Page d'accueil

Origines douteuses

  • L’Ordre est-il inéluctable ?

Oui. Du simple fait, irréversible, de son existence.

Il n’est plus temps de phosphorer sur son utilité ou non. De pinailler, d’ergoter, de philosopher sur le sujet. C’est une perte d’énergie et un combat d’arrière-garde. L’Ordre est incontournable, car il est là.

Même si cela peut s’avérer fédérateur d’entretenir l’utopie sur la dissolution hypothétique de l’Ordre c’est, d’une certaine manière, dommageable et berner le chaland. L’Ordre est pratiquement cristallisé dans sa forme définitive et, sauf à l’occasion d’un scandale financier ou d’individus (ce qui n’est pas souhaitable), personne n’y pourra rien changer. Seuls quelques aménagement lui sont encore possibles.

Part ailleurs, est-il vraiment séduisant le voir disparaître d’avantage que de travailler à l’améliorer ?

Il faut avancer.

  • L’Ordre est-il nécessaire à la bonne-reconnaissance d’une profession ?

Oui. En tous les cas, nous le pensons.

Nous ne traitons pas ici de la « maturité » d’une profession mais de valeur « éthique ». La maturité est le fait du professionnel, de sa conscience individuelle et de son niveau de formation. Nul besoin réglementaire chez le maçon d’un Ordre pour exercer et pour bâtir une maison. Ors, sans garde-fous, nous ne pouvons pas présager à-priori de l’éthique d’un professionnel à l’instant de lui passer commande. Combien de clients auraient été heureux, parce que le maçon en question a travaillé comme un gougnafier et que leur maison s’est écroulée sur leur tête, de pouvoir se retourner sur un « Ordre » ? Ou simplement de savoir qu’ils s’adressent les yeux-fermés à une catégorie socioprofessionnelle estampillée « morale » dont le professionnelle à des « comptes à rendre » s’il veut pouvoir poursuivre d’exercer ?

Il n’y a pas, ou extrêmement peu, de corps de métier à haut-niveau de responsabilité social qui échappent à la règle d’une structure morale astreignante et, le cas échéant, coercitive et répressive.

Pour ce que nous pensons en comprendre, les difficultés actuelles de l’Ordre des kinésithérapeutes à savoir gagner les cœurs de la profession ne sont pas tant dans l’idéologie qu’il représente (plus de 50% de la confrérie, selon un récent sondage, est favorable à « l’idée » d’un Ordre) que dans les modalités de son application (80%, selon le même sondage, est opposé ou indifférent à « cet » Ordre-là).

Disons, pour être consensuel et philistin, que selon nous un Ordre pour un métier c’est plutôt mieux. Au pire, c’est inutile et (un peu) coûteux. Mais çà ne peut pas être moins bien… à condition qu’il sache rester dans les clous.

  • L’Ordre se doit-il d’être un « flic » ?

Oui. Evidemment.

Et nous irons même plus loin en déclarant que l’Ordre se doit d’être disciplinaire.

Comment, autrement, imaginer que l’Ordre puisse jouer pleinement son rôle de gardien du « temple éthique » ? Ce serait comme filer un stylo-baveur, un éthylotest-péteur et un carnet à souches-molles, aux gendarmes de nos autoroutes…

Hélas, et tout le gap est là, pour prôner l’éthique il faut en être perclus. Est-ce bien le cas ? Etre ex-membre honoraire d’un syndicat représentatif implique-t-il que l’on soit au-dessus de tout soupçon d’immoralité ou que l’on ait compétence en matière de Code Civil et Pénal ? La Justice est prononcée par des Juges, des hommes (du moins l’espère-t-on) formés et aguerris à cet exercice. Celle de l’Ordre, par d’ex-syndicalistes n’ayant ni de près ni de loin formation et la moindre approche thématique du Droit.

La Justice est indépendante (du moins l’espère-t-on). Elle n’est pas constituée d’ex-cadres des syndicats « d’usagers ». L’Ordre des kinésithérapeutes en est redondance.

Nous le voyons bien, structurellement il ne peut y avoir qu’une forme approximative de Justice Ordinale, et cela devrait être toute sa prudence. Pour autant, rien n’empêche de tenter de s’en approcher à minima.

La première mesure, urgente et de salubrité publique, est de prohiber la double-mandature syndico-Ordinale, totalement schizophrénique et source évidente de partialité. Comment pouvoir juger sereinement de manipulations financières d’un haut-syndicaliste lambda lorsque l’on est mandaté à l’Ordre et soit même membre du même sérail ? Et inversement. Cela s’appellerait être épris d’un sens élevé et noble de justice… ou se tirer une balle dans le pied.

La deuxième est de former les futurs cadres de l’Ordre au Droit, ne serait-ce qu’élémentaire. Cela peut être un projet de formation continue.

La troisième est de proposer un audit annuel et rendu public des comptes de fonctionnement de l’usine à gaz ordinale, ce qui serait la moindre des choses envers la profession puisque nous sommes son employeur.

