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Nous rebondissons sur un article du souvent pertinent et toujours impertinent syndicat Alizé, reprenant lui-même un éditorial des « Chiennes de garde », les ex Laurent Ruquiettes :

Dans la catégorie  « violence et prostitution », La Meute (les chiennes de garde  a choisi la campagne de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, avec la tête chauve et souriante d’un homme ordinaire, le slogan « Je vois Céline tous les 15 jours et ça me fait un bien fou… », et la signature « Mon kiné… partenaire de ma santé durable ». Dévaloriser un métier en l’assimilant à la prostitution (cet homme « voit Céline », comme il pourrait aller « voir une prostituée ») fait de cet ordre professionnel peu soucieux de déontologie l’équivalent d’un proxénète.

Alors, Céline, kiné ou niké ?…

Dans le style médaille en nouille, publicité sexiste et avilissante, nous voilà donc bien rhabillé pour l’hiver. Nous mesurons aisément l’impact affligeant d’une telle campagne sur les populations et combien le regard de nos patients va devenir grivois et les mains baladeuses. Pourquoi pas, après tout, puisque même notre Ordre les y invite ?…

Merci, mon Renié, d’assurer si bien, avec ton équipe de déontologues aux manettes, la « promotion de la profession »…

Au royaume des « chauve qui peut »

 (Toute ressemblance ou projection fantasmée de cette publicité sur des personnes ou faits connus seraient purement fortuites et n’engagerait en aucun cas ni les idées ni les opinions des auteurs de cet article. Ou si peu).

Évidemment – même si la publicité « Céline » en prend tous les atours – nous n’imaginons pas une seconde que l’Ordre ait sciemment souhaité couper les jarrets de ses pairs.

Nous pensons davantage à empressement et à compromission.

Empressement, car l’Ordre se devait, afin de justifier de son racket annuel, de présenter enfin – après bientôt cinq années d’hibernation quasi cathartique – une feuille de route minimaliste et un semblant de « promotion » de la profession, l’une des principales missions (car autant oublier tout de suite la défense de nos prérogatives) pour laquelle il est mandaté.

L’incompétence du grizzli à peine dégivré au petit réveil printanier a fait le reste…

Compromission, car, référentiels obligent,  il n’était évidemment pas question, face à l’UNCAM, donc à l’État, et donc aux « senseurs », de faire démonstration d’une quelconque fringale en acte. L’air du temps ne s’y prête pas.

« Céline » se devait donc d’être une publicité incitative non motivante. Ou comment faire la promo de la kiné, mais pas à plus d’une séance par quinzaine, soit bien en deçà des réalités soignantes et nécessités de terrain, et donc de caresser dans le sens du poil les « référentiels » à venir et les politiques en place.

L’influence, aujourd’hui, d’une telle funeste publicité sur tous patients prenant ordinairement le bus en compagnie de Céline, c’est qu’ils imaginent qu’avec une ordonnance de dix séances, même pour une prothèse totale de genou compliquée d’une AND turgescente sur fond de staphylocoque doré, ils nous font un cadeau royal, et que s’ils ne galopent pas comme capucin à confesse après trois rencards, c’est que nous sommes des escrocs… 

A quand la « passe » à 10 euros?

A 15.30 euros la demi-heure, nous y trottons à grande crème.

Le véritable danger de cette pute-blicité, « Céline », n’est pourtant pas tant dans la trivialité de son slogan, ni même dans l’intention sexiste qu’elle colporte, ni encore dans l’image dégradante qu’elle donne de notre profession, mais dans ce qui transpire de la mentalité de l’Ordre des kinésithérapeutes – notre « supra syndicat ». Car qui, un tant soit peu lucide, peut encore contester aujourd’hui que l’Ordre est omnipotent, damnant le pion à tous collèges « signataires », tigres de pacotille aux rugissements de castrats, et aux « Ordres » ?…

Et, ce qu’il se dégage à l’évidence de ce « supra syndicat » est plutôt inquiétant, car faisant le lit – maladroitement ou sciemment ? – aux référentiels (qu’il a par ailleurs cosigné avec empressement auprès de la HAS et de l’UNCAM), est donc celui de la disette programmée en soins de masso-kinésithérapie.

La publicité « Céline », loin d’assurer la promotion de la profession, en est donc l’hallali.

