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L’Ordre des kinésithérapeutes ne cesse de nous surprendre par sa fermentation phosphorique. Une vraie pétrolette à neurones coudés.

Certains dossiers – et c’est tout à son honneur – sont défendus par l’Ordre avec une certaine efficacité, comme le LMD. D’autres, par excès d’ébullition (ou de bulles ?) relèvent de la camisole de force, ou du delirium très mince. Les « aides-kinés », sortes de gros lapins sortis du chapeau, en témoignent au pied levé.

Le LMD (licence/master/doctorat universitaires en kinésithérapie), donc le super Rambo-kiné, n’est pas encore dans les bacs – tant s’en faut – que l’Ordre, toujours très avant-gardiste, envisage déjà la « délégation des tâches subalternes » à une sorte d’esclave sous-qualifié : l’aide-kiné.

Bien entendu, toute personne d’un tant soit peu raisonnable se dirait qu’il convient de ne pas atteler les bœufs avant Ben Hur, qu’il serait sage, afin d’éviter qu’il se colle le râtelier de guingois dans l’arène romaine, qu’il arrête son char et attende l’hyper qualification avérée – et dûment rémunérée de retour – de la profession pour moufeter oreille. Que les référentiels à venir vont taillader dur dans le lard professionnel et notre chiffre d’affaires, qu’une nouvelle subrogation et éparpillement aux quatre vents de notre décret de compétence incitent à la prudence, tout du moins à l’attentisme.

Cà, c’est la position cartésienne.

Pas pour l’Ordre.

Car l’Ordre est omniscient.

Car l’Ordre, sorte de Yoplait-la-petite-fleur, réinvente chaque jour l’avenir.

Cette « vision »  de l’aide-kiné est tellement hallucinée que même la FFMKR – pourtant pilier fondamentaliste de l’Ordre – marque son désaccord. Comprend-t-elle enfin que son professeur Barjot, dans ses expériences hybrides, a fait naître un Frankenstein, devenu à présent adulte et narcissique, qui bouffera tout le monde à la croque-au-sel sur son passage, maîtres y compris ?…

En réalité, « l’aide-kiné » n’a aucune sorte de résonance possible et imaginable dans le mode libéral. Que va-t-on lui déléguer ? La marche des canards qui font coin-coin en se tenant la main ? Ne passerons-nous pas plus de temps à lui expliquer par le menu ses faits et gestes qu’à le faire soi-même ? Une fois l’URSSAF, les charges sociales, les 35 heures, les congés payés, additionnés au bas de la fiche de salaire, sera-t-il vraiment, cet « aide-kiné », plus « rentable » qu’un assistant, pour autant qu’un assistant ait vocation à l’être ?

Évidemment non.

Sans oublier, fait indéniable, que se « déléguer », c’est aussi accepter, d’un point de vue juridique, les dégâts potentiels de ses sous-fifres…

De plus, référentiels obligent et à l’heure où 30% de gâteau à se partager va se volatiliser de la planète kiné, à couteaux tirés, est-ce judicieux de fractionner encore davantage notre bénéfice et de se mettre toujours plus en danger ?

Bref, « l’aide-kiné », c’est surtout une grosse galère administrative pour le plaisir hédoniste de se penser hissé d’un poil de col dans l’oligarchie médicale. Nous aurons enfin un « moins que nous » sur qui déverser notre bile de paramédicaux complexés…

« L’aide-kiné » ne prend son sens – et là est bien tout le danger – que dans le monde salarial, car toujours à la recherche d’un personnel sous-payé. Évidemment que, tôt ou tard, les cliniques, les centres de rééducations, les hôpitaux, vireront sans état d’âme les kinésithérapeutes qualifiés, supposés « surpayés », au bénéfice d’une sous-classe de « praticiens » tout au bas de la grille salariale. Des ersatz rémunérés en monnaie de singe.

Évidemment encore que l’Ordre, supposé faire la « promotion » de notre profession, prépare une fois de plus le linceul de sa confrérie.