  • L’Ordre est-il de constitution illégale ?

Non.

La loi française est très précise à ce sujet : le paraphe d’un seul syndicat représentatif signataire entérine le décret. L’Ordre est donc bel et bien inscrit dans la loi. L’inscription à son Tableau et à sa cotisation (aussi usurière soit-elle) sont donc obligatoires et exposent tout « contrevenant » à un péril judiciaire. Décemment, nous ne pouvons pas en vouloir à l’Ordre d’exercer son droit légal et de tenter de réduire le dernier cercle des irréductibles au maquis. Pour ce qui est de la « manière de faire », nous resterons plus réservés…

Aujourd’hui, les seul points (non encore résolus) sur lequel l’Ordre peut être entaché d’illégitimité portent sur l’existence de ses trois niveaux de charpente, nationale, régionale et départementale. Une loi amendée indique qu’en deçà de 100 000 professionnels le niveau « départemental » est anticonstitutionnel.

Egalement sur le fait (mais il n’y a encore à ce sujet qu’une et insuffisante jurisprudence, celle du procès de Toulouse) que seuls sont habilité à posséder un mandat ordinal les personnes encore en activité professionnelle. Nous comprenons bien qu’à l’avenir, si ce jugement trouve échos, se sera l’hécatombe chez nos tempes grises du sérail ordronirique. Mais l’Ordre a un délire d’argent (le nôtre) pour faire appel de cette décision, et gageons qu’il noiera le bélouga…

  • L’Ordre est-il de constitution antidémocratique ?

Oui et non.

Non, comme nous venons de l’évoquer, au sens strict de la loi française.

Oui, en réalité de terrain et dans « l’esprit de la loi ». Dix pour cent de la profession seulement, les syndiqués, ont dûment été intéressés à son avènement et appelés aux urnes. Nous pressentons à l’évidence que cette assise autocratique pose problème à tout le monde et qu’elle restera à jamais le talon d’Achille de l’Ordre et le chaudron bouillonnant de toutes les imprécations, aussi hallucinées soient-elles. Aujourd’hui, et je pense que nous pouvons l’affirmer, si l’Ordre, cinq ans après son avènement, n’a toujours pas trouvé sa « vitesse de croisière » c’est bien à cause de ce « faux-départ ».

La politique de l’Ordtruche

  • L’Ordre se pense-t-il  « démocratique » ?

Oui. Et là est bien tout le problème…

Le renouvellement régulier par un tiers de ses membres fait oublier à l’Ordre son erreur de jeunesse ; sa primo-assise autoritaire. Il pense ainsi s’ouvrir à la « société civile » et prêter le flanc à la démocratie. Il ne comprend donc pas, ou plus, les procès d’intention que, selon lui, on lui fait.

Reconnaissons à minima qu’il y a là gage « d’ouverture » et que si les vocations ordinales étaient moins clairsemées dans la confrérie, il y aurait acte de popularisation. En six ans, la « société civile » pourrait investir totalement l’Ordre. Hélas, ces vocations sont extrêmement rares, voir rarissimes, et la littérature (volontairement ?) opaque entretenue autours des élections ne facilite pas la tâche. Il y a de toute évidence une réticence ordinale à communiquer haut et fort sur le sujet des élections. Dès fois que ?…

Pour compléter, sauf en régions de grandes disettes, il apparaît difficile pour un « béotiens » n’appartenant pas à un réseau d’influence quelconque et s’auto parachutant soloman au scrutin, d’être élu. Le « sérail » place ses troupes…

En conclusion, l’Ordre actuel est d’assise légale et de fonctionnement démocratique. Hélas, la « forme » n’a pas encore tout à fait rejoint le « fond » et la réalité de terrain n’est pas celle affichée…

  • Pourquoi l’Ordre n’est-il pas « aimé » ?

Tout d’abord parce qu’il est foncièrement cocardier de rejeter « à priori » toute sorte d’autorité sur ses libertés. Le français, par essence, ne supporte aucune structure coercitive. C’est, la plus part du temps, un réflexe épidermique purement médullaire qui ne monte pas même jusqu’au cortex.

Cela est d’autant plus vraie pour des kinésithérapeutes souvent marginaux dans le système oligarchique, que ce soit dans le monde hospitalier ou esseulés dans le secret de leurs alcôves de ville.

Parce que, nous n’y reviendrons pas, l’Ordre c’est instauré despotiquement et à la force du poignet. Aucun esprit consultatif sur une opinion publique qui s’est sentie de facto brutalisée et caressée dans le « mauvais sens du poil ».

De plus, nous supposons qu’une cotisation ordinale plus tempérée aurait évité de peser si lourdement sur les haut-le-cœur et des salaires déjà au cordeau. Nous pensons particulièrement à nos collègues hospitaliers.

