notre « échelle du probable » que celle de la possible perversion liée à tout homme), la basse-cour – et, parfois, la très basse-cour – politico-médiatique s’est mis en branle.

Les gens à l’âme grossière et injurieuse, au nom d’un populisme franchouillard du « on nous cache tout, on nous dit rien » furent, et sans surprise, aux créneaux, égaux à eux-mêmes.

Les calculateurs en stratégie politique ne le furent pas moins, qui de se couvrir d’une fausse pudeur de chaste nonne, mais ô combien jubilatoire, qui d’appeler haut et fort (trop haut et trop fort, peut-être, pour être parfaitement sincère ?) au respect de la présomption d’innocence.

Qui, encore – écornant au passage, sans vergogne, la respectabilité, encore de mise à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, de l’un ou de l’autre des deux potentiels bourreaux ou victime – d’en appeler au complot international, à la mise en scène d’une « aventurière », ou, encore, à l’évidente culpabilité d’un « pervers patenté ».

En vérité, la meilleure posture, nous semble-t-il, est de se taire. Car, que savons-nous, factuellement, de la situation ? Un homme français de stature internationale a été incriminé par une jeune femme américaine, employée à l’hôtel Sofitel de New York, d’abus sexuels sur sa personne à l’occasion de son office. Point/barre.

Tout le reste – et ne serait-ce qu’en faire appel à des supputations, des pronostiques, à l’analyse chirurgicale des circonstances, à « l’historique » des protagonistes – est déjà un acte de dénigrement et de diffamation envers l’un ou l’autre des acteurs de cette triste affaire, car il implique un cheminement mental vers une hypothétique conclusion, qui, dans l’instant, échappe pourtant à tous.

La pudeur commande de laisser cheminer, en toute réserve et silence, les rouages policiers et la justice américaine, et de ne tirer de conclusions – si l’on souhaite en tirer – qu’une fois l’écheveau démêlé.

En revanche, face à ce cirque politico-médiatique, cette diarrhée de mots et d’images, ce déballage ordurier des uns sur les autres, ce manque absolu de retenue, il nous semble que les interrogations soulevées – et qui, pour le coup, sont de fond, et laisseront derrières elles, si non-résolues, de lourds stigmates – sont bien ailleurs.

S’il est un fait qui semble relativement établi – mais, sans jamais atteindre à la gravité de ce qu’il lui est actuellement reproché – c’est que DSK est un homme, et depuis fort longtemps, sujet à une sexualité compulsive et « border-line ». Cela semble être de notoriété publique dans le petit monde de la politique et de la presse, et appelle, évidemment, à un certain nombre d’interrogations :

Pourquoi nos brillants journalistes, habituellement si prompts à se présenter en donneurs de leçons, se sont-ils - et dans un bel ensemble – tus depuis toutes ces années ? Était-il acceptable, à leurs yeux, de laisser filer droit vers la présidence de notre beau pays et vers ses plus hautes responsabilités, un homme réputé dans le « sérail » pour son déséquilibre psychique ? Vont-ils – que DSK soit ou non reconnu responsable des faits qui lui sont actuellement reprochés – accepter la part de responsabilité qui est leur, de par leur silence complice, dans le risque potentiel qu’ils laissaient courir – par non-information ou rétention d’information – à toute une nation ? Va-t-on enfin réfléchir à cette regrettable tradition tout hexagonale, « la loi du silence » et « l’omerta » – domaine où la transparence médiatique américaine nous donne la leçon – dès l’instant que l’on touche à une personnalité du Pouvoir, ou pire, à des événements aussi tragiques que le nuage radioactif de Tchernobyl et ses milliers de mors français sub-conséquents, que la presse, inféodée, a pourtant aidé, de concert avec le politique, à s’arrêter à nos frontières ? Que dire, encore, du sang contaminé ? Du laboratoire Serbier ?…

Comment le Parti Socialiste – non moins au fait des perversions de son champion – a-t-il pu soutenir la candidature de DSK pour les présidentielles, et désiré placer à la tête de notre État, un homme à ce point (si l’on en croit les propos) pathologique ? En raison des meilleures chances de victoire qu’il représentait contre Nicolas Sarkozy ? Serait-ce alors, qui motive ce parti, l’obtention du Pouvoir, qu’importe l’individu et le prix de la conscience ?…

Également, même si l’on ne peut décemment pas reprocher à DSK de faire – une dernière fois ? – un « baroud d’honneur » par l’usage de son possible confort et étalage de sa fortune, au travers de « prisons » somptuaires, et qui, pour lui, seront – peut-être ? – l’antichambre de dizaines d’années « au placard », l’on doit légitimement se poser la question d’un Parti Socialiste, et de ses valeurs supposées populaires, qui se rangeait derrière un homme à l’évidence aussi éloigné – de par son mode de vie et sa fortune – de son électorat traditionnel. Là encore, qu’importe l’individu et ses convictions, pourvu qu’il y ait l’ivresse de la victoire ?