Lorsque notre abêti de chauve (je parle, évidemment, de celui de la publicité) déclare voir Céline « une fois tous les 15 jours » et que cela « lui fait un bien fou », cela sous-entend que nous ne sommes plus des praticiens de santé s’adressant à de la pathologie simple ou complexe, mais des pourvoyeurs en bien-être charnel, accessoiristes du médical.

Quels patients en souffrance sauraient, raisonnablement, ressentir « un bien fou » avec une seule séance tous les 15 jours ? Nos scléroses en plaques ? Nos canaux lombaires étroits ? Nos PTH ?

« Céline » est, au mieux, une publicité maladroite, au pire, une publicité mensongère.

Renié, notre président déontologue – et donc le responsable en chef de cette campagne devant la profession – induit auprès du grand public, le plus simplement du monde, le principe des référentiels futurs comme une norme normative, confirmant en cela la collaboration tacite de l’Ordre avec l’UNCAM, ou, pour être plus pondéré, sa vassalisation.

NB : Rappelons pour mémoire que si l’Ordre a fait dernièrement sa grosse voix face aux dits référentiels, ce n’est pas sur leur principe (qu’il a, nous le rappelons, approuvé) mais du fait que l’UNCAM et la HAS se sont entendues derrière son dos et lui sont passés par-dessus l’épaule – pauvre Ordre qui se pensait au centre du Monde! – pour ratifier les cinq premiers sans son « aval consultatif ». « Aval consultatif » dont, de fait, les instances politiques se moquent éperdument.

Or, nous voyons bien comment, sous l’apparence d’une anodine dublicité, la boucle est bouclée, et l’Ordre « raccroche » ses wagons au train (de vie) de l’État…

Pour autant, et afin d’être juste, nous devons lui reconnaître une récente prise de recul sur sa gaufre rocambolesque, en l’existence d’un sondage en ligne (donc accessible à tous par Internet) où nous sommes invités, plébéiens, à enfin donner notre opinion sur « l’image » que nous souhaiterions faire transpirer de notre profession, donc de nous-mêmes. En espérant que cela ne soit pas un nouvel artifice démagogique, à quelques encablures du renouvellement par un tiers des sièges ordinaux.

Nous pensons cependant qu’avec les masses financières colossales que nous lui abandonnons chaque année par le biais de nos cotisations, l’Ordre devrait tout de même un jour songer à s’offrir (à nous offrir) les services d’un « communiquant ». Ce ne serait assurément pas un luxe… 

Ce qui se conçoit bien s’exprime clairement (et inversement) 

En finalité, à l’heure où toute une profession rêve d’émancipation, d’abolition de la DEP, d’accès aux soins de kinésithérapie en première intention, d’ordonnance non quantifiée, de reconnaissance technologique – bref, de jouer aux petits docteurs – nous imaginons volontiers la réaction de nos amis médecins si leur Ordre leur avait pondu une publicité « Céline » d’égale basse parturition. Cela aurait été l’indignation, le dégoût, l’émeute. Leur Ordre – et à raison – aurait été vitrifiée manu militari dans l’instant.

Nous mesurons ainsi quelle distance nous sépare encore de cela, de cette révolte légitime, de cette fierté d’appartenance, de ce sens de la dignité et de causalité à un métier que nous voudrions noble, et combien le chemin sera long encore pour s’extraire d’une fange paramédicale et subalterne qui nous colle aux bottes roturières. Nous comprenons comment le germe de notre involution est profondément inscrit dans notre propre mentalité.

D’autant que le mépris de nous-mêmes ne vient pas tant de l’État – et cette publicité de l’Ordre en est une patente démonstration – que de nos rangs…

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Référentiels
Référentiels
Mon petit doigt m’a dit…
mordillo_07

Référentiels.
Plus dur sera le chut !!!

Tout d’abord, lorsque j’ai décroché le téléphone, la voix était si suave, si sirupeuse, presque hypnotique, que j’ai pensé un instant qu’on essayait une énième fois de me refourguer un système d’alarme, des fenêtres en plexiglas, ou de nouveaux placements financiers pour payer moins d’impôts, ce qui correspond à peu près à 50% des appels quotidiens au cabinet - les mains dans la crème jusqu’aux yeux - et donc de mes jurons de charretier.

Que Nenni ! Il s’agissait d’une charmante dame patronnesse de la caisse primaire d’assurance maladie venue dispenser, hosties en pogne et grelot charismatique, la bonne parole et prendre lien avec mon cabinet afin de nous expliquer à quelle sauce anthropophage nous serons bientôt croqués par les référentiels-kinés (qui ne sont pourtant toujours pas au Journal Officiel), et combien nous devons nous estimer joyeux de devoir transformer nos prochaines vacances aux Antilles (si chaudes, si humides, si galvaudées) en camping-caravaning revigorant à Paimpol-les-trois-églises, flotte à 13°, téguments distaux bleus en plein cagnard d’août...

