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	<title>Physioscope</title>
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	<description>La tribune libre de la kinesitherapie</description>
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		<title>Vacances, j&#8217;oublie tout&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2010 09:17:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pollux</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/vacances.jpg"><img class="size-full wp-image-1083 aligncenter" title="vacances" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/vacances.jpg" alt="" width="455" height="342" /></a></p>
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		<title>Il ne faut pas prendre les messies pour des lanternes&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Aug 2010 17:39:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pollux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[
La nature a horreur du vide. L’Ordre des kinésithérapeutes, comme le  prophète, est apparu dans un ciel syndical vide de sens et de substance.
Depuis vingt ans, l’imagination était au pourvoir…
Le cahot spirituel entraîne toujours &#8211; c’est un fait sociologique constant &#8211; l’avènement de nouveaux cul-tes, sa petite cohorte de prédicateurs hallucinés et de lèches cul-te. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/Impasse-26.jpg"><img class="size-full wp-image-1071   alignnone" title="Impasse 2" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/Impasse-26.jpg" alt="" width="530" height="343" /></a></p>
<p style="text-align: left;">La nature a horreur du vide. L’Ordre des kinésithérapeutes, comme le  prophète, est apparu dans un ciel syndical vide de sens et de substance.</p>
<p>Depuis vingt ans, l’imagination était au pourvoir…</p>
<p>Le cahot spirituel entraîne toujours &#8211; c’est un fait sociologique constant &#8211; l’avènement de nouveaux cul-tes, sa petite cohorte de prédicateurs hallucinés et de lèches cul-te. Sans parler des enculteurs de mouches.</p>
<p>Les païens cotisants, tétanisés par deux décades de traversée de désert syndical, se sont mis à adorer le Veau d’Or-dre.</p>
<p>Il faut dire que Moïse, le guide des petites équipées syndicales, faisait son lourd et tardait à descendre, avec de bonnes nouvelles, du mont Conventionnel. Le larron, bien au chaud dans son Tricostéryl à jetons de présence, prenait son temps pour conter bluettes à Dame UNCAM. Il baguenaudait de-ci de-là, tel le belon chinois cramponné au stylo signataire.</p>
<p>Une crise identitaire profonde frappait alors dans les rangs, déjà bien clairsemés, des tribus dites « représentatives ». Tribus qui, au fond, ne représentaient plus qu’elles-mêmes.</p>
<p>Moïse (qui n’était pas la moitié d’un œuf) comprit que, cette fois, il ne s’en tirerait plus par une pirouette épistolaire ou par quelques fadaises populistes. Afin de ne pas redescendre les sacoches vides, de redynamiser une foi contestataire un poil flageolante et de faire revenir dans la Bergeaurie les brebis cotisantes, il devenait donc urgent de sortir presto un lapin du chapeau. Par un éclair de génie, il fit donc graver les tables de la Loi. L’idée l’Ordre était née !</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/lapin-sorti-du-chapeau.jpg"><img class="size-full wp-image-1061  aligncenter" title="lapin sorti du chapeau" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/lapin-sorti-du-chapeau.jpg" alt="" width="375" height="344" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span id="more-1052"></span></p>
<h1 style="text-align: center;">Les conte$ de Pergeau</h1>
<p>Pour certains, de vocation syndicale sincère, l’Ordre serait la <em><strong>Pax Romana</strong></em>, une manière d’en finir avec les luttes fratricides FFMKR/SNOK, profondément dévastatrices, depuis des lustres, pour la profession. Une sorte d’union sacrée (un Union qui ne ferait pas pleurer, cette fois), de concept polarisant, où les ego claniques se désagrégeraient dans un grand tout qui les dépasse. Un peu comme, en son temps, l’idée de l’Europe pour le chancelier Kohl, et une Allemagne qu’il savait hégémonique envahissante, toujours prête à dégorger de ses frontières, si l’on ne sait lui offrir suffisamment d’espace pour égailler sa joie teutonne.</p>
<p>L’on y voyait aussi &#8211; sans doute &#8211; une sorte de vitrine honorifique pour la profession, partant du présupposé (pas tout à fait infondé) que tous les grands corps de métiers (avocats, architectes, médecins, etc.) présentent, dans leur grand ensemble, un Ordre (dont &#8211; pour la petite histoire &#8211; un nombre non négligeable finit de manière récurrente en correctionnel, pour corruption et détournement de fonds).</p>
<p>Mais, c’était oublier un peu vite qu’on a un Ordre, car on <em><strong>est </strong></em>une profession adulte. On ne devient pas adulte, <em><strong>parce </strong></em>qu’on a un Ordre. La profession, de toutes évidences, n’était pas suffisamment adulte pour avoir un Ordre adulte.</p>
<p>Pour d’autres &#8211; ceux justement à l’ego hypertrophié &#8211; l’Ordre serait un nouveau terrain de « je », plus vaste et plus puissant, répondant davantage à leurs besoins d’albatros, que des ailes de géants empêchent de marcher sur leurs frêles esquifs syndicaux.</p>
<p>De fait, éminemment commode et non négligeable, il ne devenait plus utile, dès lors, de faire la danse du ventre ni son numéro de claquettes syndicales pour attirer à soi le chaland cotisant puisque, avec l’Ordre, la cotisation devenait <strong><em>de facto</em></strong> obligatoire. On aurait donc &#8211; enfin ! &#8211; les moyens de sa politique, à défaut de la politique de ses moyens…</p>
<p>Bref, dans les centrales, du candide au calculateur, du coupeur de citron au vieux goupil dont les canines rayent les beaux parquets d’époque de la rue Réaumur, tout le monde y trouvait son conte, ou son compte, moral pour les premiers, sonnant et trébuchant pour les autres. La messe était dite, à l’avenir, l’on déposerait donc son petit missel syndical dans le jardin ordinal.</p>
<p>Pour autant, au-delà de cette belle ovation d’ensemble, personne n’a su anticiper que l’Ordre, devenu adulte (tout du moins de « taille adulte », car « adulte », nous ne pensons pas qu’il le sera un jour), ne répondrait nullement aux attentes escomptées, ni qu’il ferait un bras d’honneur à sa petite assemblée génitrice. </p>
<p>C’était une erreur de taille. L’Ordre, très rapidement, s’est mis à « rouler » pour lui et pour sa propre gamelle.</p>
<p>Gamelles qu’il ne fit, par ailleurs, qu’enchaîner :</p>
<p>Avènement au forceps, instauration à grands coups de pompe, d’une poignée de prélats issus des centrales dites « représentatives », dans le cul-te d’une profession qui, dans sa <em><strong>très grande majorité</strong></em>, l’honnit. Esprit consultatif, négociations, démocratie, s’abstenir, bien sûr. Bon sang ne saurait trahir, les Ordres ne relèvent-ils pas des derniers relents d’une loi vichyste ?</p>
<p>Cotisation honteuse. De loin la plus humiliante (pour l’Ordre) du corps para et médical, car tellement significative de sa vénalité ambiante.</p>
<p>Cinq années d’une gestation éléphantesque pour accoucher d’une souris famélique, le Code de Déconologie, pamphlet superfétatoire, conspué unanimement, car truffé de lieux communs que tout professionnel un brin sensé, de longs feux, s’avait appliquer d’instinct, sans qu&#8217;on ait à lui expliquer où il doit lever la patte.</p>
<p>Conflit fratricide et sans fin avec le monde salarié. Un antagonisme contre nature, tombé de nulle part, et dont nul &#8211; ni surtout pas la profession &#8211; n’avait besoin.</p>
<p>Procès malencontreux contre les « résistants de Toulouse », les non-inscrits à l’Ordre (ou, à mieux dire, les non-cotisants, puisque « l’argent » était bel et bien la problématique de fond). Vingt martyrs choisis au « presque hasard » pour être fusillés en place de Grève et faire exemple, afin que les foules sonnantes et trébuchantes se tiennent à Carreau. Procédés qui ne furent pas sans rappeler, une fois encore, une certaine ville thermale, que nous évoquions plus haut…</p>
<p>Prise de locaux somptuaires (600 mètres carrés près de la Bourse &#8211; plus près de toi Seigneur !) au loyer mensuel prohibitif de 43 500 euros pour le CNO, auxquels viennent s’ajouter, dernièrement (mais en foncier, cette fois), les 200 mètres carrés du XIVe arrondissement pour le CDO de Paris (comme s’il n’était pas possible de lui faire une petite place dans le hangar à diplodo-culs du CNO ?).</p>
<p>Publicité sexiste et dévalorisante pour la profession (Céline sous les abribus), particulièrement envers les femmes de notre métier, comparées indirectement à des péripatéticiennes.</p>
