Quelques jours après la mise en ligne de l’éditorial « Titanostéopatic », nous recevions de la part de notre députée, Madame Chantal Brunel, une cordiale invitation à participer à la conférence-débat du professeur Bernard Debré: « Progrès de la médecine: quels dangers pour l’être humain? ».
Simple fantaisie du hasard ou cause à effet ? Nous nous devions d’en avoir le coeur net…
Quoiqu’il en soit, même si nous nous sommes élevés fermement contre le projet de loi de Monsieur Debré, il faut reconnaître à nos députés une certaine accessibilité et une évidente ouverture au dialogue.
le 17/05/2010
Pollux
Ostéopathe DO – Masseur-kinésithérapeute
à, Madame la Députée Chantal Brunel
Chère Madame,
(…)
Je reçois avec grand plaisir votre courrier du 11 mai m’invitant à une conférence tenue par Monsieur le professeur Bernard Debré le jeudi 3 juin 2010.
Peut-être cela est-il un simple hasard ? Peut-être cela est-il en lien avec un de mes derniers éditoriaux, le « Titanostéopatic », sur le site Physioscope.fr, site d’information et de défense des droits de la masso-kinésithérapie et de l’ostéopathie ? En ce dernier cas, votre courrier serait faire preuve d’une grande ouverture d’esprit et d’une avancée notable possible dans le dialogue – plutôt assez fermé ces derniers temps – entre ostéopathes-médecins et ostéopathes-auxiliaires médicaux. La tension restant très vive sur le sujet, de part et d’autre.
Je tiens à préciser que je ne représente aucune instance, aucun mandat, ni aucun syndicat. Je n’existe qu’en tant que site professionnel et par mes lecteurs.
En ce sens, et si une volonté de dialogue est véritablement présente dans votre invitation, je pense qu’il ne serait alors pas inutile que je puisse « interviewer » Monsieur Debré et/ou vous-même, afin que, pour nos lecteurs paramédicaux mais aussi médicaux, nous fassions ensemble le point sur la situation, sur votre projet de loi présenté à l’Assemblée Nationale le 24 février 2010 (dont vous êtes cosignataire), et sur le dessein qui est vôtre et qui le sous-tend réellement. Ceci afin d’éviter toutes interprétations fausses de votre volonté ou de voir se propager des rumeurs diverses.
Je reste donc, chère Madame Brunel, à votre disposition.
Je vous prie de recevoir, Madame la députée, l’expression de ma considération la meilleure.
|
Cher Monsieur,
Je vous remercie de votre mail. (…).
Comment mon invitation vous est parvenue?
Tout simplement parce que j’ai souhaité convier un certain nombre d’acteurs du domaine médical afin d’avoir le débat le plus riche possible.J’ignore totalement la position de Bernard Debré sur l’Ostéopathie;en revanche je le connais comme homme de dialogue et d’ouverture.Si vous nous faites le plaisir de venir,il n’y aura aucune difficulté à entamer ce débat soit au cours de la réunion soit à l’occasion du verre amical qui suivra.
Bien cordialement
Chantal Brunel |
le 18/05/2010
Pollux
Ostéopathe DO – Masseur-kinésithérapeute
à, Madame la Députée Chantal Brunel
Chère Madame Brunel,
Je vous remercie de la rapidité de votre réponse, fidèle en cela à votre réputation d’accessibilité.
Moyennant une obligation personnelle difficile à déplacer, c’est avec plaisir que je répondrai à votre aimable invitation et que j’irai à votre rencontre ainsi qu’à la rencontre de Monsieur Bernard Debré, pour y porter une certaine parole de l’ostéopathie paramédicale.
Car, ne l’oublions pas, l’ostéopathie, pour l’essentiel, a été importée en France, développée et enseignée (même aux médecins) par les kinésithérapeutes. Un avenir sans le kinésithérapeute, pour l’ostéopathie, n’est donc pas réaliste.
Le dossier de l’ostéopathie en France, tant législatif que déontologique, qu’au niveau de sa perception « grand public », est depuis des décennies dans l’ornière, nous laissant très à la traîne des grandes nations qui nous entourent. Or, trop de « flou » ne peut qu’organiser la confusion des genres et une certaine dangerosité des enseignements et des pratiques.
Pour autant, le dialogue semble totalement figé et épidermique, chacun campant, de part et d’autre, sur des postures corporatives et défensives.
Il doit être possible de re dynamiser ce dialogue et de replacer l’intérêt exclusif du patient au centre du débat.
Je ne pourrai, hélas pas, m’exprimer au nom des ostéopathes DO non-médicaux et non-paramédicaux (ceux que nous appelons amicalement entre nous les « ni ni ») car je ne suis pas dans leur situation, et que je ne peux pas appréhender pleinement leur problématique. L’on peut cependant faire la remarque préliminaire qu’à niveau de formation équivalent en ostéopathie, leurs compétences semblent n’avoir rien à envier aux ostéopathes paramédicaux ou médicaux.
Cela laisse envisager, plutôt que de se dresser continuellement les uns contre les autres en un brouhaha improductif, que de favoriser la piste d’une ostéopathie non à « pedigree » mais à visage unique, car d’identique formation pour tous, par un cursus reconnu (de préférence universitaire) et sanctionné par un DEO (diplôme d’état en ostéopathie) serait, de loin, la solution la plus conciliante et la plus opportune.
Par ailleurs, je ne peux qu’appeler à l’urgence d’aider les écoles d’ostéopathie privées à savoir moraliser leurs numerus clausus, et ceci pour la pérennité de la profession et l’avenir économique de leurs propres élèves.
Dans l’attente de vous rencontrer, je vous renouvelle, Madame la députée, l’expression de toute ma sympathie.
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Excellent,pollux.Mais les MK se sont ,tellement souvent, fait rouler dans la farine qu’il faudrait, à l’avenir, être très vigilants.
Oui, les intérêts en jeu sont énormes et les positions très figées.
Imagines que l’école d’ostéo à côté de chez moi, pourtant de la Collégiale Académique, c’est 250 élèves en première année, soit 250 x 8 000 euros. Cette absence de moralité ruine tant le métier (bientôt plus d’ostéos que de kinés) que notre crédibilité. C’est un comportement immature et inacceptable.
D’un autre côté, Bernard Debré ne peut raisonnalement pas pousser en touche les ostéo-kinés ou ni-ni, alors que les ostéo-médecins ne représentent sans doute pas plus de 2% du paysage médical, ni vider l’ostéopathie française de son contenu.
Il faut trouver la voie de passage. Sûr que beaucoup d’intérêts individuels risquent de s’en trouver bousculés…