Alors, moi, je pose la question : l’Ordre, après avoir ratifié auprès de l’UNCAM le principe délétère des référentiels (car, même s’il en fut tenu à l’écart par la suite, en primo-intention il en a accepté l’aspect « déontologique »), nous assommer chaque année de 280 euros de cotisations (de loin le rapt le plus formidable du paramédical), nous avoir ridiculisé avec une campagne sous abribus « Céline » (se faisant même épingler honteusement comme le slogan le plus sexiste de l’année), s’être fait gausser au nez par les esthéticiennes avec sa distinction épistémologique – et sans effet aucun sur la concurrence déloyale – entre « massage » et « modelage », joué de la « démocratie opaque » en un sondage de la profession auquel personne n’a répondu, voilà à présent qu’il souhaite dilapider nos compétences en « aides-kinés ». Mais, où va-t-il donc s’arrêter ?…

L’Ordre, à mon sens, n’est pas tant dangereux de part l’idée anti-démocratique qu’il véhicule ou ses gabegies financières, que dans sa volonté prégnante à vouloir devenir le maître d’œuvres (le premier syndicat ?) de la profession, à souhaiter bâtir sans cesse – pour justifier de son existence – des usines à gaz.

Mais comment en vouloir vraiment à une poignée d’ex-syndicalistes, frustrés par trente années de carriérisme non représentatif, de soirées « révolutionnaires » à trois tondus et deux pelés à la MGC de Quimper, à présent armés, par cabriole du sort, d’un arsenal de TNT, de ne pas désirer faire un baroud d’honneur et foutre le feu à toute une profession en une immolation commune et rigolarde ?

13 réponses à to “Aides-kinés, l’idée lum-hip!-neuse”

  • gourgues dit :

    Tout le monde a compris. Lorsqu’on ne peut pas rentabiliser,en délocalisant,c’est à dire trouver de la main d’oeuvre à bon marché,
    il reste la possibilité de créer et/ou péréniser des catégories,si j’ose dire: de sous-auxiliaires; sous-formés,sous-qualifiés,et bien sûr sous-payés.

  • audrey dit :

    Dans ce cas aux lieux de laisser la possibilité d’embaucher des sous-auxiliaire sous formés, sous-qualifiés et tous se qu’il vous plaira. Offrez leur une formation qui les valorisera, et évitera les débordements car les aides kiné sont sous l’ordre direct du kiné et donc la pour l’aidé, et en aucun cas pour remplacer le kiné… car je vous rassure, que se sois dans le publique ou dans le privé les kiné ne vous attendent pas pour embaucher des personnes sous qualifiés pour l’instalation des patients, l’entretient du materiel et l’aide aux exercices des patients et encore s’il ne sont pas chargés en plus du secrétariat. Alor tous vos grand mots à dire que ceci est abérant ne servent vraiment à rien, car cette situation existe déjà et se n’est pas en fesant l’autruche que cela s’arrangera bien au contraire. vous parlé de la dévalorisation de votre métier par la reconnaissance du métier d’aide kiné, mais que je sache les dentiste existe toujour alors qu’ils possédent des assistantes et qua m’a connaissance une assistante d’entaire n’a jamais tenu le rôle d’un dentiste…..
    Je pesen vraiment qu’il ne faut pas tous mélangé un kiné reste un kiné, un aide kiné reste une aide.

  • Pollux dit :

    Bonsoir audrey,

    Ce texte n’a aucunement vocation à s’élever contre le principe en soi de « l’aide-kiné », mais, à l’heure où nous ne savons encore rien des répercutions à venir des « référentiels » sur la profession, ou le LMD (licence/master/doctorat) est encore à l’état conceptuel, il nous semble un poil anticipé et dangereux de fragmenter toujours plus notre activité.

    Agissons par étapes, et asssurons nos arrière.

    Pollux

  • audrey dit :

    En réalité, « l’aide-kiné » n’a aucune sorte de résonance possible et imaginable dans le mode libéral. Que va-t-on lui déléguer ? La marche des canards qui font coin-coin en se tenant la main ? Ne passerons-nous pas plus de temps à lui expliquer par le menu ses faits et gestes qu’à le faire soi-même ? Une fois l’URSSAF, les charges sociales, les 35 heures, les congés payés, additionnés au bas de la fiche de salaire, sera-t-il vraiment, cet « aide-kiné », plus « rentable » qu’un assistant, pour autant qu’un assistant ait vocation à l’être ?

    Bref, « l’aide-kiné », c’est surtout une grosse galère administrative pour le plaisir hédoniste de se penser hissé d’un poil de col dans l’oligarchie médicale. Nous aurons enfin un « moins que nous » sur qui déverser notre bile de paramédicaux complexés…

    Désolé mais à mon sens rien que ces paragraphes en disent long.
    De plus, je sais de quoi je parle quand j’avance des propos tel que ceux dis plus haut.