<p>Ratification « déontologique » du principe des référentiels. En vérité, nous ne voyons pas ce qu’il y a de « déontologique » à castrer le libre arbitre des praticiens, à demander l’arbitrage d’une instance financière, type UNCAM (supposée tellement plus morale ?), en partant du présupposé que le kinésithérapeute et son prescripteur sont des délinquants conventionnels patentés et qu’il convient de les « normaliser » à la schlague ?</p>
<p>Saisine du ministère de la Santé en lieu et place des syndicats (sans consultation aucune de ces derniers) pour la création de 50 000 postes d’aides-kinés, larbins sous-payés et corvéables à merci, supposés, à terme, nous remplacer dans le cœur en cochon-tirelire de l’UNCAM, des hôpitaux et des centres de rééducation. Aberration conceptuelle et fossoyage en règle de la profession, sur lesquels nous ne reviendrons pas, tant, à discourir du ridicule, nous nous refusons plus avant.</p>
<p>En finalité, loin d’être la « Pax Romana » ou la vitrine « honorifique » d’une profession, il apparaît donc que l’Ordre, en vérité, s’est avéré n’être qu’un charnier syndical &#8211; un de plus &#8211; où s’affrontent à l’arme lourde les ego claniques FFMKR/SNOK, l’incompétence débridée &#8211; puisqu’à présent sans contrôle aucun &#8211; de certains, le désir d’évanescence oligarchique de quelques autres (souvent les mêmes), pour le plus grand obscurantisme &#8211; qui n’y voyait pourtant déjà plus grand-chose &#8211; d’une profession, déjà genou à terre.</p>
<h1 style="text-align: center;">Y a-t-il encore un Pilate dans l’avion ? <a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/y-a-t-il-un-pilote-dans-l-avion.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1058" title="y-a-t-il-un-pilote-dans-l-avion" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/y-a-t-il-un-pilote-dans-l-avion.jpg" alt="" width="389" height="328" /></a></h1>
<p>Cette forme de démission des centrales dites « représentatives » (se délester de leurs responsabilités revendicatives sur l’Ordre, vécu comme un « supra-syndicat », n’est-il pas un aveu patent d’impuissance ?) ne se suffisait pas à elle-même : il fallait &#8211; afin de définitivement « s’en laver les mains » &#8211; trouver un autre concept, plus séduisant encore, afin de justifier de vingt années d’incurie signataires, d’impuissance à savoir mettre un quelconque frein aux blindés meurtriers d’État, ou de ne pas pouvoir obtenir la simple et naturelle préservation de notre pouvoir d’achat.</p>
<p>Car, s’il est un fait incontestable depuis deux décades, c’est que ni FFMKR ni SNOK ne savent emplir leur primo-mission, celle, finalement, pour laquelle ils sont élus : pérenniser à minima le niveau de vie d’une profession.</p>
<p>Moins 23% (à labeur égal) de pouvoir d’achat en onze années (ramenée à vingt-cinq ans, nous chutons sous les 40%). Quoi qu’ils s’en blanchissent incessamment, c’est le triste bilan de la « représentativité » FFMKR/SNOK…</p>
<p>Dans les esprits syndico-effervescents, la « culpabilité » du professionnel lambda envers son destin maudit commença donc à faire son chemin :</p>
<p>L’axiome : « Tu n’es pas réévalué depuis onze ans, car tu ne le mérites pas ! » était né.</p>
<p>Le corollaire de l’axiome : « Tu n’as qu’à te bouger les fesses, devenir plus performant, si tu veux que les choses changent et mériter ta pitance ! » n’allait pas tarder à suivre…</p>
<p>D’ex-membres de notre corporation (car devenus, depuis lors, de courageux physiothérapeutes anglo-saxons fuyant le navire franchouillard « kiné » en perdition), virevoltant comme les gais papillons de nuit autour des feux flagorneurs de la HAS (Haute Autorité de la Santé) ou des sociétés savantes (comme ils aiment à se les baptiser eux-mêmes), se sont faits les champions et les pédagogues de cette théorie imprécatrice et particulièrement offensante à notre égard. D’autant que leur propre vertu, à ces montreurs du nez, est loin d’être établie…</p>
<p>Dans cette brèche salutaire de la grande lessive déculpabilisante, du « c’est pas nous, c’est vous ! » se sont alors engouffrés, en rangs d’UNION, tous les petits Ponce Pilate des corpus syndicaux historiques. La farce était trop belle de pouvoir enfin se dégager de la pesette désastreuse de vingt années protestataires sous bromure.</p>
<p>La stagnation de notre lettre-clé ? La faute à votre incurie !</p>
<p>La rebuffade de notre statut social ? Du fait de votre incompétence !</p>
<p>Le gel absolu de tous dossiers traitant un tant soit peu de notre émancipation ? Idoine !… </p>
<p>Dès lors, il devint bien plus confortable de stigmatiser le professionnel, son incapacité à se mobiliser, à travailler autrement que comme un pourceau, d’avantage que d’introspecter un réseau syndical d’une incompétence deux fois décennale.</p>
<h1 style="text-align: center;">La kinésithérapie de deux mains</h1>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/singes-retouches-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1057" title="singes-retouches-2" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/singes-retouches-2.jpg" alt="" width="322" height="342" /></a></p>
<p>Elle sera cérébrale, ou ne sera pas &#8211; dixit.</p>
<p>Nous allons, par un glissement subtil des mentalités ambiantes, passer de l’état de « travailleurs manuels » à celui « d’intellectuels à vocation manuelle ».</p>
<p>C’est fin, très fin, çà se mange sans faim…</p>
<p>De ces personnes, nous ne remettons pas forcément en cause la sincérité (les chemins de l’enfer ne sont-ils pas pavés de bonnes intentions ?) mais la clairvoyance, proche du cyclope amblyope qui aurait chopé la cataracte. Nous avons également conscience que certains ont tout intérêt à pérenniser un système &#8211; aussi préjudiciable soit-il &#8211; afin de conserver leurs petits postes commissionnés et honorifiques. Il ne faut certainement pas s’attendre à ce qu’ils bouleversent, dans un vent de folie suicidaire, une donne qui leur sert la soupe courtisane et cotisante.</p>
<p>Gens d’élite, sans doute un brin amignonnés dans leurs ego superlatifs par les parfums entêtants de l’auto satisfecit, de « l’entre soi », celles des castes ou de l’ascenseur social, ils en oublient peu à peu leur extraction roturière paramédicale pour se penser au-delà de la nasse plébéienne, en joyeux paladins éthérés de la <strong><em>bonne parole</em></strong>.  </p>
<p>On ne parle plus &#8211; oh ! Le vil mot qui fleure bon la fange suante et usinant ! &#8211; d’argent et de revalorisation pour une profession exsangue, affamée par onze années de disette, mais de cabrioles spirituelles, d’intellectualisme suranné, vers un hypothétique « ailleurs » où le kinésithérapeute serait un petit Einstein paramédical BAC + 8 payé au salaire de laborantin BEPC. C’est « l’absolu » à la portée des caniches…</p>
<p>Bien entendu, dans cet univers d’idéocratie ploutocrate, l’on ne pense plus à la « plèbe ». Car, on est tant isolé, missionné, cautionné, rémunéré, auréolé, jetonisé, champagnisé, d’une commission à l’autre, que l’on n’a plus attache aucune, autre que conceptuelle et éthérée, avec la crème à masser, le patient pustuleux, les contraintes budgétaires d’un cabinet au bord de l’asphyxie, ou le salaire de mendigot d’un kiné hospitalier.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/Copie-de-5gdob02d1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1056" title="Copie de 5gdob02d" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/Copie-de-5gdob02d1.jpg" alt="" width="346" height="342" /></a></p>
<p>L’on vit dans sa tour d’ivoire doctrinale, gommant les réalités de terrain ; ces milliers de femmes et d’hommes qui se battent, au jour le jour, ne sachant plus que faire pour « fournir » encore, afin d’offrir à leur famille, à leurs enfants, un avenir décent, un cadre de vie agréable, des vacances respectables &#8211; juste retour de leur labeur ingrat aux heures interminables &#8211; sans devoir galvauder leur morale soignante et saccager en leur for intérieur &#8211; forcément en dégoût, tout du moins en conflit &#8211; leur probité soignante, pour y parvenir.</p>
<p>Car &#8211; et c’est bien cela qui nous est le plus pénible &#8211; dans cet appauvrissement progressif de notre vertu soignante, orchestré par un UNCAM soucieux d’économies budgétaires (attitude presque excusable en cette période de récession) et par la pusillanimité revendicative &#8211; afin de sauver leurs séants signataires et de rester les mignonnettes d’État &#8211; de nos deux syndicats dits « représentatifs » (ce qui, excusable, ne l’est plus du tout), c’est que ces consortiums d’intérêts éminemment privés, d’AGA, de formations continues, de mètres carrés parisiens, de donneurs d&#8217;ordres qui gagnent leur vie sur la bête cotisante sans n’avoir plus à toucher à un malade, ont altéré notre foi en nous-mêmes et en notre métier, faisant de nous, au quotidien, des délinquants conventionnels, pour espérer « s’en sortir ».</p>
