Le Grand-Sacristain des hautes-agapes et son Ordre des acrobates Boursiers, en une poignante diatribe épistolaire, me firent presque venir (de rire) les larmes aux yeux. « Ils » se disent impuissants (forcément, lorsqu’on recrute sous Viagra) à mettre en place leur politique (tiens, ils en avaient une ?) car peu suivis par leur base (tiens, ils en avaient une ?).
Mais de quelle base parlent-t-ils donc, les grands flous ?
De celle, légitime, qu’ils n’ont jamais eue ?
De celle, des cœurs populaires, qu’ils n’ont jamais su gagner ?
Ou de leur piétaille des basses-provinces et leurs chenilles-ouvrières, les Comités Départementaux de l’Ordre qui, lassées d’assister des cuisines mendigotes au festin des goules pharisiennes, sont au bord de la crise de nerf et du surendettement ?
Pense-t-il soudainement, l’Ordre d’en haut – en un spasme habituellement plus Etatique qu’extatique – à ses petites-mains de l’ombre, ses ordonnés sans médaille, ses plâtriers du mur d’enceinte, sans qui rien de son édifice pontifical ne serait possible ? Va-nu-pieds de la besogne ingrate, passablement excédés que, d’agapes lutéciennes en orgies romaines, on ne leur jette en pâture qu’ossements de cotisations ordinales à ronger, budgets de piafs faméliques, trois stylos à bille et une imprimante du siècle dernier pour faire paraître leurs bulletins du CDO mensuels ?…
Car si l’Ordre Capital croule sous les fines dorures et les hospitalités mondaines, les rince-nez pince-doigts, que l’on y fait génocide de roteuses et d’œufs de kinésturgeons pelés, qu’on y débauche à grand coups de canapés la Veuve Coquelicot, il n’en est pas ainsi – et de loin – de ses succursales aborigènes, celles du désert ordino-rural et de ses des gueux faméliques, qui commencent dès le périph franchi…
Car Montrouge, pour l’Ordre Réaumurien, c’est déjà les sentiers escarpés du Haut-Atlas et la vallée des chèvres…
Evidemment – et cela est finement observé de la part de notre Haute Eminence de la Déontologie – qu’il y a un léger « divorce » entre CNO et CDO, entre les lambris ambrés des Bourses Reniétiennes et l’honnête roturier d’une quelconque filiale du terroir, manches retroussées, chienlit au front et langue baveuse pour coller les timbres de la prochaine A.G. où, de toutes les manières, trois ap-pelés et deux répondus viendront…
A Paris, ce sont les secrétaires qui sucent…
C’est un fait, et la littérature bloggesque en fourmille, qu’entre l’Ordre des mistigris-d’en-haut qui joue à chat-perché dès poltron-minet et celui des traîne-savates des landernau exotiques, il n’y a plus qu’un ressenti ; la mauvaise Ordeur…
Il y a, il y a toujours eu, un Ordre à deux vitesses.
Celui que l’on ne peut, abominable Ordre des neiges, anthropoïde des $ommets, justement qu’abominer, et celui où l’on ne sait que trop rire ou pleurer de tant de candeur complaisante.
L’Ordre des contrefacteurs et l’Ordre des postiers à vélo.
Celui des costards cintrés à l’italienne et celui des bleus de chauffe.
Celui de la Bourse – et qui en détient les cordons – et celui des basses-parturitions qui reluquent la leur, désespérément sèche comme après nuit d’amour au lupanar.
Car chez nos vicaires du Saint-Orifice aux passe-partout, pas un béotien ne tape dans la cassette de Cassandre. Enfin, pas un béotien de province, s’entend. Car, pour les autres, les prestidigitateurs aux doigts d’argent de la Rue Réaumur…
Mais nous en reparlerons en notre temps.
Forcément, les vocations ordinales sont aussi florissantes que poux sur la tête d’un chauve-qui-peut.
Mais, on n’est jamais trahi que par les chiens…
Les rai$on$ d’un divorce
Les choses, pourtant, n’arrivent jamais sans déraison.