Parce que l’on comprend bien intuitivement que l’Ordre est une affaire « entre-soi » et gens de bon-sérail, et que ce côté clanique irrite profondément. Ca fait opaque. Ca fait confiné. Ca manque d’aération. Ca sent le mulot dans le fromage…

Ensuite, que l’on trouve mille raisons et chantiers pour le combattre est presque dans « l’Ordre » des choses. Faire feu de tous bois n’est plus qu’une question d’enthousiasme.

Pour autant, nous sommes convaincus que l’Ordre, à sa maladroite manière, a fait de gros efforts de communication et de patience envers le « grand public », sans jamais pour autant toucher les cœurs et prendre le temps d’analyser les raisons de son infortune ni remettre une seconde en question sa consanguinité syndicale…

  • Pourquoi la campagne « anti’Ordre » a-t-elle d’avantage mobilisé chez le salarié que chez  le libéral ?

Tout d’abord parce que le libéral, d’avantage que le salarié plus protégé par son « cocon » institutionnel, a d’avantage conscience de la précarité de son emploi. Nous comprenons bien, même de manière frustre, la fragilité et la paupérisation progressive du système de ville. En ce sens, pour nombre de cabinets, « l’idée » d’un Ordre pour une meilleure assise professionnelle n’apparaissait pas si absurde que cela. Tout du moins il n’y avait pas d’opposition de fond, même si cela n’était qu’un « pourquoi pas ? »…

Ensuite parce que 280 euros, non-déductibles, pour un salarié représente bien davantage de sacrifices que ceux, déductibles, pour un libéral. Nos collègues hospitaliers sont mal payés. Nous aussi, mais au moins avons-nous (avions-nous tout au moins avant les référentiels) la possibilité de travailler « toujours d’avantage » pour amortir le déficit…

Parce que (et il ne faut pas s’étonner que ce soit un syndicat de salariés qui ait mit le feu aux poudres) cela a été vécu par les « hospitaliers » comme une ingérence insupportable et sans précédant du monde libéral dans leurs petites-affaires. Le salarié, usager jusqu’alors des seules conventions collectives et de relations presque entre « quatre-yeux » avec sa direction, n’a pas supporté ces oukases venus « d’un autre monde »,  jusqu’alors abstrait, abscons, et presque antithétique.

Enfin, parce qu’aucun « cadre » hospitalier ne fait aujourd’hui partie du système oligarchique ordinal alors que « leur » monde doit en subir les diktats. Ils sont « sur la touche » et juste bon à cotiser. Ils ne peuvent donc par mal-amour et seule voie d’in expression – et c’est naturel – que s’opposer violemment et être sur une position défensive.

Pour autant, l’Ordre des médecins a réussit à s’imposer tant au monde salarié que libéral puisque, après tout, l’éthique se doit de rester universelle. Nous ferions bien de nous en inspirer et d’y réfléchir…

  • La campagne promotionnelle sous les abribus était-elle absurde ?

Non.

L’Ordre – c’est le moins que l’on puisse dire – n’a jamais été un grand communiquant. Sa campagne publicitaire « Céline » était pathétique, ridicule et d’une niaiserie confondante, mais elle n’était pas « absurde ». L’une des missions premières de l’Ordre, inscrite au code de déontologie, c’est d’assurer la promotion de la kinésithérapie. Plus on parlera de nous dans les foyers français et les médias (là, en l’occurrence, en s’y gausse), plus le kinésithérapeute fera partie du paysage social, plus il assoira la demande en soins. Indirectement, l’opinion publique pèsera ainsi sur les décisions d’Etat, donc sur celles de l’UNCAM, dont l’objectif premier est de réduire notre influence et nos existences professionnelles à peau de chagrin.

Par ailleurs, rassurons-nous, le ridicule ne tue pas…

  • L’Ordre chasse-t-il sur les terres syndicales ?

Oui. A l’évidence.

Indiscutablement, l’Ordre n’est pas centré en lui-même, tous les « ateliers » de la vie conventionnelle sont là pour le rappeler. L’exemple le plus récent et le plus criant de cette dichotomie fut son implication malheureuse en ce qu’il est convenu d’appeler l’élaboration des référentiels-kiné. S’il appartient effectivement à l’Ordre en tant que gardien des valeurs éthiques de se prononcer sur l’aspect déontologique du principe de la limitation administrative et autoritaire de nos actes (oui ou non, point-barre) son rôle s’arrêtait là. Qu’ensuite le dosage de ces référentiels soit plus ou moins administratifs ou plus ou moins autoritaires, c’est un chantier syndical.

Cette « confusion des genres » incessantes et très péjorative pour la profession est le pur produit de la double-mandature. Celle qui fait qu’aujourd’hui un conseillé ordinal est dans la plus part des cas un syndicaliste de souche. Et cela est d’autant plus vrai que l’on s’approche des sommets oligarchiques et décisionnels. Entre « patrons » de l’Ordre et « patrons » des centrales représentatives de la profession, il n’est pas tant de parler de téléphone rouge que de ronds de serviettes ou d’échange de brosse à dents. Nous arrivons donc à cette névrose intellectuelle que l’ossature ordinale est d’alliage purement syndical. C’est le mariage de l’eau et du feu et l’asphyxie du système…

  • La cotisation ordinale est-elle excessive :

Oui. Indubitablement.