<p>Nombreux sont ceux, parmi nous, qui, après dix ou vingt années de carrière respectable et morale au service de leurs patients, n’éprouvent plus aucune fierté, aujourd’hui, à aller au turbin et à devoir « abattre », comme bovins à l’abattoir, 25 patients/jour afin de pouvoir payer ric-rac leur EDF ou leur cotisation ordinale.</p>
<p>Mais, quel choix autre, à part celui de rester « vertueux » mais pauvre, et de devoir fermer son officine ?</p>
<p>Ventre affamé n’a pas d’oseille. Ordre ou sans Ordre, le fondement déontologique, en chacun de nous, se fissure, car par trop éloigné de nos réalités professionnelles.</p>
<p>Il se trouve toujours, bien sûr, d’un forum à l’autre, des pénitents de la première heure, des petites lavandières qui lavent plus blanc que blanc, pour donner leçon et nous expliquer que « nous gagnons bien notre vie, et que c’est honteux de se plaindre, même à 15 euros de la demi-heure ! ». L’on en rencontre même, de ces buandières vertueuses, défroquant sans vergogne notre déterminisme aux orties, pour légitimer des référentiels en tant « qu’outil statistique moral », en oubliant pieusement qu’une morale, nous autres, nous en avons peut-être une aussi…</p>
<p>Pour autant, nous doutons fortement que la vertu, à se vouloir à ce point rédemptrice et démonstrative, ne soit pas sœur du désir d’auto flagellation, ni que ces blancs cœurs, à vouloir toujours nous attirer vers le SMIC, n’aient pas davantage à voir avec l’épiscopat et la recherche du petit Jésus qu’avec le professionnel lucide. Ils pensent, sans doute, que de gagner soi-même une misère, ne pas être rémunéré à sa juste valeur, soignera mieux le patient ou empêchera l’Afrique de sombrer dans la famine et le Sida.</p>
<p>C’est ce que Stefan Zweig appelait la « pitié dangereuse ». Dangereuse surtout pour les autres, en vérité…</p>
<p>Pour la plus part d’entres-nous &#8211; nous voulons dire les thérapeutes en liens avec les réalités économiques d’un métier en perdition &#8211; en ce marasme des peintures du cabinet qui se défraîchissent, de l’appareil d’electro en panne qu’on ne peut plus remplacer faute de moyens, des patients en batterie comme poules pondeuses, l’Ordre, en notre morale malmenée, nous fait l’effet d’un cautère sur une jambe de bois. D’autant qu’il se pavane, lui, sans état d’âme, dans un luxe ostentatoire et plutôt malsain envers l’indigence exponentielle de la profession. Indigence dont tout démontre qu’il n’a cure…</p>
<p>En ce contexte délétère, cet Ordre, loin d’être vécu alors comme une planche de salut éthique, est conçu par (presque) tous comme un racket additionnel, une « danseuse » syndicale, un colifichet qui ne veut rien dire ni qui ne peut rien pour personne, si ce n’est alourdir toujours plus nos charges.</p>
<h1 style="text-align: center;">« Ici et maintenant »</h1>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/image-work-magritte_l_empire_des_lumieres_1954-5272-450-450.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1054" title="image-work-magritte_l_empire_des_lumieres_1954-5272-450-450" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/image-work-magritte_l_empire_des_lumieres_1954-5272-450-450.jpg" alt="" width="308" height="383" /></a></p>
<p>Il ne faut pas lâcher la proie pour l’ombre.</p>
<p>L’avenir « représentatif » d’un syndicat (pour autant, qu’avenir, il en subsiste un) ne saurait donc s’entendre &#8211; s’il veut rester en phase avec les problématiques quotidiennes de la profession &#8211; dans son unique adoration envers un Ordre gourou (confiteor d’opérette dont tout le monde se fout) ni dans celui de parier sans cesse sur la transmutation à venir du métier, LMD, EPP, aides-kinés, etc. (dont tout le monde se fout également), afin de « mériter » un jour notre sale air.</p>
<p>Notre sale air, nous le respirons à pleins poumons au jour le jour, chaque matin en tournant la clé dans la serrure de nos cabinets. Nous n’allons pas faire de l’apnée durant une olympiade, car on nous promet &#8211; postulat de travail s’il en est &#8211; qu’un jour il sera moins nauséabond ! </p>
<p>Il est surprenant, d’ailleurs, de voir combien nos représentants électifs semblent aimer si peu la kinésithérapie d’aujourd’hui, une profession pourtant d’extraction plus que canonique (1949) et issue de l’enseignement (dont ils n’ont pas à rougir) de nos maîtres, qu’il convient de toujours souhaiter la transfigurer en autre chose, un bidule plus alambiqué, plus clinquant &#8211; pour fuir, en quelque sorte, notre situation présente, vers les prairies aseptisées du « petit toubib » où l’herbe est supposée plus verte. Cette « lubie rédemptrice » est si prégnante qu’elle occupe à présent tout l’espace médiatique syndical, à défaut de le focaliser sur les tourments « de l’instant », c&#8217;est-à-dire sur une non-revalorisation devenue chronique, et particulièrement meurtrière.</p>
<p>Aimer sa profession c’est, avant tout, l’aimer « <em><strong>ici et maintenant</strong></em><span style="text-decoration: underline;"> </span>», et de savoir la préserver en l’État. Non pas de la conspuer sans cesse en vertu de ce qu’elle deviendra &#8211; peut-être ? &#8211; un jour.</p>
<h1 style="text-align: center;">Plaidoyer pour une profession « manuelle et paramédicale »</h1>
<p>Loin de vouloir castrer les élans novateurs des « beaux esprits », nous voudrions juste les recentrer en un débat pragmatique, afin que les encéphales en montgolfières perdent un peu de ce bel hélium qui les entraînent si haut, si loin de nous et de notre réalité usinant, pour un peu plus de terreau à bestiaux, celui du plancher des vaches où nous croupissons, spectateurs impuissants de leurs valses aériennes, et totalement vaines en tangibilité de tiroir-caisse.</p>
<p>Bien sûr, se projeter dans l’avenir, anticiper, inventer, fait partie du réseau créatif et prophylactique indispensable à l’adaptation d’un métier à une société en perpétuel mouvement. Pour autant, cela ne doit pas occulter ni faire oublier le <em><strong>présent</strong></em>, l’indigence de nos rémunérations, la difficulté journalière de tout un chacun à savoir rester encore un praticien « scrupuleux » face une crise financière et identitaire sans précédent, en troc d’idéogrammes prophétiques &#8211; véritables miroirs aux alouettes &#8211; pour un lendemain plus que chimérique.</p>
<p>A quoi cela servira-t-il de devenir tous des « docteurs en kinésithérapie » si, faute d’être correctement rétribués, il n’y a plus de vocations étudiantes, de cabinets de ville économiquement viables, et que l’on ne rencontrera plus dans les hôpitaux, les cliniques, les centres de rééducation, que des marchothérapeutes aides-kinés payés au lance-pierre où des petits Jésus aimant à se mortifier au sale air de crève-la-faim ?</p>
<p>Personnellement, je préfère être un manu aisé qu’un intellectuel pauvre. Et, en ce qui concerne la « condition sociale » et son petit apparat d’auto satisfecit pour soirées mondaines, croyez bien que sous le soleil des tropiques, un planteur à la main, j’oublie assez vite mon extraction roturière.</p>
<p>Plus de la moitié des avocats de la région parisienne vivent sous le SMIC. Je pense &#8211; vu de la Martinique où ils n’iront jamais &#8211; que cela leur fait une belle jambe de savoir qu’on les appelle « maître »…</p>
<p>Dans l’immédiat, à phosphorer ainsi à vide, à toujours détourner la problématique de sa véritable essence, la seule chose de concret que nous ayons obtenu, en deux décennies, c’est de transformer le vil plomb en Or-dre, une babiole parfaitement inopérante et particulièrement dispendieuse. Une verrue, en vérité, à la face déjà grimaçante de notre chiffre d’affaires.</p>
<p>Car, pour le reste, en onze ans de bilan syndical, c’est plutôt…</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/zéro-euro3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1053" title="zéro euro" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/zéro-euro3.jpg" alt="" width="313" height="319" /></a><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/08/zéro-euro2.jpg"></a></p>
<p>&#8230; la tête à Toto.</p>
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		<title>Tous sur la photo !</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 22:46:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pollux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[

L’ébullition phosphorique qui secoue le petit monde de la kinésithérapie, depuis un quinquennat, laisse songeur. 