Dans ce brouillard de l’esprit critique que l’on appelle l’ego, l’ascenseur social et l’ivresse des sommets, le con-dort d’un œil mais n’agit jamais sans déterminisme. Il s’analyse uniquement par populisme, s’accouple par esprit de coaptation aux plus puissants et afin que les grilles du palais ne branlent pas trop sous les coups de butoir des crèves la faim. Comme tout corps vivant, il a pour mission première celle d’assurer sa propre survie. Or, sa survie, n’appartient pas au populéum kiné – puisque tenue à l’écart de toutes incidences démocratiques un tant soit peu sincère – mais dans l’art de complaire au Pouvoir sans jamais trop soulever la nausée et les frondes plébéiennes. Car le Pouvoir, pour sa propre pérennité, abhorre par-dessous tout le trouble (cf. l’inénarrable procès de Toulouse).
L’Ordre ne gère pas, il digère…
Alors, en bon chauffeur de salles, on fait son numéro de claquettes. A défaut de ne rendre jamais la monnaie de notre pièce, on donne le change. On est l’Ordre des ménestrels et des funambules de haut-vole (nous ne parlons, évidemment toujours pas, de la fameuse cassette…).
Or, on ne peut pas indéfiniment produire de la monnaie simiesque sans qu’un jour cette primaterie n’éclate au grand jour dans sa triste vérité de singe nu.
L’Ordre, de sa brève mais déjà trop (pour être honnête) chaotique histoire, n’a que souvent donné le bâton pour se faire (a)battre et l’occasion à tous de le sou estimer.
Car, avant tout, l’Ordre d’en haut a un goût irrépressible de Prince Confort et de Pouvoir, afin de se pourvoir, qui ne peut échapper à personne d’un tant soit peu cotisant. Lorsque nos amis infirmiers paient un racket ordinal 75 euros, nos (pas toujours si) sages-femmes 170 euros, nos (parfois) prescripteurs – pourtant au double de notre chiffre d’affaire – 290 euros, et que le manouvrier-kiné aligne ses 280 sans blêmir, il est évident que les appétences de l’Ordre envers un certain enrichissement perfuse et entache irréversiblement sa respectabilité.
Difficile ensuite, tant le stigmate est fluorescent, de remonter la pente et de se faire passer pour Bernadette Sou-birous…
Nous ne parlerons pas même – car à ce point, il n’est plus temps de faire dans la virgule – de la manière dont l’argent, notre argent, est dépensé car, à un tel niveau de gabegie cotisante, il est évidemment vilement soldé.
Un coup d’état des syndicats « signataires » désireux d’y placer leurs pions et d’y conforter leur pouvoir, un hold-up brutal sur la conscience du professionnel et l’esprit corporatif, un funambule institutionnalisé sous couvert « d’irresponsabilités » déontologiques ; voilà bien ce qu’est l’Ordre parisien, en vérité. Une grossière mystification au profit de quelques coureurs de jupons versaillais…
Pas de quoi être vraiment groupie du cahier des charges.
Pourtant le métier, dans sa (courte) majorité, espérait un Ordre et n’aspirait qu’à une chose, à ce qu’on lui parle comme à un être normalement cérébré. Mais tel ne fut pas le cas, semble-t-il, et – pour le coup cette fois – c’est massivement, mais non sans fondement, qu’il rejette à présent cette « Ordre-là ».
Il eut fallut pourtant bien peu pour que l’on aimâsusse cet Ordre. Un peu de démocratie participative, un poil de sens de la communication, moins de lucre et de sucre, deux/trois ego surdimensionnés à la lourde, et une cotisation ordinale un tant soit peu honnête (et je dis bien honnête). Moyennant quoi, il est à supposer qu’une grande partie de la profession – et votre serviteur en premier – eut été pom-pom girl hystérique de cet « Ordre-là »…
Alors, à la lecture de vos navrants deux ans de mandat et de votre cécité abyssale, moi je dis ; un peu Court Monsieur Atier !…
Inévitablement, de tous nos vœux, nous appelons au prochain Pontife, pour ne pas dire Poncif. Mais, hélas, à la lecture des candidats en lisse et des urnes dûment trafiquotées, nous avons toutes raisons de penser que nous n’irons que de charybde en scylla…
N’est-il pas, Monsieur Aimes-nous ?…


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