Trois niveaux administratifs, départementaux, régionaux, national, ne sont pas indispensables au bon fonctionnement de l’Ordre. Nous pensons qu’il n’est pas utile de « faire appel » des décisions constitutionnelles ou du « lobbying sénatorial » pour « sauver » la tête de ces structures, mais juste de comprendre le bien-fondé du conseil qui est délivré. C’est un conseil de bon-sens.

Par ailleurs, prendre pour le CNO lieu et place dans 700 mètres-carrés rue Réaumur (43 500 euros de loyer mensuel hors-charge par mois) n’était pas du meilleur goût.

Même si l’Ordre se doit d’être une « vitrine » de la profession, elle n’est tout de même pas ambassade diplomatique dans les pays de l’Est…

Il y a urgence, et rien ne s’y oppose, a rétablir une cotisation ordinale de bon-aloi (les infirmiers, pour information, sont à 75 euros…).

  • Il y a-t-il un avenir pour les structures « anti-Ordre » ?

Non et oui.

Non, aucun, si ce n’est qu’à s’étioler progressivement à mesure qu’elles continueront de s’opposer aveuglément et de réclamer à tue-tête la dissolution de l’Ordre. La marginalité les gagnera tôt ou tard. C’est une affaire de paire d’années.

Oui, assurément, si elles proposent de manière constructive son aménagement et que l’Ordre accepte enfin de les faire entrer dans son architecture. Mais pour cela, bien sûr, il faut du dialogue et remiser les gants de boxe au placard du vestiaire…

Alizé pour exemple, syndicat originellement « d’anti-Ordre ultras », voit naître en son sein une mouvance modérée et de plus en plus prépondérante. Des « mécontents », des « réformateurs » de l’Ordre, et non plus des jusqu’au-boutistes. Nous pensons que c’est la voie de la sagesse et de la pérennité.

Pour autant nous réclamons à ce que soient entendus les positionnements « anti-Ordre ». La pluralité des raisonnements est un enrichissement pour le système et source de méditation. De débat, en tous les cas.

  • Les structures « anti-Ordre » ont-elles servi à quelque chose ?

Oui. Nous en sommes convaincus.

Sans elles, l’Ordre aurait joué « sur du velours ».

Il ne fallait espérer des syndicats « représentatifs » aucune forme d’autocensure puisque « ils » sont l’Ordre et que leurs cadres en sont les cadres. Tous les débordements étaient alors envisageables. Aujourd’hui, grâce à Alizé, ou à toutes autres structures de pensées moins « aliénées », un esprit de modération et d’introspection, ainsi qu’une information « grand-public », ont vu le jour. L’Ordre a un « contre-pouvoir ».

Pour autant, à l’excès des uns ne doit pas répondre celui des autres…

Beaucoup de bruit pour rien…

  • Quel avenir pour l’Ordre ?

L’Ordre avant tout est une structure administrative et non syndicale. Il n’a pas en soi de substance créative et revendicative, c’est un « inspecteur des travaux finis » et un épistolaire appliqué sans grande fantaisie. Le « mélange des genres » actuel, syndico-ordinal, s’étiolera avec le temps, chacun sachant, l’expérience gagnant, jouer pour sa propre équipe et selon ses inclinations naturelles. De même, l’ascenseur social ordinal montrera vite ses limites et finira par ne plus être à ce point attractif. Il n’attirera plus que les mouches du coche et les affriolés de la rosette. Etre « président de l’Ordre » n’est pas une sinécure, loin s’en faut. Tout le monde rejoindra donc son bocal en vertu de ses affinités électives et de ses appétences imaginatives ou non.

Il restera bien sûr des « ponts » très actifs entre Ordre et syndicats. C’est dans l’Ordre des choses entre gens de pouvoir. Il se peut même que cela soit souhaitable. Pourquoi imaginer à priori que les gens du « sérail » sont incultes ou malfaisants et qu’ils travaillent à nuire à la kiné ?
Les mouvements « anti-Ordre » rentreront « dans l’Ordre », au sens propre comme au sens figuré. Le consensus faisant place, de part et d’autres, aux excès divers. Personne ne peut durablement construire sur une faille sismique.

Il n’y aura pas de « dissolution » de l’Ordre, seulement quelques aménagements salutaires. Il faut cesser d’être « populiste ».