Nous aurions également, à l’occasion – si l’on ose dire – de ce fait-divers, aimé voir le pays s’engager dans des débats de fond salutaires, portant, notamment, sur le contraste, qui interpelle, entre la justice américaine et la nôtre, pour – peut-être ? – en tirer quelques leçons réformatrices envers notre poussiéreux système procédurier, qui date de Napoléon.

Nous sommes frappés – mais ce ne sont là que quelques pistes – de voir l’équité du système américain par rapport au nôtre :

Il est clair que « l’étiquette » du justiciable importe peu pour nos amis transatlantiques. Qu’il soit patron du FMI ou simple citoyen, il se retrouve sur un banc de commissariat, coincé entre un voleur d’autoradios et un couple en scène de ménage. Sommes-nous absolument certains qu’il en aurait été ainsi en France ? Que l’affaire DSK n’aurait pas été « étouffée » ou traité de manière « confidentielle », voire, si « confidentielle » qu’il n’y aurait – peut-être ? – plus eu d’affaire du tout ? Question…

Les droits de l’accusation et de la défense américaines sont strictement analogues ; procureurs et avocats se retrouvent, côte à côte, en bas, dans la « corbeille ». Il faut venir dans les tribunaux français pour découvrir un Procureur de la République (donc, l’accusation) haut perché à la droite du Bon-Dieu (le président du tribunal), tandis que l’avocat de la défense croupit avec son client au parterre. Cela implique, d’entrée sur les jurés, un ascendant moral – tout à fait anormal – de la présomption de culpabilité sur la présomption d’innocence, et un rapport de force injuste et déséquilibré au bénéfice de l’inculpation.

L’on donne, dernièrement, de grandes leçons aux Américains sur leur supposé irrespect médiatique de la présomption d’innocence (menottes de DSK, déballage télévisuel, etc.), tandis qu’ici, cette présomption d’innocence n’existe pas même dans nos prétoires…

Une justice américaine où la culture du « plaider coupable », outre sa vertu expiatoire toute anglicane, fait que 80% des inculpations ne vont pas jusqu’au procès, qui sont autant de désencombrement des tribunaux et d’économie pour le contribuable.

Une justice américaine où les peines sont additionnelles – jusqu’à sembler, parfois, confiner à l’absurde, comme de condamner un justiciable à plusieurs centaines d’années d’emprisonnement – mais qui a le grand mérite de reconnaître à chaque individualité, aussi nombreuses soient-elles, son statut de victime, son préjudice, et son droit à réparation, contrairement à la France où les peines « plafonnées » à la nature et non à la quantité de l’acte, renie ce droit.

Bien sûr, la justice américaine, c’est aussi la barbarie d’une peine de mort qui reste encore en application dans certains états. Mais, c’est également la « vraie » perpétuité, qui, contrairement à nous, ne relâche pas dans la nature, après un maximum de vingt-trois années non compressibles, ses délinquants les plus extrêmes et incurables, ouvrant la porte au nombre insupportable de récidives qui défrayent les chroniques. « Fausse perpétuité » à la française qui, au final, entretient de manière regrettable, au sein de notre société, le désir, pour certains, de revenir sur ce formidable acquis, ce pas vers l’humanisme et la grandeur d’un pays à savoir ne pas s’abaisser au niveau de ses bourreaux, qu’est « l’abolition ».

Nous finirons par une dernière remarque, tant la liste ne peut être exhaustive :

Dans ce cirque médiatique et judiciaire (et, cette observation vaut autant pour les États-Unis que pour la France), il apparaît clairement, pour sa défense, qu’il vaut mieux être célèbre et fortuné, qu’issu d’un ghetto misérable et d’une minorité ethnique. Lorsque l’on voit le différentiel des moyens mis en œuvre (stars du barreau, enquêteurs privés, millions distribués à profusion, pour DSK) face à l’indigence d’une simple femme de ménage de couleur, l’on est en droit de se demander si le rapport des forces est vraiment équitable, et si, au final, la « justice » l’est également pour tous ? La phrase de Jean de La Fontaine (sans mauvais jeux de mots) n’est-elle toujours pas, cruellement, d’actualité : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » ?…

A l’heure où vous lirez ces lignes, il est fort probable que nous saurons qui, de l’employée du Sofitel ou du patron du FMI, est la véritable victime de cette affaire, et nous pourrons, alors, faire le compte des positions par trop hâtives et opportunistes de certains, qui en dit davantage sur leur mentalité que sur une vérité non encore connue. Mais, d'ores et déjà, il est une autre victime de ce déballage médiatique éhonté, qui, selon nous, ne fera jamais la Une des journaux ; le droit, pour tout être, à ne pas être diffamé pour ce qu’il n’est pas (ou, pas encore). Bref, le sens moral.

Il y a tant d’autres questions sociétales, que l’affaire DSK soulève, mais nous laisserons la dernière – à nos yeux, la plus fondatrice – au doux et délicieux Jean d’Ormesson, reçu, il y a quelques soirs, dans une émission tardive : « Le Monde est déjà si brutal et si violent. Et si l’on cessait de jeter les gens en pâture aux chiens ? »…