    Et encore une foi l’aide kiné n’est pas la pour remplacer le kiné mais pour l’aider, il est sous ces ordres alors je ne voie en aucune manière qu’elle tord cela pourrai causer au métier de kiné, car ce sont vraiment deux chose plutôt distincte, car l’aide kiné ne masse pas, ne manipule pas, ne donne pas sont avis sur l’évolution d’une pathologie d’un patient.

    Alors désolé de réagir quand je lis ces paragraphes, surtout que ce métier existe déjà, mais c’est sur que de nommer des gens sous qualifiés arrange bien les centre de kiné et les hôpitaux qui les emplois. ( plus de patients, plus de chiffre d’affaire, plus de salaire) et la personne qui elle est déjà en poste d’aide kiné (qui en générale est déclaré comme secrétaire) est tous juste payé le smic, alors que ces personnes s’occupe de le préparation des salles de l’installation des patients (compresse + physiothérapie), l’entretient des machines, des exercices des patients, des déplacements des personnes, et comme je vous le signalé plus haut en général on les déclarent en secrétariat et se n’est pas pour rien vu que c personnes on souvent également en charge tout le secrétariat.

    Alors je comprend que vous vous inquiétez pour l’avenir de la profession de kiné, mais je ne peux laisser dire de tel chose, alors que le métier d’aide kiné ne demande à existé ni de se fais anticipés), car il existe déjà (et depuis fort longtemps), il demande juste à étre reconnu pour évité tous débordement potentiel et avoir un minimum de reconnaissance légale et financière.

    Mais nous entrons dans un autre sujet car vue sous cette angle la, sa n’arrangerai pas les centres de kiné et les hôpitaux qui y perdraient un peu financièrement parlant.

  • audrey dit :

    Alors je comprend que vous vous inquiétez pour l’avenir de la profession de kiné, mais je ne peux laisser dire de tel chose, alors que le métier d’aide kiné ne demande pas à existé ni à se faire anticipé,

    je rectifie ma phrase.

  • Pollux dit :

    C’est un avis que je respecte, audrey. Pour autant, entre le « toléré » marginal, et « l’institutionalisé » qui fera le lit des centres de rééducation/cliniques pour un kiné sous-payé, là est tout le danger, à mon sens. Ne pensez-vous pas? D’autant que, rien vraiment, n’urge en ce dossier…

    Pollux

  • KAGB dit :

    Bonjour à tous
    Je pense qu’au moment où une profession va très mal, instituer des « aides-kinés » est un signe de grand danger.Qui nous prouve que ce personnel bon marché ne sera pas le remplaçant du kiné à moyen terme ?
    Jusqu’à présent tout fonctionne bien sans aide kiné.
    Quel est le professionnel avec les revenus actuels qui peut se permettre de diminuer encore plus son salaire pour un aide kiné ? Celui qui magouille toute la journée avec dame sécu ??
    Ne nous trompons pas de direction, l’aide kiné est fait pour nous détourner des enjeux importants de notre profession.
    Avec les référentiels le kiné aura tout loisir d’être son propre aide kiné, sa femme de ménage et sa secrétaire….là est le véritable problème.

  • pierre dit :

    Que vous defendiez votre profession je le conçoit et vous approuve mais travaillant depuis plus de dix ans dans un service de reeducation hospitalier, il serait bien que l’on puisse au travers d’une formation faire valoir notre travail, en aucun cas il est question de prendre votre place (je n’en est pas la prétention)mais d’avoir un cadre d’activité clair serait utile, avec les bases qui s’y rattache, de toute façon le travail doit se faire sous délégation d’un MKDE et doit être présent et joignable a tous instants. Nous avons un role a jouer dans la décharge lors des marches d’entretien et autres….

  • Pollux dit :

    Merci Pierre,

    Tu es donc actuellement, en quelque sorte, un précurseur des « aides-kinés ». C’est toujours interressant d’avoir l’opinion de quelqu’un de « l’autre côté » de la barrière.

    Peux-t-on en savoir un peu plus?

    Quel est ton rôle exactement, aujourd’hui, auprès des kinés? Ton domaine de compétences?

    Quelle formation as-tu suivie? As-tu une formation « sur le tas » ou universitaire?

    A quel niveau de grille salariale es-tu embauché?

    Y a-t-il conflit d’intérêts, parfois, avec les kinés (chevauchement de compétences)?

    En toute sincérité, n’imagines-tu pas que l’embauche massive d’aides-kinés peut conduire l’administration, à terme, a dégrossir son rang de kinés?

    Ne vois aucun piège dans mes questions, juste le souhait d’en apprendre un peu plus.

    Cordialement.