D’un syndicat à l’autre, de l’Ordre aux sociétés savantes de la kinésithérapie, c’est l’escalade aux effets d’annonces, la course exaltée à celui qui édifiera le bidule abstrus le plus brinquebalant, l’usine à gaz la moins intelligible, le tapir à roulettes qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/changement-de-cap.jpg"></a></h1>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/Tous-sur-la-photo1.jpg"><img class="size-full wp-image-991  aligncenter" title="Tous sur la photo" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/Tous-sur-la-photo1.jpg" alt="" width="353" height="500" /></a></p>
<p>L’ébullition phosphorique qui secoue le petit monde de la kinésithérapie, depuis un quinquennat, laisse songeur. </p>
<p>D’un syndicat à l’autre, de l’Ordre aux sociétés savantes de la kinésithérapie, c’est l’escalade aux effets d’annonces, la course exaltée à celui qui édifiera le bidule abstrus le plus brinquebalant, l’usine à gaz la moins intelligible, le tapir à roulettes qui fait coin-coin lorsqu’on lui tire la queue, pour épater la galerie…</p>
<p>Ordre, EPP, LMD, aides-kiné… tout le petit gratin, tout ce qui porte galon, veut « en être ».</p>
<p>Comme si nous n’avions pas déjà suffisamment à faire avec les blindés d’État, la récession drastique en acte, les référentiels, la sectorisation à venir, le gel de nos honoraires depuis onze ans ?</p>
<p>Non, assurément.</p>
<p>Il faut jouer aux apprentis sorciers…</p>
<p>Avant, il y a vingt ans, les choses étaient simples. Nous étions fiers (et nous pouvions l’être) de notre profession et de nos compétences. Nous avions un bon diplôme, durement acquis, une formation de qualité, et nous ne nous posions aucune interrogation métaphysique sur le rôle social que nous jouions &#8211; puisqu’il était évident &#8211; donc sur notre avenir.</p>
<p>Les syndicats signataires de la Convention ne cherchaient pas midi à quatorze heures. La revendication était quasi monosyllabique, donc d’une grande percussion : la réévaluation régulière de nos honoraires. Les brutes marchaient, les intellos coupaient les citrons sur la touche. Point/barre.</p>
<p>Malgré l’absence du « haut débit » et de son Inter pas toujours très Net, le peuple kiné comprenait fort bien un discours syndical primitif et fonctionnel ; celui du beurre dans la gamelle aux épinards. On le mobilisait donc avec moins de difficultés. On faisait de belles manifestations.</p>
<p>A présent, à moins d’avoir fait nippon première langue, bien malin le praticien qui pipe quid à la notice. Se mobiliser ? Mais à quel propos ? Sur quel sujet ? Avec qui ?!?</p>
<p>Les manifestations,  aujourd’hui, ont tout de la congrégation des lépreux à crécelles qui vont passer dimanche aux fraises…</p>
<p style="text-align: center;"><span id="more-989"></span></p>
<p>Il y a vingt ans, on ne se syndiquait pas, car tout allait bien, donc on s’en balançait. L’AMM augmentait plaisamment et ordinairement. On se délestait moelleusement sur une bande de lascars qui, à grands coups de bourres-pifs fratricides, s’écharpaient joyeusement dans les MJC, chapi-chapeau de la Fédé ou du SN, mais, bon an mal an, savaient encore tenir la baraque à frites conventionnelle.</p>
<p>De nos jours, on se syndique encore moins, mais parce que l’on ne fait plus confiance à personne.</p>
<p>La profession, plus que jamais, plonge dans l’individualisme forcené. On ne croit plus à une sortie de crise collective ni à une solution « globale ». Il n’y a plus de leader charismatique ni d’institution de référence. Seule une bande d’augustes &#8211; dont plus personne n’est dupe &#8211; faisant la roue devant Sir Hâtier et son ascenseur social champagnisé…</p>
<p>On ne compte plus que sur ses propres ressources, et sa manière (certes de courte vue) d’être un délinquant conventionnel au quotidien, sans se faire pé-cho par les caisses. C’est l’empilage des actes, des dépassements d’honoraires, la compaction des patients, la grande valse des mémés à domicile, la marchothérapie pour tous et non hiérarchisée&#8230;</p>
<p>Seules les petite lavandières poursuivent, à l’acte individuel par demi-heure sans dépassement d’honoraires, leur petit chemin de croix. Elles, elles cherchent le petit Jésus dans la kinésithérapie, c’est autre chose. Respect gardé. On ne fait pas le même métier. Moi, je n’ai pas prononcé mes vœux.</p>
<p>La crise de notre profession est avant tout morale, puisque institutionnelle.</p>
<p>Nous ne souffrons pas tant du corps médical que de sa tête…</p>
<p>Entre Ordre et syndicats, seuls 10% « d’activistes » galopent encore comme des dératés derrière un pot aux roses qui toujours leur échappe. Une « vérité » que plus personne ne détient. Alors, on suit, bêlant, le bouc le plus burné, des fois qu’il ait &#8211; lui &#8211; un semblant de boussole…</p>
<p>C’est la grande pâmoison des complots de coursive. Pas un syndicat qui ne présente en son sein son petit Brutus.</p>
<p>On démissionne, on se missionne, on s’affectionne, on s’additionne. C’est la foire au carnet d’adresses.</p>
<p>Ils y ont cru à « leur » Ordre. Sincères, sûrement, pour beaucoup. Mais, ils se réveillent en une réalité douloureuse. Rêve cassé. L’aéronef de l&#8217;Ordre, arche de Noé supposée nous entraîner vers les terres fertiles, n’était qu’un ballon d’hélium dégonflé, oreilles de Mickey pendantes, à peine revenu de Disneyland…</p>
<p>La crise identitaire est absolue. Celle des vocations suivra.</p>
<p>L’Ordre devra bientôt recruter en Roumanie.</p>
<p>Et tout laisse à penser que les syndicats qui s’y cramponnent, aussi…</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>Certains font un lien entre avènement de l’Ordre des kinésithérapeutes et déliquescence de notre profession. Sans être totalement inexact, ce raccourci semble pourtant un poil empressé.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/Copie-de-mafia-guys.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-992" title="Copie de mafia-guys" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/Copie-de-mafia-guys.jpg" alt="" width="379" height="408" /></a>(photo non contractuelle)</p>
<p>L’Ordre n’a fait que précipiter (au sens électrolytique) un phénomène de complexification spéculative et idéologique, donc de participer à l’inhibition intellectuelle généralisée, en apportant au débat, non ses clartés, mais sa part d’obscurantisme ego centrée. Ce que d’autres (et nous pensons notamment à certains Pierrots tombés de la lune avec escale par la HAS) avaient, de longue date, anticipé.</p>
<p>L’Ordre, indiscutablement, ne serait-ce que par l’implosion syndicale dont il est directement responsable (nous pensons, évidemment, à la création du syndicat Alizé, mais également à l’émasculation revendicatrice de nos centrales historiques), ou encore par son besoin de créer sans cesse de nouvelles chimères d’avenir professionnel pour légitimer une existence plus que chicanée, a largement participé au phénomène de <em><strong>désagrégation identitaire</strong></em> de notre profession. Ce qui peut sembler être un comble, voire même être l’antithèse de sa mission première.</p>
<p>En vérité, le pouvoir décisionnel, en s’atomisant en une constellation d’électrons libres, en autant d’unités devenues autarciques et supposées purgatives (syndicats signataires, Ordre, HAS) a gagné en complexité, en blocage du système, ce qu’il a perdu en pragmatisme et en efficacité.</p>
<p>Mais, l’Ordre n’est pas le seul à avoir joué à Jo l’embrouille dans cette affaire, tant s’en faut…</p>
<h1 style="text-align: center;">Quand Eve-la-prude tacle grave Adam-le-tâcheron<a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/pomme.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-993" title="pomme" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/pomme.jpg" alt="" width="295" height="336" /></a></h1>
<p>Les kinésithérapeutes, qui vivaient plutôt bien (et à raison) de leur état professionnel dans les années 1980, à force d’être incessamment stigmatisés de l’intérieur par leurs propres « confrères », sont devenus, peu à peu, des névropathes complexés, persuadés d’être des délinquants médicaux de grand chemin. Ils « volent » sur la bête pathologique leur droit à respirer l’air frais des faubourgs et à nourrir honorablement leur famille.</p>
<p>Selon Tru-tru (l’homme qui n’a pas vu l’ombre d’un ours qui a vu l’ombre d’un patient, depuis dix ans, malgré ses « vacations » en phtisiologie) et sa clique d’affriolés de la HAS, nous serions tous des brigands sans foi ni loi, des incapables faisant notre lit sur la détresse humaine et sur la manne budgétaire.</p>
<p>Notre honte doit être si grande, l’induction coupable si lourde, le doigt pointeur si accusateur, qu’on nous propose même, comme à l’infâme reptile, de muer, en une sorte de purification cathartique, de notre chrysalide originelle de vils « kinésithérapeutes » en la désignation bien plus papillonnante de « physiothérapeutes »…</p>
<p>Certains intellectuels de la profession (et nous revenons à l’astre sélénite précédemment cité) ont introduit dans la profession, comme lombric dans la pomme, une théorie pernicieuse et tout à fait édifiante : celle que notre paupérisation progressive, le gel de nos honoraires, sont le fruit de notre <em><strong>incompétence</strong></em>, donc d’une logique économique implacable.</p>
<p>Selon eux, nous n’avons que ce que nous méritons.</p>
<p>Pour recouvrir les fastes du passé, il conviendra de démontrer, et de démontrer encore, et toujours, et sans fin, que nous allons devenir les Rambos sur formés du massouillage. Évaluation des pratiques professionnelles, formation continue obligatoire, cours d’anglais accélérés, etc.…</p>
<p>L’idée, en soi, n’est pas complètement dénuée de raison, au sens simiesque du terme.</p>
<p>Bien sûr, nous opposerons à ces luniens (mais, de si haut, sont-ils seulement en mesure de nous entendre ?) que si nous n’avions pas de « valeur intrinsèque » en parfaite adéquation avec l’exigence en soins de nos concitoyens, l’État n’aurait certainement pas à limiter <em><strong>artificiellement</strong></em> nos actes par le biais de « l’enveloppe globale » ou des « référentiels », ni de geler nos honoraires afin de noyauter en quantité et en qualité notre essor ?</p>
<p>Nous opposerons ensuite que notre « décrochage » du coût de la vie date des années 9o. Il serait donc plus que surprenant, qu’après bientôt cinquante années d’existence, justement ces années-là, subitement et irrémédiablement, nous aillions perdu toute compétence, comme par un coup de baguette magique de la fée Clochette ?…</p>