Hélas, pour cette gente émissaire des oukases gouvernementaux, s’il est un domaine en lequel Pollux domine à peu près son sujet et monte illico au filet pour un passing-shot, c’est bien celui des référentiels, du beau discours d’enfumage et des entourloupes de la HAS et de l’UNCAM.

Après onze années de non-réévaluation, d'irrévérences caractérisées de la Convention, de mépris patenté d’État envers la profession de masseur-kinésithérapeute, il faudrait être un brin naïfs pour croire encore que les CPAM nous veulent un quelconque bien, ou que les tisaneries de l’UNCAM aient à envier en quoi que ce soit aux suppositoires érigés en palabres glycérinés…

Pourtant, la problématique est d’une duplicité toute évangélique.

L’UNCAM et la HAS conduisent au pas de charge la profession vers toujours plus de devoirs (EBP, référentiels) et toujours moins de droits, sans jamais prendre en considération, en ce dossier, l’aspect revalorisation de nos honoraires.

Et lorsque, par erreur, l’on commence à s’accrocher et à comprendre par trop bien de quoi il relève en vérité, l’on nous sort illico son missile communiquant, en la personne de Monsieur Pierre Trudelle, notre ex-confrère et éminent physiothérapeute anglo-saxon de la HAS, et son l’article 32 518 alinéa 125 du Code ouzbek de la fameuse revue du « Donald & Mickey superior institut of enfumage therapie », in Serbo-Croate dans le texte, pour nous clouer le bec et rabattre notre gueux caquet.

Des colonnes de chiffre en langue de Shakespeare, c’est imparable…

Dame Sécu, rapidement consciente qu’elle ne parviendra pas à m’esbaudir ni à m'instruire de grand chose sur lesdits référentiels - outre le fait qu’ils deviennent à présent efficients et qu’à partir de maintenant il me faut envisager 30% d’activité de moins dans l’année - nous avons donc badiné plaisamment sur les sujets qui fâchent.

Quid des centres de rééducations et des cliniques du département (le 77, en l’occurrence) qui ouvrent, en toute illégalité et mépris des Conventions, de plus en plus large leurs portes à une clientèle extérieure ? A t-on conscience des « réseaux » (pour rester politiquement correct) chirurgiens/établissements de rééducation, dont le risque majeur est de vider les villes de son contenu de libéraux à bas prix et de produire à terme une kinésithérapie à dix fois son coût actuel ? Conçoit-on combien la « concurrence » est déséquilibrée entre structures financées par l’État - donc par l’argent de la collectivité - et les kinésithérapeutes particuliers qui se sont érigés à la seule force de leurs deniers ? A-t-on conscience du mur vers lequel ce genre de permissivité précipite la santé de ville, et de l’engagement tricheur des CPAM à prétendre vouloir endiguer ce phénomène ?

La réponse fut instructive : « Nous en avons conscience, certes, mais nous n’y pouvons rien… ».

Quid des ordonnances qui, depuis dix ans, devraient ne plus être ni quantitatives ni qualitatives, et de l’engagement de la CPAM à faire pression sur le médecin prescripteur afin qu’il en soit ainsi ?

La réponse fut non moins instructive…

Moyennant quoi, vite dépassée par la tournure de la conversation (sensée, de toute évidence, s’adresser à un parterre de béotiens candides et pétrifiés d’effroi face à l’aspect officiel de la démarche), Dame Sécu me propose de me rapprocher de la Commission Paritaire de mon département, les Dupond & Dupont de la représentativité organique. Je lui rétorque que, si cette Commission avait la moindre influence sur les décisions médicales locales, cela se saurait depuis longtemps, et que, quitte à m’adresser à un sonotone, autant que ce soit celui du bon Dieu qu’à celui de ses saints…

Dame patronnesse s’engage alors mordicus à m’obtenir un rdv avec le n°1 de la santé du département. La classe !

Je ne manquerai, évidemment pas, de vous tenir informé de cette séance de langue de bois.

Coup de coeur
images sade

Sade Adu
Un ange passe...

Je me suis levé tant de matins, près de dix ans en ma primo-jeunesse, auprès de Sade - entendons-nous bien, auprès de mon radio-CD entonnant du Sade - que cette femme, en quelque sorte, fait presque partie de ma vie, voir de celle de mes petites amies.