    Pollux

  • pierre dit :

    ma formation de base est As puis IDE(pour des raisons diverses ne n’est pas souhaité le rester…)et formateur en ergomotricitré depuis plus de quinze ans ( dans mon établissement, en ifsi, ifen et boite privé)ma formation en reeducation a été effectué par ma collégue MKDE, je travaile donc sous sa délégation et une fiche de poste a été crée en collaboration avec les cadres se soins de suite, Ma MKDE et valdé par la cellule qualite de mon établissement. je suis donc avec mon collegue (on a la chance d’être deux) sur la grille indiciaire C et il n’y jamais de conflit de compétence avec des Kinés. l’embauche dans les établissement peut être une aide mais en aucun cas à dégrossir(les maigres…) rangs des kines dans les établissements, mais pour cela il serait bon qu’il existe une formation spécifique et une réglementation spécifiant que l’on travaille sous et uniquement sous délégation d’un kiné(dont la présence est effective dans l’établissement et joignable à tous instant)

  • pierre dit :

    mon rôle est de seconder le MKDE de travailler sous sa délégation, mon domaoine de compétence va de l’entretien de la marche a l’apprentissage des transferts( aucun gestes non délégables: massages kiné respi…..)

    ma formation de base est AS puis IDE( que j’ai peu exercer pour diverses raisons persos) formateur en ergomotricité (malade et charge) embauche en cat C

    du fait du travail sous délégation du MKDE il ne peut y avoir de conflit d’intérerts ( le MKDE doit être présent et joignable à tout moment) et je pense que l’on peut décharger le MKDE de certaines tâches dans le public et améliorer la prise en charge sans pour cela nuire a la profession mais une formation spécifique et encadrée serait la bien venue ne serait ce pour reconnaitre notre travail

  • vallee dit :

    bonsoir,je travaille depuis plus de dix huit années au sein d’un service de kiné ds le secteur public.
    permettez moi de réagir quand à la pseudo fonction « d’aide kiné^ »
    je n’ai pas le statut d’aide soignant j’ai celui d’agent de service .
    pour des raisons de restructuration du fonctionnement de notre service je ne vais plus chercher les patients dans les différents services de l’établissement.Maintenant je les accueille des leurs arrivées et ensuite je les oriente ou installe en fonction de la demande de mes collègues kinés.Je souhaite attirer votre attention,que je ne ferais aucun transfert fauteuil sur une table de soins, ou sur un plan de bobath,sans l’aval préalable du kiné responsable de ce patient!!!
    Dans le cadre de la formation continue j’ai effectué un stage de manutention des patients (au même titre que ce qui est proposé dans le cursus de l’école d’aide soignant).
    Maintenant au fil des années au coté de mes collègues kinés,je suis peut-être plus attentif quand à l’importance des appuis d’un patient que certains soignants dans les services.
    Selon les besoins j’accompagne les kinés à leurs demandes ,pour aider lors de verticalisation (premier levé ) exemple en service de réanimation.Les patients de ce service comme vous le savez, sont souvent très techniqués

  • eric dit :

    suite du 28 juillet :
    je gere toute la partie fangothérapie (préparation, entretien du matériel, commande ect..)reste au kiné le soin des applications.
    Dans le service je suis référent en hygiene hospitalière,je suis en quelques sortes l’intermédiaire entre l’équipe et l’équipe opérationnelle d’hygiène de l’établissement.
    tout cela pour dire que par la spécificité de se poste d’agent,une reconnaissance serait la bienvenue !!!

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Référentiels kinés : attention ! Un train (de mesures) peut en cacher un autre...

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« Invictus »
Tout le Monde est là ?

Fiche technique :

- Réalisation : Clint Eastwood.
- Scénario : Anthony Peckham, d'après le livre Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game that Made a Nation de John Carlin, traduit sous le titre Déjouer l'ennemi : Nelson Mandela et le jeu qui a sauvé une nation.
- Distribution : Warner Bros.
- Lieu de tournage : Afrique du Sud.
- Dates de sorties :
- Etats-Unis : 11 décembre 2009.
- France : 13 janvier 2010.
- Belgique : 13 janvier 2010.
- Durée : 02h12min
- Distribution : Morgan Freeman (Mandela), Matt Damon (François Pienaar).