L’Ordre ne se présentera pas devant l’urne démocratique pour une éventuelle restructuration, car il en a peur. De plus il sait, et il a raison de le savoir, qu’autant en emporte le vent…

Le vent, et nous parlons du nôtre, kinésithérapeutes, est pourtant de bien mauvaise haleine par les temps qui courrent…

2 réponses à to “L’Ordre en questions”

  • Raph dit :

    merci pour ton analyse.
    à plus

  • christine dit :

    Je ne crois pas qu’Alizé se dissolvera et encore moins qu’il rejoindra la structure ordinale.Nous étions peut-etre marginaux mais avec l’entrée dans la lutte des infirmieres on se sent moins isolé.En totalité ça fait beaucoup de marginaux dans la lutte non?

Laisser un commentaire

Newsletter
De vous à nous
Pollux

Nous contacter
Nous féliciter
Nous engueuler
physioscope@wanadoo.fr

Visites totales
L’image du jour
mordillo_TRAIN

Référentiels kinés : attention ! Un train (de mesures) peut en cacher un autre...

Coup de coeur
mandela-pienaar-952

« Invictus »
Tout le Monde est là ?

Fiche technique :

- Réalisation : Clint Eastwood.
- Scénario : Anthony Peckham, d'après le livre Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game that Made a Nation de John Carlin, traduit sous le titre Déjouer l'ennemi : Nelson Mandela et le jeu qui a sauvé une nation.
- Distribution : Warner Bros.
- Lieu de tournage : Afrique du Sud.
- Dates de sorties :
- Etats-Unis : 11 décembre 2009.
- France : 13 janvier 2010.
- Belgique : 13 janvier 2010.
- Durée : 02h12min
- Distribution : Morgan Freeman (Mandela), Matt Damon (François Pienaar).

Synopsis :

Fin des années 1990. Mandela, président de la République d’Afrique du Sud, ne sait plus comment taire les remous raciaux qui opposent, avec une égale violence, les deux communautés – noire et blanche – de son pays. Les noirs, après des décennies d’humiliation, de brutalité et d’injustice sociale, sont attirés par les muses de la vengeance. Les blancs, très minoritaires, sont effrayés par le renversement des rapports de force, et s’enferment dans une ghettoïsation ultraréactive. À tout moment, le pays peut basculer dans une guerre civile sanglante, mettant définitivement un terme à des années de lutte pacifique de Mandela contre l’apartheid.

Les noirs glorifient le football et exècrent le rugby, sport national de « l’oppresseur blanc ». Vint alors, à Mandela, le projet « fou » de réunir l’ensemble d’une nation bichrome derrière une seule couleur, celle du drapeau Springbok, et un seul objectif, celui de remporter la coupe du monde de rugby, qui se joue, cette année-là, en Afrique du Sud.

Mais, deux écueils - et non des moindres – veulent venir faire achopper ce projet : d’une part, les Springboks sont loin d’être l’équipe de classe internationale que nous connaissons aujourd’hui, et ses chances de remporter le championnat sont quasi-inexistantes, d’autre part, l’hostilité de la population noire à se fédérer derrière ce projet, à saluer et à soutenir une équipe, longtemps symbole du Pouvoir blanc, est presque insurmontable.

La rencontre entre deux hommes, Mandela et François Pinard, le capitaine « blanc » de l’équipe des Springboks, sera déterminante et fera basculer l’Histoire…

Notre avis :

Foin de grand discours moralisateur et culpabilisant sur l’apartheid et le Pouvoir blanc de la fin du siècle dernier, ni sur le racisme en l’Afrique du Sud. Pas d’images-chocs sur la misère (réelle) des taudis noirs de Soweto, ni sur la violence (non moins réelle) d’un système boer (en grande partie issue de la colonisation néerlandaise) hautement ségrégationniste.

Ce film n’est pas là pour régler les comptes.
Juste une démonstration, pudique et sobre, sur la manière dont deux hommes avec une vision commune – celle de l’Universalité des droits – vont bousculer l’Histoire.

Mandela, en raison de ses idées politiques, a été enfermé durant vingt-sept ans dans une geôle de moins de dix mètres carrés et condamné aux travaux forcés par un Pouvoir qui avait érigé en système moral et économique la suprématie d’une race sur une autre.

À sa sortie de prison en 1990 (sous la pression et l’embargo politique internationale contre l’État ségrégationniste de Pretoria) Mandela, loin de vouloir se venger de ces « visages pâles » qui lui ont volé - pour des idées - presque trois décennies de son existence, ni ne souhaitant davantage devenir l’icône naturel d’un mouvement noir enclin à la violence envers l’oppresseur, prône le pardon et la réconciliation de toute une Nation.

Nelson Mandela est sorti de son enfer carcéral et de son état de disgrâce, pour entrer, directement, en État de grâce, un de ces pouvoirs d’élévation de la conscience, à la Soljenitsyne ou à la Gandhi (qui fit ses premières armes d’humaniste – peu de gens s’en souviennent – en tant qu’avocat de la minorité indienne, également persécutée en Afrique du Sud), à laquelle bien peu d’hommes, qui hantent pourtant nos manuels d’Histoire, ont accès.

Morgan Freeman, plus Mandela que nature, éclaire l’écran de sa sobriété. Inspiré, investi, emprunt de modestie, nous sentons, à l’évidence, qu’il s’agit là, pour lui, du rôle d’une vie.