J’en connais même quelques-unes, dans ce couple à trois, qui lui aurait volontiers volé dans les plumes, juste histoire de détendre l’atmosphère et de remettre la balle au centre.

Et, voler dans les plumes d’un radio-réveil, après coup, ça ne rend pas bien malin…

Commencer une journée par du Sade, c’est bien mieux que par un coup de pied au cul. Pour vous en convaincre, faites l’expérience des deux.

Sade a la voix des hirondelles qui annoncent le printemps, le guano en moins sur la table de ping-pong.

Bon, je vous l’accorde, dix ans de printemps, ça peut commencer à peser lourd dans le cursus. Surtout celui des autres.

Sans être Proust ma chère, nous dirons que la beauté est toujours lointaine. C’est sans doute pourquoi, comme Albertine, Sade a disparu si longtemps de nos ondes - presque dix ans - pour revenir enfin nous susurrer dans le creux de l’oreille « Love deluxe ». Un slogan à s’y méprendre avec une marque de savonnette et l’achat prévisionnel d’un nouveau radio-CD…

Son dernier album « Soldier of love » est un pur condensé de guimauve qui vous coule à l’oreille. Si suave, si sucré, qu’à côté, un loukoum vous fait l’effet d’un flacon de gros sel « La baleine »…

Sade, anglo-nigériane, est ce genre de créature intemporelle que le nombre des années (surtout les nôtres) n’atteint pas. De « Diamond life » (1984) à « Soldier of love (2010), pas une ride d’altération, d’usure, de corrosion, ne vient bouleverser en neufs albums la logique d’une immortalité paisible.

Comme la madeleine dudit Proust, Sade est un bain de jouvence sans cesse renouvelé, mieux que la crème glossy-gloss de chez Garnier-Gloss à base de fœtus humains.

Avec 75 millions d'albums vendus, son groupe fait partie du top 100 des meilleures ventes d’albums dans le monde. Paradoxalement, Sade cultive la discrétion et n'apparaît que très peu à la une des journaux ou sur les écrans de télévision. Elle passe son temps avec ses amis, sa famille, son enfant, et se tient à l'écart du show-business.
La grande classe, quoi…

Normal, direz-vous, lorsque l’on sait que Sade signifie « couronnée de gloire ».

Anglo-nigérian d’origine moi-même à la centième génération, frétillant de l’hormone atavique à la moindre mesure de samba ou de soul, évidemment que je ne peux pas être totalement objectif en ce dossier. Mais le monde des gens objectifs insupporte.

Heureusement que l’objectivité n’est pas humaine, sans cela ce monde serait inhumain. Nous ne serions plus qu’une bande de zombis décérébrés, homogènes, marchant au pas de l’oie, le petit doigt collé à la couture du pantalon, des ovidés à équarrir et tout disposé (tiens, prenons un exemple au hasard) à cautionner l’EBP, les référenciels-kinés, et l’Ordre des kinésithérapeutes.

Rassurons-nous, assurément, je vous parle de choses qui ne peuvent pas nous arriver. Nous, kinésithérapeutes, nous avons bien trop de tempérament…

Sade, indiscutablement, devrait être remboursée par la Sécurité Sociale, ou, à minima, par les mutuelles. Et mon radio-CD, par mon assurance habitation tous risques…

Bio expresse :

Naissance le 16 janvier 1959 à Ibadan, au Nigeria de Bisi Adu, un Nigerian, et de Anne Hayes, une Britannique, sous le nom de Helen Folasade Adu.

Elle a 3 ans quand ses parents se séparent et que sa mère quitte le Nigeria avec ses deux enfants pour s'installer à Colchester (Essex) près de Londres. Elle est naturalisée britannique.

Sade est styliste, chanteuse/compositrice de musique et parole Soul/Jazzy, et ancien mannequin.

Fière de ses origines africaines, elle se passionne pour la musique afro-américaine. Ses idoles et ses influences artistiques et musicales sont Curtis Mayfield, Billie Holiday, Nina Simone, Al Green, Marvin Gaye et Aretha Franklin ...

Albums :

- Diamond life (1984)
- Promise (1985)
- Stronger than pride (1988)
- Love deluxe (1992)
- Remix deluxe (1992)
- The best of Sade (1994)
- Lovers rock (2000)
- Lovers live (2002)
- Soldier of love (2010)

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