Synopsis :

Fin des années 1990. Mandela, président de la République d’Afrique du Sud, ne sait plus comment taire les remous raciaux qui opposent, avec une égale violence, les deux communautés – noire et blanche – de son pays. Les noirs, après des décennies d’humiliation, de brutalité et d’injustice sociale, sont attirés par les muses de la vengeance. Les blancs, très minoritaires, sont effrayés par le renversement des rapports de force, et s’enferment dans une ghettoïsation ultraréactive. À tout moment, le pays peut basculer dans une guerre civile sanglante, mettant définitivement un terme à des années de lutte pacifique de Mandela contre l’apartheid.

Les noirs glorifient le football et exècrent le rugby, sport national de « l’oppresseur blanc ». Vint alors, à Mandela, le projet « fou » de réunir l’ensemble d’une nation bichrome derrière une seule couleur, celle du drapeau Springbok, et un seul objectif, celui de remporter la coupe du monde de rugby, qui se joue, cette année-là, en Afrique du Sud.

Mais, deux écueils - et non des moindres – veulent venir faire achopper ce projet : d’une part, les Springboks sont loin d’être l’équipe de classe internationale que nous connaissons aujourd’hui, et ses chances de remporter le championnat sont quasi-inexistantes, d’autre part, l’hostilité de la population noire à se fédérer derrière ce projet, à saluer et à soutenir une équipe, longtemps symbole du Pouvoir blanc, est presque insurmontable.

La rencontre entre deux hommes, Mandela et François Pinard, le capitaine « blanc » de l’équipe des Springboks, sera déterminante et fera basculer l’Histoire…

Notre avis :

Foin de grand discours moralisateur et culpabilisant sur l’apartheid et le Pouvoir blanc de la fin du siècle dernier, ni sur le racisme en l’Afrique du Sud. Pas d’images-chocs sur la misère (réelle) des taudis noirs de Soweto, ni sur la violence (non moins réelle) d’un système boer (en grande partie issue de la colonisation néerlandaise) hautement ségrégationniste.

Ce film n’est pas là pour régler les comptes.
Juste une démonstration, pudique et sobre, sur la manière dont deux hommes avec une vision commune – celle de l’Universalité des droits – vont bousculer l’Histoire.

Mandela, en raison de ses idées politiques, a été enfermé durant vingt-sept ans dans une geôle de moins de dix mètres carrés et condamné aux travaux forcés par un Pouvoir qui avait érigé en système moral et économique la suprématie d’une race sur une autre.

À sa sortie de prison en 1990 (sous la pression et l’embargo politique internationale contre l’État ségrégationniste de Pretoria) Mandela, loin de vouloir se venger de ces « visages pâles » qui lui ont volé - pour des idées - presque trois décennies de son existence, ni ne souhaitant davantage devenir l’icône naturel d’un mouvement noir enclin à la violence envers l’oppresseur, prône le pardon et la réconciliation de toute une Nation.

Nelson Mandela est sorti de son enfer carcéral et de son état de disgrâce, pour entrer, directement, en État de grâce, un de ces pouvoirs d’élévation de la conscience, à la Soljenitsyne ou à la Gandhi (qui fit ses premières armes d’humaniste – peu de gens s’en souviennent – en tant qu’avocat de la minorité indienne, également persécutée en Afrique du Sud), à laquelle bien peu d’hommes, qui hantent pourtant nos manuels d’Histoire, ont accès.

Morgan Freeman, plus Mandela que nature, éclaire l’écran de sa sobriété. Inspiré, investi, emprunt de modestie, nous sentons, à l’évidence, qu’il s’agit là, pour lui, du rôle d’une vie.

Matt Damon sonne juste et simple, comme toujours, en plus d’être beau gosse à vous filer des complexes.

Clint Eastwood (le réalisateur) nous offre un pur joyau. L’un des rares films qu’il nous a été donné de vouloir revisionner dès le générique de fin.

Les racistes ou les antiracistes n’y trouveront pas leur compte, dans cette oeuvre. Pas d’image de violence, pas de plaidoyer, ni discours lénifiants, encore moins d’apologies philanthropiques. L’homme des bois de l’Est nous conte, tant dans l’esprit (Mandela) que dans le muscle (François Pienaar), l’aventure d'humains « virils », dans le meilleur sens du terme. Des hommes qui ne se couchent ni en mêlée ni devant les fusils de l’oppresseur, ni – surtout – ne se résignent au fatalisme. Des hommes qui, après s’être tant castagnés, s’embrassent à la fin du match.

D’une image frugale et sans fard, sans guimauve sentimentale hollywoodienne, n’en faisant jamais trop, Eastwood cisèle tant l’Histoire que celle du petit monde du rugby. Et, nous ne pouvons que nous étonner que ce soit à un Nord-Américain (pays où ce sport est quasiment inconnu) qu’il revienne de transcender avec tant de brio le fameux précepte : « le football est un sport de gentlemen pratiqué par des brutes, le rugby un sport de brutes pratiqué par des gentlemen ».