Matt Damon sonne juste et simple, comme toujours, en plus d’être beau gosse à vous filer des complexes.

Clint Eastwood (le réalisateur) nous offre un pur joyau. L’un des rares films qu’il nous a été donné de vouloir revisionner dès le générique de fin.

Les racistes ou les antiracistes n’y trouveront pas leur compte, dans cette oeuvre. Pas d’image de violence, pas de plaidoyer, ni discours lénifiants, encore moins d’apologies philanthropiques. L’homme des bois de l’Est nous conte, tant dans l’esprit (Mandela) que dans le muscle (François Pienaar), l’aventure d'humains « virils », dans le meilleur sens du terme. Des hommes qui ne se couchent ni en mêlée ni devant les fusils de l’oppresseur, ni – surtout – ne se résignent au fatalisme. Des hommes qui, après s’être tant castagnés, s’embrassent à la fin du match.

D’une image frugale et sans fard, sans guimauve sentimentale hollywoodienne, n’en faisant jamais trop, Eastwood cisèle tant l’Histoire que celle du petit monde du rugby. Et, nous ne pouvons que nous étonner que ce soit à un Nord-Américain (pays où ce sport est quasiment inconnu) qu’il revienne de transcender avec tant de brio le fameux précepte : « le football est un sport de gentlemen pratiqué par des brutes, le rugby un sport de brutes pratiqué par des gentlemen ».

Au terme de ce film, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur ce dont sont capables les hommes, dès qu’ils cessent d’être moins égotiques, pour savoir unir leurs forces autour d’une même bannière, plutôt que d’en faire des baillons.

Nous ne pensons, évidemment pas, à nos centrales - celles de la kinésithérapie - ni à leurs sempiternelles guerres claniques pour le Pouvoir. Moins encore à la sinistralité d’une profession, à laquelle vingt années d’apartheid syndical l’ont conduit…

Mais, ne désespérons pas, peut-être qu’un Mandela et un François Pinard feront un jour leur apparition dans le firmament de la kinésithérapie ?…

Bio express de Mandela :

Nelson Rolihlahla Mandela – « Madiba », de son nom tribal – est né le 18 juillet 1918 à Mvezo(Est de la province du Cap, Afrique du Sud). Il fut l'un des meneurs historiques de la lutte contre le système politique d'apartheid et président de la République d’Afrique du Sud, de1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non raciales de l'histoire du pays.
Nelson Mandela intègre l'African National Congress (ANC) en 1944, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale menée par celle-ci. Devenu avocat, il participe à la lutte non violente contre les lois de l'apartheid, qui commencent à être mises en place par le gouvernement du Parti national afrikaner, arrivé au pouvoir par les urnes en 1948. L'ANC est interdit en 1960, et, la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961, qui mène une campagne de sabotage contre des objectifs militaires. Arrêté par le gouvernement sud-africain avec l'appui de la CIA, il est condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité. Il devient une célébrité bénéficiant d'un soutien international, symbole de la lutte pour l'égalité raciale, notamment après les émeutes de Soweto, en juin 1976.
Après vingt-sept années de prison, Mandela est relâché le 11 février 1990, et soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit conjointement avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour leurs actions en faveur de la fin de l'apartheid et l'établissement d'une démocratie non raciale dans le pays.
Élu premier président noir d'Afrique du Sud en 1994, il continue avec succès la politique de réconciliation nationale. Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active.
Œuvrant depuis contre le sida, qui lui a pris un fils, il est aujourd'hui une personnalité mondialement écoutée au sujet des droits de l'homme.

A la Une
dsk

Télé-irréalité

Plus libidineux que « l’Ile de la tentation », plus énigmatique que « Secret story », plus people que « La ferme des célébrités », avec une fin, à prévoir, aussi rocambolesque et précipitée que « Carré viiip », le PAF nous a concocté notre petite guimauve de l’été, brassant son remugle de bas instincts et caressant le voyeurisme dans le sens du mauvais poil : « L’affaire DSK ».

Sous nos yeux hallucinés, nous découvrons « en live », instant après instant, sous les feux d’une caméra continue (à quand, dans la douche de DSK ?), l’entrechoquement des mondes, celui de notre conscience du réalisme, fracassé par la chute vertigineuse et parfaitement improbable – des sommets d’une future présidence hexagonale aux six mètres carrés d’une geôle outre-Atlantique – d’un homme. Ce n’est plus « Le déclin de l’empire américain », mais bel et bien celui du nôtre, tant cocardier que conceptuel.

La sidération passée (qui, une fois encore, fut, selon nous, davantage celle de la remise en question brutale de notre « échelle du probable » que celle de la possible perversion liée à tout homme), la basse-cour – et, parfois, la très basse-cour – politico-médiatique s’est mis en branle.