<p>Les intellos de la HAS, donc de l’Ordre, donc des syndicats dits représentatifs &#8211; blancs benêts et benêts blancs &#8211; se trompent joyeusement de cible. L’État n’a pas vraiment souci à ce que l’on améliore nos compétences &#8211; peut-être même qu’il le redoute ? &#8211; puisque sa seule préoccupation est financière : nous payer moins. </p>
<p>Pour autant, nous ne pouvons pas aller totalement contre l’idée, celle des Pierrots lunaires, qu’une profession de premier plan, sachant se rendre indispensable de par sa compétence avérée, a moins de chance de partir aux égouts avec l’eau de la grande vaisselle budgétaire.</p>
<p>Mais, n’étions-nous pas déjà une profession de premier plan ? Qu’y a-t-il de vraiment changé à part l’idée que l’on se fait de soi ? A part l’absence de syndicat pour la défendre, cette idée-là ? Ou du fait qu&#8217;une cohorte d’intellos, sans doute frustrés d’avoir loupé médecine, nous le font payer à bras raccourcis ?…</p>
<p>Bien sûr la formation continue, bien sûr le LMD, bien sûr encore que l’EPP, ou le vélocipède à betteraves, mais, dans notre chronologie évolutive, l’on ne peut pas faire l’impasse sur le fait &#8211; indéniable &#8211; qu’avant tout, les raisons d’État sont d’ordre (lapsus révélateur ?) pécuniaires, et qu’elles s’entrechoquent avec les nôtres, morales. </p>
<p>Car la morale est justement notre talon d&#8217;Achille, faiblesse sur laquelle surfent allégrement les banquiers d’Etat pour réussir leur coup (budgétaire). Combien de professions se laisseraient culpabiliser &#8211; manœuvrer &#8211; à leur faire croire qu’ils ne méritent pas leur salaire ? Qu’il faut qu’ils « démontrent » tant et plus qu’ils en sont dignes ? Les cheminots ? Les agents de la RATP ?…</p>
<p>Foutaise que tout cela.</p>
<p>Riche de ce constat, nous devons donc envisager avec la <strong><em>plus grande</em> <em>circonspection</em></strong> tous partenariats avec les institutions officielles (UNCAM, HAS, et, bien sûr, l’Ordre) particulièrement polarisées cochon-tirelire en ce dossier. À coup sûr, si l’on n’y prend garde, ils engrangeront notre sueur sans la payer de retour.</p>
<p>Voilà pourquoi, il importe de ne pas faire feu de tous bois, de ne pas empiler les dossiers théologiques, mais avancer de manière franciscaine.</p>
<p>Voilà pourquoi l’on ne peut pas aimer un syndicat, par trop copine comme cochonne, avec l’Ordre ou avec la HAS.</p>
<p>Voilà encore pourquoi, tout nouvel effort intellectuel ou factuel réclamé à une profession déjà exsangue suite à onze années de non-réévaluation, ne peut s’entendre qu’en un corollaire d’application immédiate : l’augmentation <em><strong>in petto</strong></em> de nos honoraires. Sans cela, il serait évident que l’on nous prend pour des pigeons à plumer…</p>
<p>L’EPP, c’est tant. Ou pas d’EPP.</p>
<p>Les référentiels, c’est tant. Ou pas de référentiel.</p>
<p>La sectorisation, c’est tant. Ou pas.</p>
<p>Le LMD, pareil.</p>
<p>On ne peut pas réclamer à son pâtissier une pièce montée en lui payant le prix d’une religieuse, à moins d’aller la chercher aux carmélites&#8230;</p>
<p>Nous reprendrons (une fois n’est pas coutume) les propos d’il y a quelques jours, et fort raisonnables, de notre chef de l’État, Nicolaï 1<sup>er </sup>: « Qu’est-ce donc que ce dégoût affiché de l’argent, que l’on rencontre dans certains milieux bien-pensants ? L’argent, ce serait laid ! Mais l’argent, ce n’est pas laid ! L’argent permet à tous citoyens d’améliorer ses conditions de vie, de progresser dans l’échelle sociale, d’offrir un meilleur avenir à sa famille, à ses enfants. Je me méfie autant des gens qui détestent l’argent que de ceux qui l’aiment trop ; dans les deux cas, c’est un rapport malsain à l’argent… ».</p>
<p>Alors là, je dis bravo !</p>
<h1 style="text-align: center;">Nicolaï, puisque tu nous y invites : changeons de cap ! </h1>
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/changement-de-cap1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-995" title="changement de cap" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/changement-de-cap1.jpg" alt="" width="506" height="362" /></a>Nous allons évoluer, vers le LMD ou vers autre chose d’aussi pieux, non pas <em>dans <strong>l’espoir</strong></em> de mieux gagner notre vie, mais parce que l’État va nous <em><strong>financer</strong></em>, pas à pas, pour y parvenir. Donnant-donnant. Parce que c’est un service que l’on rend aux malades et donc à la Nation, que de savoir apporter une plus grande compétence à la souffrance. Parce qu’il n’y a pas marqué « la poste » sur notre front. Parce que, pour nous aussi, c’est intellectuellement gratifiant, et que cela suit le cours évolutif des choses. Que notre métier est riche de sens et d’aptitudes, de techniques innovantes, et qu’il convient de savoir enfin les fédérer au sein d’une formation « diplômante » et qualifiante.</p>
<p>Nous ne nous engageons pas dans une telle réforme de la profession, la queue basse, parce que nous avons <em><strong>peur</strong></em> de notre avenir, mais parce que nous<em> <strong>aimons</strong></em><strong> </strong>notre avenir.</p>
<p>Nous n’avons pas à souscrire aux discours alarmistes &#8211; marche ou crève ! &#8211; de certains qui, en bons opportunistes, font leur lit sur l’angoisse et la morosité ambiante.</p>
<p>Nous allons procéder par étapes. Et, lorsque  &#8211; mais uniquement lorsque ! &#8211; chaque étape sera validée de manière sonnante et trébuchante, nous passerons à la suivante.</p>
<p>De gros chantiers nous attendent. Il serait suicidaire de les précipiter :</p>
<ul>
<li>Premier chantier (et le seul qui vaille, tant qu’il n’aboutira pas) : réclamer une augmentation<em> <strong>immédiate</strong></em> et <em><strong>sans contrepartie</strong></em> de nos honoraires. Car, après onze années de vaches maigres, il ne faut tout de même pas pousser mémère dans les orties !</li>
<li>Voyons, ensuite, ce que donneront les « référentiels ». Quel pourcentage d’activité allons-nous perdre sur les cinq ans à venir ? Combien d’entre-nous, au final, finiront à la benne ? Où l’Etat compte-t-il s’arrêter, si jamais il y compte ? Pouvons-nous encore nous opposer à ces référentiels ? Avons-nous des syndicats dignes de ce nom pour savoir le faire ?</li>
<li>L’ASV (avantage social retraite). Y a-t-il encore une possibilité &#8211; même infime &#8211; de se coaliser (par exemple avec les autres professions médicales ?) pour faire revenir l’État sur son hold-up inqualifiable ? Pour offrir à nos anciens (et à nous-mêmes) une retraite décente, celle que nous méritions, avant ce vol gouvernemental manifeste ?</li>
<li>Aidons l’Ordre des kinésithérapeutes à savoir enfin place trouver, ou bien, s’il poursuit d’y rechigner, de nous sucer la couenne, dissolvons-le pour mieux le rebâtir, sur des bases, cette fois-ci, saines, populaires, et démocratiques. Un Ordre qu’on aime !</li>
<li>Déclipsons les syndicats de l’Ordre. Ne cautionnons plus ceux qui s’y cramponnent. Afin de retrouver une force revendicative libre et crédible, qui n’a plus à satisfaire à l’Ordre, donc à l’État, mais aux souffrances de la profession.</li>
<li>En parallèle &#8211; et puisque rien ne l’interdit &#8211; préparons <em><strong>en douceur</strong></em> le LMD, avec la certitude d’un engagement <em><strong>paraphé</strong></em> de l’État : celui qu&#8217;à niveau de formation supérieure, rémunération supérieure. Donc, augmentation de nos honoraires et modification de la grille salariale, de manière appropriée et conséquente. Je rappelle, pour info, que dans la conception hospitalière, nous sommes toujours des « BAC + 2 ». Donc, de là à faire mousser un « master » &#8211; que dis-je ? Un doctorat ! &#8211; laissez-moi doucement sourire. L’exode de Moïse à travers la Mer Rouge, à côté, c’était un pique-nique… </li>
<li>Laissons de côté, au moins pour une décennie, le dossier des « aides-kinés », nouvelle danseuse ordinale. Attendons que sortent (si jamais ils sortent) les premiers contingents de LMDistes, afin de voir à quoi ressemblera alors le métier ? Que pourrons-nous véritablement déléguer ? Aurons-nous encore suffisamment de boulot (après le tremblement de terre des référentiels) pour nous-mêmes, avant que de l’éparpiller aux quatre vents ? N’avons-nous pas déjà été plus que généreux (et je reste poli) envers les STAPS, les ergos, les podologues, les esthéticiennes, etc., tous ces moineaux faméliques aux serres crochues contre lesquels l’Ordre ne sait nous défendre, et qui, peu à peu, nous démembrent ?…</li>
<li>Quant à l’évaluation de nos pratiques professionnelles (EPP, rebaptisée entre-temps EPB, puis je ne sais plus trop quoi) &#8211; inévitablement assortie à terme d’un volet coercitif et disciplinaire (Pierrot, il faut que tu cesses de nous prendre pour des décérébrés !) &#8211; l’on ne peut pas accepter cette nouvelle contrainte sans qu’elle soit liée<em> <strong>de facto</strong></em> à une augmentation tarifaire. Or, Pierrot, de l’augmentation tarifaire, il se fout. L’EPP, c’est sa marotte, sa grenouille en peluche. Tiens, il n’a même pas songé à la négocier, l’augmentation…</li>
<li>Il en est de même pour la future sectorisation et perte de notre liberté d’installation : pas de sucette, pas de signature. Et, il ne saurait s’agir, comme pour les infirmiers qui se sont fait flouer, d’une augmentation <em><strong>globale</strong></em> de notre lettre-clé (dont profiteraient encore nos vieux vermoulus, sans sortir la truffe de leur échoppe), car vite rattrapée par cinq années de « gel », mais d’une incitation financière régionalisée. Une frappe chirurgicale. Que l’on ne me répète pas que c’est, constitutionnellement, impossible ! J’en ai longuement parlé avec Monsieur numéro 1 de la santé de mon département ; ch’est pochible ! Seule la volonté politique est absente.</li>
</ul>
<p>Alors, messieurs, arrêtons donc de phosphorer à vide et de marquer contre notre camp. Faites donc comme dans la pub : plutôt que de tout changer, changez de lunettes !</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/elephant.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-996" title="elephant" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/elephant.jpg" alt="" width="300" height="400" /></a></p>
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		<title>Les Blues Broth’Ordre</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Jul 2010 08:51:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pollux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[
D’aussi loin que remontent nos écrits, nous l’avons toujours pronostiqué ; l’Ordre des kinésithérapeutes &#8211; tout du moins cet Ordre-là &#8211; loin d’être la locomotive de la profession, devrait, tôt ou tard, l’envoyer irrévocablement dans les décors.