Au terme de ce film, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur ce dont sont capables les hommes, dès qu’ils cessent d’être moins égotiques, pour savoir unir leurs forces autour d’une même bannière, plutôt que d’en faire des baillons.

Nous ne pensons, évidemment pas, à nos centrales - celles de la kinésithérapie - ni à leurs sempiternelles guerres claniques pour le Pouvoir. Moins encore à la sinistralité d’une profession, à laquelle vingt années d’apartheid syndical l’ont conduit…

Mais, ne désespérons pas, peut-être qu’un Mandela et un François Pinard feront un jour leur apparition dans le firmament de la kinésithérapie ?…

Bio express de Mandela :

Nelson Rolihlahla Mandela – « Madiba », de son nom tribal – est né le 18 juillet 1918 à Mvezo(Est de la province du Cap, Afrique du Sud). Il fut l'un des meneurs historiques de la lutte contre le système politique d'apartheid et président de la République d’Afrique du Sud, de1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non raciales de l'histoire du pays.
Nelson Mandela intègre l'African National Congress (ANC) en 1944, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale menée par celle-ci. Devenu avocat, il participe à la lutte non violente contre les lois de l'apartheid, qui commencent à être mises en place par le gouvernement du Parti national afrikaner, arrivé au pouvoir par les urnes en 1948. L'ANC est interdit en 1960, et, la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961, qui mène une campagne de sabotage contre des objectifs militaires. Arrêté par le gouvernement sud-africain avec l'appui de la CIA, il est condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité. Il devient une célébrité bénéficiant d'un soutien international, symbole de la lutte pour l'égalité raciale, notamment après les émeutes de Soweto, en juin 1976.
Après vingt-sept années de prison, Mandela est relâché le 11 février 1990, et soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit conjointement avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour leurs actions en faveur de la fin de l'apartheid et l'établissement d'une démocratie non raciale dans le pays.
Élu premier président noir d'Afrique du Sud en 1994, il continue avec succès la politique de réconciliation nationale. Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active.
Œuvrant depuis contre le sida, qui lui a pris un fils, il est aujourd'hui une personnalité mondialement écoutée au sujet des droits de l'homme.

A la Une
dsk

Télé-irréalité

Plus libidineux que « l’Ile de la tentation », plus énigmatique que « Secret story », plus people que « La ferme des célébrités », avec une fin, à prévoir, aussi rocambolesque et précipitée que « Carré viiip », le PAF nous a concocté notre petite guimauve de l’été, brassant son remugle de bas instincts et caressant le voyeurisme dans le sens du mauvais poil : « L’affaire DSK ».

Sous nos yeux hallucinés, nous découvrons « en live », instant après instant, sous les feux d’une caméra continue (à quand, dans la douche de DSK ?), l’entrechoquement des mondes, celui de notre conscience du réalisme, fracassé par la chute vertigineuse et parfaitement improbable – des sommets d’une future présidence hexagonale aux six mètres carrés d’une geôle outre-Atlantique – d’un homme. Ce n’est plus « Le déclin de l’empire américain », mais bel et bien celui du nôtre, tant cocardier que conceptuel.

La sidération passée (qui, une fois encore, fut, selon nous, davantage celle de la remise en question brutale de notre « échelle du probable » que celle de la possible perversion liée à tout homme), la basse-cour – et, parfois, la très basse-cour – politico-médiatique s’est mis en branle.

Les gens à l’âme grossière et injurieuse, au nom d’un populisme franchouillard du « on nous cache tout, on nous dit rien » furent, et sans surprise, aux créneaux, égaux à eux-mêmes.

Les calculateurs en stratégie politique ne le furent pas moins, qui de se couvrir d’une fausse pudeur de chaste nonne, mais ô combien jubilatoire, qui d’appeler haut et fort (trop haut et trop fort, peut-être, pour être parfaitement sincère ?) au respect de la présomption d’innocence.

Qui, encore – écornant au passage, sans vergogne, la respectabilité, encore de mise à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, de l’un ou de l’autre des deux potentiels bourreaux ou victime – d’en appeler au complot international, à la mise en scène d’une « aventurière », ou, encore, à l’évidente culpabilité d’un « pervers patenté ».