Les gens à l’âme grossière et injurieuse, au nom d’un populisme franchouillard du « on nous cache tout, on nous dit rien » furent, et sans surprise, aux créneaux, égaux à eux-mêmes.

Les calculateurs en stratégie politique ne le furent pas moins, qui de se couvrir d’une fausse pudeur de chaste nonne, mais ô combien jubilatoire, qui d’appeler haut et fort (trop haut et trop fort, peut-être, pour être parfaitement sincère ?) au respect de la présomption d’innocence.

Qui, encore – écornant au passage, sans vergogne, la respectabilité, encore de mise à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, de l’un ou de l’autre des deux potentiels bourreaux ou victime – d’en appeler au complot international, à la mise en scène d’une « aventurière », ou, encore, à l’évidente culpabilité d’un « pervers patenté ».

En vérité, la meilleure posture, nous semble-t-il, est de se taire. Car, que savons-nous, factuellement, de la situation ? Un homme français de stature internationale a été incriminé par une jeune femme américaine, employée à l’hôtel Sofitel de New York, d’abus sexuels sur sa personne à l’occasion de son office. Point/barre.

Tout le reste – et ne serait-ce qu’en faire appel à des supputations, des pronostiques, à l’analyse chirurgicale des circonstances, à « l’historique » des protagonistes – est déjà un acte de dénigrement et de diffamation envers l’un ou l’autre des acteurs de cette triste affaire, car il implique un cheminement mental vers une hypothétique conclusion, qui, dans l’instant, échappe pourtant à tous.

La pudeur commande de laisser cheminer, en toute réserve et silence, les rouages policiers et la justice américaine, et de ne tirer de conclusions – si l’on souhaite en tirer – qu’une fois l’écheveau démêlé.

En revanche, face à ce cirque politico-médiatique, cette diarrhée de mots et d’images, ce déballage ordurier des uns sur les autres, ce manque absolu de retenue, il nous semble que les interrogations soulevées – et qui, pour le coup, sont de fond, et laisseront derrières elles, si non-résolues, de lourds stigmates – sont bien ailleurs.

S’il est un fait qui semble relativement établi – mais, sans jamais atteindre à la gravité de ce qu’il lui est actuellement reproché – c’est que DSK est un homme, et depuis fort longtemps, sujet à une sexualité compulsive et « border-line ». Cela semble être de notoriété publique dans le petit monde de la politique et de la presse, et appelle, évidemment, à un certain nombre d’interrogations :

Pourquoi nos brillants journalistes, habituellement si prompts à se présenter en donneurs de leçons, se sont-ils - et dans un bel ensemble – tus depuis toutes ces années ? Était-il acceptable, à leurs yeux, de laisser filer droit vers la présidence de notre beau pays et vers ses plus hautes responsabilités, un homme réputé dans le « sérail » pour son déséquilibre psychique ? Vont-ils – que DSK soit ou non reconnu responsable des faits qui lui sont actuellement reprochés – accepter la part de responsabilité qui est leur, de par leur silence complice, dans le risque potentiel qu’ils laissaient courir – par non-information ou rétention d’information – à toute une nation ? Va-t-on enfin réfléchir à cette regrettable tradition tout hexagonale, « la loi du silence » et « l’omerta » – domaine où la transparence médiatique américaine nous donne la leçon – dès l’instant que l’on touche à une personnalité du Pouvoir, ou pire, à des événements aussi tragiques que le nuage radioactif de Tchernobyl et ses milliers de mors français sub-conséquents, que la presse, inféodée, a pourtant aidé, de concert avec le politique, à s’arrêter à nos frontières ? Que dire, encore, du sang contaminé ? Du laboratoire Serbier ?…

Comment le Parti Socialiste – non moins au fait des perversions de son champion – a-t-il pu soutenir la candidature de DSK pour les présidentielles, et désiré placer à la tête de notre État, un homme à ce point (si l’on en croit les propos) pathologique ? En raison des meilleures chances de victoire qu’il représentait contre Nicolas Sarkozy ? Serait-ce alors, qui motive ce parti, l’obtention du Pouvoir, qu’importe l’individu et le prix de la conscience ?…

Également, même si l’on ne peut décemment pas reprocher à DSK de faire – une dernière fois ? – un « baroud d’honneur » par l’usage de son possible confort et étalage de sa fortune, au travers de « prisons » somptuaires, et qui, pour lui, seront – peut-être ? – l’antichambre de dizaines d’années « au placard », l’on doit légitimement se poser la question d’un Parti Socialiste, et de ses valeurs supposées populaires, qui se rangeait derrière un homme à l’évidence aussi éloigné – de par son mode de vie et sa fortune – de son électorat traditionnel. Là encore, qu’importe l’individu et ses convictions, pourvu qu’il y ait l’ivresse de la victoire ?

Nous aurions également, à l’occasion – si l’on ose dire – de ce fait-divers, aimé voir le pays s’engager dans des débats de fond salutaires, portant, notamment, sur le contraste, qui interpelle, entre la justice américaine et la nôtre, pour – peut-être ? – en tirer quelques leçons réformatrices envers notre poussiéreux système procédurier, qui date de Napoléon.