Ce que nous ne savions pas alors, c’est que cela se ferait au pas de charge et avec la régularité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/bluesbrot1641.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-962" title="bluesbrot1641" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/bluesbrot1641.jpg" alt="" width="419" height="391" /></a></p>
<p>D’aussi loin que remontent nos écrits, nous l’avons toujours pronostiqué ; l’Ordre des kinésithérapeutes &#8211; tout du moins cet <em>Ordre-là</em> &#8211; loin d’être la locomotive de la profession, devrait, tôt ou tard, l’envoyer irrévocablement dans les décors.</p>
<p>Ce que nous ne savions pas alors, c’est que cela se ferait au pas de charge et avec la régularité du métronome.</p>
<p>Entendons-nous bien : nous ne parlons pas de la <em>très grande majorité</em> des élus ordinaux, petites fées du logis oeuvrant, de la base, de manière souvent méritoire et parfaitement bénévole au chevet de la profession, mais d’un quarteron, somme toute très compté, de Grands Ordinateurs en place, indéboulonnables du haut de leur pyramide oligarchique, à qui revient &#8211; et à eux seuls &#8211; la responsabilité de faire la pluie et le beau temps sur l’avenir de notre métier.</p>
<p>Car &#8211; et personne ne peut plus en douter &#8211; bureau du CNO (Ordre national), de la FFMKR et du SNMKR/OK (nos syndicats signataires de la Convention), ne font plus qu’un, en une fusion d’intérêts communs, sans plus rien de distinctif.</p>
<p>L’Ordre, aujourd’hui, est un cartel intouchable, car d’obédience et de protection rapprochée syndicales. </p>
<p>La base syndicale (à même titre que la base ordinale) assiste &#8211; impuissante &#8211; à la dérive progressive de leurs institutions réciproques vers l’autocratie confraternelle.</p>
<p>Pour autant, l’Ordre, selon nous, est loin d’avoir atteint sa maturité ploutocratique ni son plus grand pouvoir toxique sur la profession. Car l’Ordre, bien que parfaitement décentrée de sa mission première, n’en a cure. Que le « verrouillage » de la head-office sur la base est total. Seule une révolution de palais pourrait inverser le cours des choses, au plus grand bénéfice de notre profession.</p>
<p><span id="more-957"></span></p>
<h1 style="text-align: center;">Petite historique d’un coup d’État syndical</h1>
<p>Tout a commencé, il y a quatre ans, par un putsch joyeux et bon-enfant, une instauration à la schlague, des coups de pompes dans la tronche du grand tout professionnel amorphe (supposé être plus con que fraternel) d&#8217;une minorité de syndicalistes désireux (version officielle) d&#8217;être serviables et d&#8217;apporter leur petite pierre à l&#8217;édifice. On apprendra, par la suite, que les intentions étaient peut-être moins limpides, et qu’il s’agit en vérité d’assurer une retraite honorable, peut-être un poil champagnisée, à un groupuscule d’ayants droit en faim de carrière, issus des grandes centrales signataires de notre Convention.</p>
<p>Tout cela, bien sûr, sans le moindre esprit &#8211; ni surtout volonté d’esprit &#8211; consultatif. Des fois que la masse ait un cerveau et qu’elle prenne vent de l’entourloupe. Il est vrai qu’une loi vichyste, toujours en application et de validité constitutionnelle dans notre pays, autorise aux Ordres se genre de tour de passe-passe anti-démocratique.</p>
<p>Comme Mao, comme Staline, on allait faire le bonheur du peuple usinant (et cotisant) malgré lui. Et, pour pouvoir instaurer ce nouvel Éden, il fallait, comme il se doit, commencer par un petit génocide, histoire de faire place nette.</p>
<p>Puis vint le hold-up rigolard sur nos bourses &#8211; sans équivalant dans le médical &#8211; au service d’un délire de dépenses somptuaires (locaux ahurissants du CNO, indemnités scandaleuses, parties de champagne en l’air, etc.). Là encore, partagé entre dégoût et rigolade, le « peuple », servile et par trop habitué à se laver les mains de tout ce qui dépasse le seuil de son échoppe ego centrée et de sa calculette à AMK, n’a moufté mot…</p>
<p>L’Ordre, comme tout autocrate qui se respecte, a fait son lit sur le silence, l’indifférence, et l’absence totale de solidarité professionnelle.</p>
<p>La dictature des idées n’est que la forme cristallisée et supra-segmentaire de l’anarchisme individuel arrivé en son point ultime. En ce sens, l’Ordre n’est que le reflet « historiquement inéluctable » de ce que notre profession d’individualistes forcenés précipite depuis des décennies.</p>
<p>Puis, de nature hégémonique envahissante, l’Ordre, comme moule sous échalote, s’est mis à dégorger de ses frontières pour chasser, massue en bandoulière, sur les terres de ses frères syndicaux, leur volant la vedette et le mammouth signataire à tous propos.</p>
<p>Normal, direz-vous &#8211; pourquoi s’en priver ? &#8211; lorsque ces syndicats sont vos soubrettes, groupies faméliques collées à vos basques, et que votre unique fonction &#8211; celle que, bien entendu, l’on réfutera en jurant sur la Bible &#8211; c’est de recycler « sur recommandation » les plus fidèles et les plus corvéables du corpus.</p>
<p>L’on ne peut pas être juge et partie. Or, ceux qui, aujourd’hui, seraient en mesure d’arbitrer et de museler l’Ordre à sa juste valeur, n’ont d’aspirations secrètes qu’à bénéficier de son ascenseur social vers les hautes sphères juteuses et ses maisons de retraites bonifiées. Tout du moins à savoir, diplomatiquement, se taire pour ne pas compromettre sa carrière.</p>
<p>Autant dire qu’il n’y a pas d’opposition possible au fascisme idéologique ambiant, puisque tout le monde « en croque » ou « en tremble » dans un silence d’épiscopaux sous bromure face à leur camembert.</p>
<p>Bien sûr &#8211; réponse du berger à Bergeau &#8211; car en démocratie huilée il existe toujours un contre-balancier aux abus de certains &#8211; un syndicat anti-ordinal est né, Alizé. Mais il fut très simple à l’Ordre (car le rapport de force est loin d’être identique) de diaboliser ce nouveau syndicat, pour tenter de le marginaliser et de le faire taire.</p>
<p>Il est amusant, depuis, d’assister aux sempiternelles joutes épistolaires. Les uns (issus d’une organisation ordinale aux fondements démocratiques plus que douteux) traitant les autres (un syndicat d’extraction pourtant populaire) de poujadistes et de délinquants constitutionnels.</p>
<p>Bien sûr encore que l’Ordre, organisant statutairement le renouvellement par un tiers de ses membres, s’imagine à présent être d’extraction et de suffrage universel. C’est la politique du tyran en son pays, qui, après son coup d’état sanglant, parodie une élection « libre et populaire » afin de légitimer ses exactions et son culte de la personnalité.</p>
<p>Pour autant, personne n’est dupe : aucun renouvellement de l’Ordre n’en décramponnera les écornifleurs de la head-office. Même si l’on vide toute l’eau frelatée de l’aquarium ordinal, il resteront planqués dans la vase…</p>
<h1 style="text-align: center;">Toujours dans l’erreur, jamais dans le doute…</h1>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/pieuvre.jpg"><img class="size-full wp-image-959  aligncenter" title="pieuvre" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/pieuvre.jpg" alt="" width="372" height="406" /></a></p>
<p>Quel avenir pour la pieuvre ordinale ?</p>
<p>Nous n’imaginons pas que cette farce « constitutionnelle » puisse poursuivre sur ce pied vaudevillesque sans de lourds dégâts collatéraux.</p>
<p>Car l’Ordre, si rien ne change, va désagréger de manière irrévocable le peu de cohésion professionnelle et syndicale que nous possédions, fragilisant d’autant l’avenir d’un métier déjà en perdition.</p>
<p>Après avoir créé un schisme idéologique sans précédent dans la profession (les pros et les antis), avoir opposé artificiellement le gentil libéral cochon-payeur au vilain salarié râleur, voilà, à présent, que ses propres troupes fondamentalistes, FFMKR/UNION/OK, se vitrifient mutuellement au sein du sérail, se rejetant dos à dos la paternité de ce Frankenstein devenu à présent autarcique et incontrôlable.</p>
<p>La raison de leur ire ? « L’aide-kiné ». La FFMKR reprochant (fort justement) à l’Ordre (et donc au SN/OK qui le noyaute de longue date) de s’emparer d’un dossier de facture syndicale et d’imposer à la profession un avenir suicidaire, sans n&#8217;avoir consulté personne.</p>
<p>Mais, rassurons-nous, ce dossier n’est que prétexte à ouvrir un nouveau champ de bataille. Le divorce, depuis des décennies, est consommé de manière irrévocable entre ces syndicats fratricides.</p>