En vérité, la meilleure posture, nous semble-t-il, est de se taire. Car, que savons-nous, factuellement, de la situation ? Un homme français de stature internationale a été incriminé par une jeune femme américaine, employée à l’hôtel Sofitel de New York, d’abus sexuels sur sa personne à l’occasion de son office. Point/barre.

Tout le reste – et ne serait-ce qu’en faire appel à des supputations, des pronostiques, à l’analyse chirurgicale des circonstances, à « l’historique » des protagonistes – est déjà un acte de dénigrement et de diffamation envers l’un ou l’autre des acteurs de cette triste affaire, car il implique un cheminement mental vers une hypothétique conclusion, qui, dans l’instant, échappe pourtant à tous.

La pudeur commande de laisser cheminer, en toute réserve et silence, les rouages policiers et la justice américaine, et de ne tirer de conclusions – si l’on souhaite en tirer – qu’une fois l’écheveau démêlé.

En revanche, face à ce cirque politico-médiatique, cette diarrhée de mots et d’images, ce déballage ordurier des uns sur les autres, ce manque absolu de retenue, il nous semble que les interrogations soulevées – et qui, pour le coup, sont de fond, et laisseront derrières elles, si non-résolues, de lourds stigmates – sont bien ailleurs.

S’il est un fait qui semble relativement établi – mais, sans jamais atteindre à la gravité de ce qu’il lui est actuellement reproché – c’est que DSK est un homme, et depuis fort longtemps, sujet à une sexualité compulsive et « border-line ». Cela semble être de notoriété publique dans le petit monde de la politique et de la presse, et appelle, évidemment, à un certain nombre d’interrogations :

Pourquoi nos brillants journalistes, habituellement si prompts à se présenter en donneurs de leçons, se sont-ils - et dans un bel ensemble – tus depuis toutes ces années ? Était-il acceptable, à leurs yeux, de laisser filer droit vers la présidence de notre beau pays et vers ses plus hautes responsabilités, un homme réputé dans le « sérail » pour son déséquilibre psychique ? Vont-ils – que DSK soit ou non reconnu responsable des faits qui lui sont actuellement reprochés – accepter la part de responsabilité qui est leur, de par leur silence complice, dans le risque potentiel qu’ils laissaient courir – par non-information ou rétention d’information – à toute une nation ? Va-t-on enfin réfléchir à cette regrettable tradition tout hexagonale, « la loi du silence » et « l’omerta » – domaine où la transparence médiatique américaine nous donne la leçon – dès l’instant que l’on touche à une personnalité du Pouvoir, ou pire, à des événements aussi tragiques que le nuage radioactif de Tchernobyl et ses milliers de mors français sub-conséquents, que la presse, inféodée, a pourtant aidé, de concert avec le politique, à s’arrêter à nos frontières ? Que dire, encore, du sang contaminé ? Du laboratoire Serbier ?…

Comment le Parti Socialiste – non moins au fait des perversions de son champion – a-t-il pu soutenir la candidature de DSK pour les présidentielles, et désiré placer à la tête de notre État, un homme à ce point (si l’on en croit les propos) pathologique ? En raison des meilleures chances de victoire qu’il représentait contre Nicolas Sarkozy ? Serait-ce alors, qui motive ce parti, l’obtention du Pouvoir, qu’importe l’individu et le prix de la conscience ?…

Également, même si l’on ne peut décemment pas reprocher à DSK de faire – une dernière fois ? – un « baroud d’honneur » par l’usage de son possible confort et étalage de sa fortune, au travers de « prisons » somptuaires, et qui, pour lui, seront – peut-être ? – l’antichambre de dizaines d’années « au placard », l’on doit légitimement se poser la question d’un Parti Socialiste, et de ses valeurs supposées populaires, qui se rangeait derrière un homme à l’évidence aussi éloigné – de par son mode de vie et sa fortune – de son électorat traditionnel. Là encore, qu’importe l’individu et ses convictions, pourvu qu’il y ait l’ivresse de la victoire ?

Nous aurions également, à l’occasion – si l’on ose dire – de ce fait-divers, aimé voir le pays s’engager dans des débats de fond salutaires, portant, notamment, sur le contraste, qui interpelle, entre la justice américaine et la nôtre, pour – peut-être ? – en tirer quelques leçons réformatrices envers notre poussiéreux système procédurier, qui date de Napoléon.