Nous sommes frappés – mais ce ne sont là que quelques pistes – de voir l’équité du système américain par rapport au nôtre :

Il est clair que « l’étiquette » du justiciable importe peu pour nos amis transatlantiques. Qu’il soit patron du FMI ou simple citoyen, il se retrouve sur un banc de commissariat, coincé entre un voleur d’autoradios et un couple en scène de ménage. Sommes-nous absolument certains qu’il en aurait été ainsi en France ? Que l’affaire DSK n’aurait pas été « étouffée » ou traité de manière « confidentielle », voire, si « confidentielle » qu’il n’y aurait – peut-être ? – plus eu d’affaire du tout ? Question…

Les droits de l’accusation et de la défense américaines sont strictement analogues ; procureurs et avocats se retrouvent, côte à côte, en bas, dans la « corbeille ». Il faut venir dans les tribunaux français pour découvrir un Procureur de la République (donc, l’accusation) haut perché à la droite du Bon-Dieu (le président du tribunal), tandis que l’avocat de la défense croupit avec son client au parterre. Cela implique, d’entrée sur les jurés, un ascendant moral – tout à fait anormal – de la présomption de culpabilité sur la présomption d’innocence, et un rapport de force injuste et déséquilibré au bénéfice de l’inculpation.

L’on donne, dernièrement, de grandes leçons aux Américains sur leur supposé irrespect médiatique de la présomption d’innocence (menottes de DSK, déballage télévisuel, etc.), tandis qu’ici, cette présomption d’innocence n’existe pas même dans nos prétoires…

Une justice américaine où la culture du « plaider coupable », outre sa vertu expiatoire toute anglicane, fait que 80% des inculpations ne vont pas jusqu’au procès, qui sont autant de désencombrement des tribunaux et d’économie pour le contribuable.

Une justice américaine où les peines sont additionnelles – jusqu’à sembler, parfois, confiner à l’absurde, comme de condamner un justiciable à plusieurs centaines d’années d’emprisonnement – mais qui a le grand mérite de reconnaître à chaque individualité, aussi nombreuses soient-elles, son statut de victime, son préjudice, et son droit à réparation, contrairement à la France où les peines « plafonnées » à la nature et non à la quantité de l’acte, renie ce droit.

Bien sûr, la justice américaine, c’est aussi la barbarie d’une peine de mort qui reste encore en application dans certains états. Mais, c’est également la « vraie » perpétuité, qui, contrairement à nous, ne relâche pas dans la nature, après un maximum de vingt-trois années non compressibles, ses délinquants les plus extrêmes et incurables, ouvrant la porte au nombre insupportable de récidives qui défrayent les chroniques. « Fausse perpétuité » à la française qui, au final, entretient de manière regrettable, au sein de notre société, le désir, pour certains, de revenir sur ce formidable acquis, ce pas vers l’humanisme et la grandeur d’un pays à savoir ne pas s’abaisser au niveau de ses bourreaux, qu’est « l’abolition ».

Nous finirons par une dernière remarque, tant la liste ne peut être exhaustive :

Dans ce cirque médiatique et judiciaire (et, cette observation vaut autant pour les États-Unis que pour la France), il apparaît clairement, pour sa défense, qu’il vaut mieux être célèbre et fortuné, qu’issu d’un ghetto misérable et d’une minorité ethnique. Lorsque l’on voit le différentiel des moyens mis en œuvre (stars du barreau, enquêteurs privés, millions distribués à profusion, pour DSK) face à l’indigence d’une simple femme de ménage de couleur, l’on est en droit de se demander si le rapport des forces est vraiment équitable, et si, au final, la « justice » l’est également pour tous ? La phrase de Jean de La Fontaine (sans mauvais jeux de mots) n’est-elle toujours pas, cruellement, d’actualité : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » ?…

A l’heure où vous lirez ces lignes, il est fort probable que nous saurons qui, de l’employée du Sofitel ou du patron du FMI, est la véritable victime de cette affaire, et nous pourrons, alors, faire le compte des positions par trop hâtives et opportunistes de certains, qui en dit davantage sur leur mentalité que sur une vérité non encore connue. Mais, d'ores et déjà, il est une autre victime de ce déballage médiatique éhonté, qui, selon nous, ne fera jamais la Une des journaux ; le droit, pour tout être, à ne pas être diffamé pour ce qu’il n’est pas (ou, pas encore). Bref, le sens moral.

Il y a tant d’autres questions sociétales, que l’affaire DSK soulève, mais nous laisserons la dernière – à nos yeux, la plus fondatrice – au doux et délicieux Jean d’Ormesson, reçu, il y a quelques soirs, dans une émission tardive : « Le Monde est déjà si brutal et si violent. Et si l’on cessait de jeter les gens en pâture aux chiens ? »…