<p>L’ordre se devait d’être le « lien », « l’union sacrée », de nos forces réformatrices et revendicatives ; il n’en est rien. Ce n’est qu’un ring de boxe syndical où s’affrontent les poids-lourds, dits représentatifs, en lisse pour le stylo d’or signataire.</p>
<p>Pourtant, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que l’Ordre, sous sa forme actuelle, touche à sa fin. Car il est pris sous les faisceaux concordants d’une opposition devenu par trop prégnante et efficace :</p>
<ul>
<li>Une base populaire qui &#8211; très unanimement &#8211; ne l’a jamais aimé, le rejette, renâcle à sa cotisation honteuse et se gausse de toutes ses décisions. Or, l’histoire démontre que de régner par l&#8217;autoritarisme n’est pas un socle stable ni viable.</li>
<li>Une incompétence, une opacité (peut-être même quelques relents de corruption ?), et un goût de luxe dont plus personne ne peut douter. Les « affaires » vont donc, immanquablement, s’accumuler.</li>
<li>Un syndicat d’opposants fédérés &#8211; Alizé &#8211; particulièrement tenace, dont la popularité croît de jour en jour au coeur d&#8217;une profession excédée, car faisant son lit sur l’incohérence d’un Ordre qui additionne les bévues, les démonstrations d&#8217;autocratie, et qui ouvre volontiers le flanc à la critique.</li>
<li>Une implosion interne, par le détachement très probable, à terme, d’un des syndicats constitutifs de l’Ordre. Nous misons volontiers sur la Fédé, car incessamment flouée par un SN/OK goguenard, au sein du sérail.</li>
<li>Enfin &#8211; et c’est sans doute ce qu’il y a de plus dommageable &#8211; car l’Ordre, par ses frasques hégémoniques, polarise et divise les énergies syndicales, leur coupe les jarrets, et les détourne sans cesse des véritables dossiers de la profession, bien plus salutaires et cruciaux pour l’avenir .</li>
</ul>
<p>Mais, trop isolé dans sa funeste tour d’ivoire, nous ne pensons pas que le bureau du CNO soit capable d’anticiper clairement sa décadence, s’il ne fait pas, en un délai très bref, machine arrière, démonstration d’ouverture, de mesure et de bon sens. Tout cela, hélas, se finira probablement par une atomisation généralisée, dont le métier de kinésithérapeute sortira grand perdant&#8230;</p>
<h1 style="text-align: center;">Petite piqûre de rappel</h1>
<p>Nous rappelons, à toutes fins utiles, qu’un Ordre a pour uniques missions :</p>
<ul>
<li>D’enregistrer les diplômes</li>
<li>De régler les litiges juridiques intra et extra professionnels</li>
<li>D’édicter un Code de déontologie et de veiller à son application</li>
<li>De lutter contre l’exercice illégal de la profession et de nous en protéger (esthéticiennes, STAPS, etc.)</li>
<li>De participer au rayonnement du métier de kinésithérapeute.</li>
</ul>
<p>Or, d’échecs en déconvenues, de dérapages gargantuesques en gamelles retentissantes, une seule chose apparaît clairement aujourd’hui aux yeux de toute une profession, c’est que l’Ordre, loin de rassembler, divise, et qu&#8217;il n&#8217;existe que pour lui-même.</p>
<p>Mais, que pouvions-nous espérer d&#8217;autre ? L’Ordre des kinésithérapeutes s’est imposé par des baffes dans la tronche. Comment pouvons-nous attendre de lui qu’il devienne subitement romantique ? Aucun dictateur anthropophage n’a empalé de l’opposant en glaçon dans son frigo pour devenir, par la suite, un Mandela à l’humanisme épidermique.</p>
<p>L’Ordre &#8211; du moins cet <em>Ordre-là</em> &#8211; ne peut rien pour nous. Renié et son barbichu de diablotin sur l&#8217;épaule n’ont rien de nécessaire.</p>
<p>Nous vivions mieux avant eux.</p>
<p>C’est regrettable car, l’Ordre, ce n’était pas une mauvaise idée, avant que de devenir cela&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/big-brother.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-958" title="big brother" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/big-brother.jpg" alt="" width="355" height="353" /></a></p>
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		<item>
		<title>La solitude du coureur de fond</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jul 2010 19:34:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pollux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le syndrome d’épuisement professionnel ou burn out, est une maladie caractérisée par un ensemble de signes, de symptômes et de modifications du comportement en milieu professionnel. Des modifications morphologiques, fonctionnelles ou biochimiques de l’organisme du sujet atteint sont observées dans certains cas. Le diagnostic de cet état de fatigue classe cette maladie dans la catégorie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/corto-maltese.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-935" title="corto-maltese" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/corto-maltese.jpg" alt="" width="350" height="521" /></a></p>
<p><em>Le syndrome d’épuisement professionnel</em> ou <em>burn out</em>, est une maladie caractérisée par un ensemble de signes, de symptômes et de modifications du comportement en milieu professionnel. Des modifications morphologiques, fonctionnelles ou biochimiques de l’organisme du sujet atteint sont observées dans certains cas. Le diagnostic de cet état de fatigue classe cette maladie dans la catégorie des risques psychosociaux professionnels et comme étant consécutive à l’exposition à un stress permanent et prolongé. Ce syndrome est nommé <em>burn out syndrome</em> chez les anglophones, d’où l’expression de <em>burnout</em>,<strong><em> </em></strong><em>et Karoshi</em> (littéralement : « mort par excès de travail ») au Japon.</p>
<p>En 1969, le docteur Loretta Bradley est la première à désigner un stress particulier lié au travail sous le terme de <em>burnout</em>. Ce terme est repris en 1974 par le psychanalyste Herbert J. Freudengerger.</p>
<p>« En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte. »</p>
<p>Herbert J. Freudengerger</p>
<p>Pour ces premiers observateurs, le syndrome d’épuisement professionnel vise principalement les personnes dont l’activité professionnelle implique un engagement relationnel comme les travailleurs sociaux, les professions médicales, et les enseignants.</p>
<p>L’étude de ces catégories professionnelles a conduit ces chercheurs à considérer les confrontation répétées à la douleur ou à l’échec comme des causes déterminantes dans les cas de manifestation de ce syndrome d’épuisement professionnel. Il est, à l’époque des premières observations, conçu comme un syndrome psychologique spécifique aux professions « aidantes ». Cette notion a prévalu quelque temps et a marqué durablement la conceptualisation du phénomène et l’orientation des premiers travaux de recherche. Mais les connaissances accumulées depuis ces premières observations ont conduit à étendre les risques de manifestations d’un syndrome d’épuisement professionnel à l’ensemble des individus au travail, quelle que soit leur activité.</p>
<p>Dans cette conceptualisation du <em>burnout</em>, les facteurs individuels se voient attribuer un rôle important dans le développement du syndrome d’épuisement professionnel, car ce sont des individus engagés et dévoués à une cause qui sont frappés. Dans cette optique, le <em>burnout</em> est perçu comme la « maladie du battant ». En 1980, Freudenberger et Richelson le définissent ainsi :</p>
<p>« Un état de fatigue chronique, de dépression, et de frustration apporté par la dévotion à une cause, un mode de vie, ou une relation, qui échoue à produire les récompenses attendues et conduit en fin de compte à diminuer l’implication et l’accomplissement du travail. »</p>
<ul>
<li>Les différents symptômes rencontrés dans le <em>burnout</em> sont :
<ul>
<li>les douleurs généralisées</li>
<li>le manque d’attention</li>
<li>l’insomnie</li>
<li>l’irritabilité</li>
<li>l’impatience</li>
<li>l’épuisement physique et psychologique</li>
<li>l’épuisement émotionnel ou physique</li>
<li>la diminution de la productivité</li>
<li>la surdépersonnalisation</li>
<li>le manque de motivation pour se lever et aller travailler</li>
<li>chute de l’estime de soi</li>
<li>état de tristesse</li>
<li>Désespoir</li>
<li>anxiété.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>La dépersonnalisation représente la dimension interpersonnelle du syndrome d’épuisement professionnel. Elle renvoie au développement d’attitudes impersonnelles, détachées, négatives, cyniques, envers les personnes dont on  s’occupe. L’individu ne se sent plus concerné par son travail et dresse une barrière qui l’isole de ses clients et de ses collègues.</p>