Nous sommes frappés – mais ce ne sont là que quelques pistes – de voir l’équité du système américain par rapport au nôtre :

Il est clair que « l’étiquette » du justiciable importe peu pour nos amis transatlantiques. Qu’il soit patron du FMI ou simple citoyen, il se retrouve sur un banc de commissariat, coincé entre un voleur d’autoradios et un couple en scène de ménage. Sommes-nous absolument certains qu’il en aurait été ainsi en France ? Que l’affaire DSK n’aurait pas été « étouffée » ou traité de manière « confidentielle », voire, si « confidentielle » qu’il n’y aurait – peut-être ? – plus eu d’affaire du tout ? Question…

Les droits de l’accusation et de la défense américaines sont strictement analogues ; procureurs et avocats se retrouvent, côte à côte, en bas, dans la « corbeille ». Il faut venir dans les tribunaux français pour découvrir un Procureur de la République (donc, l’accusation) haut perché à la droite du Bon-Dieu (le président du tribunal), tandis que l’avocat de la défense croupit avec son client au parterre. Cela implique, d’entrée sur les jurés, un ascendant moral – tout à fait anormal – de la présomption de culpabilité sur la présomption d’innocence, et un rapport de force injuste et déséquilibré au bénéfice de l’inculpation.

L’on donne, dernièrement, de grandes leçons aux Américains sur leur supposé irrespect médiatique de la présomption d’innocence (menottes de DSK, déballage télévisuel, etc.), tandis qu’ici, cette présomption d’innocence n’existe pas même dans nos prétoires…

Une justice américaine où la culture du « plaider coupable », outre sa vertu expiatoire toute anglicane, fait que 80% des inculpations ne vont pas jusqu’au procès, qui sont autant de désencombrement des tribunaux et d’économie pour le contribuable.

Une justice américaine où les peines sont additionnelles – jusqu’à sembler, parfois, confiner à l’absurde, comme de condamner un justiciable à plusieurs centaines d’années d’emprisonnement – mais qui a le grand mérite de reconnaître à chaque individualité, aussi nombreuses soient-elles, son statut de victime, son préjudice, et son droit à réparation, contrairement à la France où les peines « plafonnées » à la nature et non à la quantité de l’acte, renie ce droit.

Bien sûr, la justice américaine, c’est aussi la barbarie d’une peine de mort qui reste encore en application dans certains états. Mais, c’est également la « vraie » perpétuité, qui, contrairement à nous, ne relâche pas dans la nature, après un maximum de vingt-trois années non compressibles, ses délinquants les plus extrêmes et incurables, ouvrant la porte au nombre insupportable de récidives qui défrayent les chroniques. « Fausse perpétuité » à la française qui, au final, entretient de manière regrettable, au sein de notre société, le désir, pour certains, de revenir sur ce formidable acquis, ce pas vers l’humanisme et la grandeur d’un pays à savoir ne pas s’abaisser au niveau de ses bourreaux, qu’est « l’abolition ».

Nous finirons par une dernière remarque, tant la liste ne peut être exhaustive :

Dans ce cirque médiatique et judiciaire (et, cette observation vaut autant pour les États-Unis que pour la France), il apparaît clairement, pour sa défense, qu’il vaut mieux être célèbre et fortuné, qu’issu d’un ghetto misérable et d’une minorité ethnique. Lorsque l’on voit le différentiel des moyens mis en œuvre (stars du barreau, enquêteurs privés, millions distribués à profusion, pour DSK) face à l’indigence d’une simple femme de ménage de couleur, l’on est en droit de se demander si le rapport des forces est vraiment équitable, et si, au final, la « justice » l’est également pour tous ? La phrase de Jean de La Fontaine (sans mauvais jeux de mots) n’est-elle toujours pas, cruellement, d’actualité : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » ?…

A l’heure où vous lirez ces lignes, il est fort probable que nous saurons qui, de l’employée du Sofitel ou du patron du FMI, est la véritable victime de cette affaire, et nous pourrons, alors, faire le compte des positions par trop hâtives et opportunistes de certains, qui en dit davantage sur leur mentalité que sur une vérité non encore connue. Mais, d'ores et déjà, il est une autre victime de ce déballage médiatique éhonté, qui, selon nous, ne fera jamais la Une des journaux ; le droit, pour tout être, à ne pas être diffamé pour ce qu’il n’est pas (ou, pas encore). Bref, le sens moral.

Il y a tant d’autres questions sociétales, que l’affaire DSK soulève, mais nous laisserons la dernière – à nos yeux, la plus fondatrice – au doux et délicieux Jean d’Ormesson, reçu, il y a quelques soirs, dans une émission tardive : « Le Monde est déjà si brutal et si violent. Et si l’on cessait de jeter les gens en pâture aux chiens ? »…