<p>Cette attitude permet de s’adapter à l’effondrement de l’énergie et de la motivation. Les clients, les usagers, les patients, les élèves étant perçus sur un mode négatif, leurs demandes, leurs besoins apparaissent moins pressants, moins urgents à résoudre. Le terme de « dépersonnalisation » peut prêter à confusion vu qu’il désigne aussi l’état psychique où domine l’impression d’être étranger à soi-même. Le terme de « déshumanisation » aurait pu être choisi, mais sa connotation est évidemment trop extrême pour qu’il soit retenu.</p>
<p>Le manque ou la réduction de l’accomplissement personnel concerne à la fois la dévalorisation de son travail et de ses compétences, la croyance que les objectifs ne sont pas atteints, la diminution de l’estime de soi, et du sentiment d’auto-efficacité. La personne ne s’attribue aucune capacité à faire avancer les choses, convaincue de son inaptitude à répondre efficacement aux attentes de son entourage. L’accomplissement personnel représente la dimension auto-évaluative du syndrome d’épuisement professionnel.</p>
<p>L’épuisement émotionnel renvoie au manque d’énergie, au sentiment que les ressources émotionnelles sont épuisées. La personne est « vidée nerveusement » et a perdu tout son entrain ; elle n’est plus motivée par son travail qui devient dès lors une corvée. Elle ne réalise plus les tâches qu’elle effectue auparavant et en ressent frustrations et tensions. L’épuisement émotionnel est souvent lié au stress et à la dépression.</p>
<ul>
<li>Certaines personnes sont plus « à risque » que d’autres :
<ul>
<li>personnes ayant des idéaux de performance et de réussite</li>
<li>personnes liant l’estime de soi  à leurs performances professionnelles</li>
<li>personnes sans autre centre d’intérêt que leur travail</li>
<li>personnes se réfugiant dans leur travail et fuyant les autres aspects de leur vie.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p> </p>
<ul>
<li>Certaines professions sont plus « à risque » que d’autres, notamment celles :
<ul>
<li>à fortes sollicitations mentales, émotionnelles et affectives</li>
<li>à forte responsabilité notamment vis-à-vis d’autres personnes</li>
<li>où l’on cherche à atteindre des objectifs difficiles, voire impossibles</li>
<li>où il existe un fort déséquilibre entre les tâches à accomplir et les moyens mis en œuvre</li>
<li>où il existe une ambiguïté ou un conflit de rôles.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<p>Au niveau de la vie privée :</p>
<p>Les effets du syndrome d’épuisement professionnel débordent sur la vie privée. Contredisant l’idée que travail et vie privée sont des sphères séparées et autonomes, ce syndrome a des répercussions sur la sphère familiale et plus généralement sociale. Dans ses premiers comptes-rendus d’observation, Christina Maslach note que le syndrome d’épuisement professionnel engendre des divorces. Ceux atteints d’épuisement professionnel tendent à s’isoler de leurs amis.</p>
<p>Au niveau du travail :</p>
<p>Le syndrome d’épuisement professionnel contribue à augmenter l’insatisfaction au travail et à diminuer l’engagement. Des études longitudinales révèlent que les personnes atteintes d’épuisement professionnel sont moins impliquées et ont davantage l’intention de quitter leurs emplois que les autres. Chez des enseignants suivis plusieurs mois, l’épuisement émotionnel mesuré par le MBI prédit non seulement les intentions de quitter le travail, mais aussi le fait de le quitter effectivement.</p>
<p>Le syndrome d’épuisement professionnel contribue à la détérioration des relations entre collègues, mais aussi avec les clients, élèves et patients. Les médecins à l’épuisement professionnel élevé répondent moins aux questions des patients, les négligent davantage (ils ne discutent pas des différentes options de traitement par exemple), et commettent des erreurs qu’on ne peut attribuer à leurs manques de connaissances ou d’expérience.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p>En un maux comme en cent, chers consœurs et confrères, si vous avez supporté ce verbiage indigeste et lu jusqu’à cette ligne, ce n’est peut-être pas totalement un hasard…</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/sport-ete.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-936" title="sport-ete" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/07/sport-ete.jpg" alt="" width="499" height="401" /></a></p>
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		</item>
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		<title>Aides-kinés, l&#8217;idée lum-hip!-neuse</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 09:55:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pollux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[
L’Ordre des kinésithérapeutes ne cesse de nous surprendre par sa fermentation phosphorique. Une vraie pétrolette à neurones coudés.
Certains dossiers &#8211; et c’est tout à son honneur &#8211; sont défendus par l’Ordre avec une certaine efficacité, comme le LMD. D’autres, par excès d’ébullition (ou de bulles ?) relèvent de la camisole de force, ou du delirium très [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/MartiensGoHome1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-922" title="MartiensGoHome" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/MartiensGoHome1.jpg" alt="" width="243" height="401" /></a></p>
<p>L’Ordre des kinésithérapeutes ne cesse de nous surprendre par sa fermentation phosphorique. Une vraie pétrolette à neurones coudés.</p>
<p>Certains dossiers &#8211; et c’est tout à son honneur &#8211; sont défendus par l’Ordre avec une certaine efficacité, comme le LMD. D’autres, par excès d’ébullition (ou de bulles ?) relèvent de la camisole de force, ou du delirium très mince. Les « aides-kinés », sortes de gros lapins sortis du chapeau, en témoignent au pied levé.</p>
<p>Le LMD (licence/master/doctorat universitaires en kinésithérapie), donc le super Rambo-kiné, n’est pas encore dans les bacs &#8211; tant s&#8217;en faut &#8211; que l’Ordre, toujours très avant-gardiste, envisage déjà la « délégation des tâches subalternes » à une sorte d’esclave sous-qualifié : l’aide-kiné.</p>
<p>Bien entendu, toute personne d’un tant soit peu raisonnable se dirait qu’il convient de ne pas atteler les bœufs avant Ben Hur, qu’il serait sage, afin d’éviter qu’il se colle le râtelier de guingois dans l’arène romaine, qu’il arrête son char et attende l’hyper qualification avérée &#8211; et dûment rémunérée de retour &#8211; de la profession pour moufeter oreille. Que les référentiels à venir vont taillader dur dans le lard professionnel et notre chiffre d’affaires, qu’une nouvelle subrogation et éparpillement aux quatre vents de notre décret de compétence incitent à la prudence, tout du moins à l’attentisme.</p>
<p>Cà, c’est la position cartésienne.</p>
<p>Pas pour l’Ordre.</p>
<p>Car l’Ordre est omniscient.</p>
<p>Car l’Ordre, sorte de Yoplait-la-petite-fleur, réinvente chaque jour l’avenir.</p>
<p>Cette « vision »  de l’aide-kiné est tellement hallucinée que même la FFMKR &#8211; pourtant pilier fondamentaliste de l’Ordre &#8211; marque son désaccord. Comprend-t-elle enfin que son professeur Barjot, dans ses expériences hybrides, a fait naître un Frankenstein, devenu à présent adulte et narcissique, qui bouffera tout le monde à la croque-au-sel sur son passage, maîtres y compris ?…</p>
<p>En réalité, « l’aide-kiné » n’a aucune sorte de résonance possible et imaginable dans le mode libéral. Que va-t-on lui déléguer ? La marche des canards qui font coin-coin en se tenant la main ? Ne passerons-nous pas plus de temps à lui expliquer par le menu ses faits et gestes qu’à le faire soi-même ? Une fois l’URSSAF, les charges sociales, les 35 heures, les congés payés, additionnés au bas de la fiche de salaire, sera-t-il vraiment, cet « aide-kiné », plus « rentable » qu’un assistant, pour autant qu’un assistant ait vocation à l’être ?</p>
<p>Évidemment non.</p>
<p>Sans oublier, fait indéniable, que se « déléguer », c’est aussi accepter, d’un point de vue juridique, les dégâts potentiels de ses sous-fifres…</p>
<p>De plus, référentiels obligent et à l’heure où 30% de gâteau à se partager va se volatiliser de la planète kiné, à couteaux tirés, est-ce judicieux de fractionner encore davantage notre bénéfice et de se mettre toujours plus en danger ?</p>
<p>Bref, « l’aide-kiné », c’est surtout une grosse galère administrative pour le plaisir hédoniste de se penser hissé d’un poil de col dans l’oligarchie médicale. Nous aurons enfin un « moins que nous » sur qui déverser notre bile de paramédicaux complexés…</p>
<p>« L’aide-kiné » ne prend son sens &#8211; et là est bien tout le danger &#8211; que dans le monde salarial, car toujours à la recherche d’un personnel sous-payé. Évidemment que, tôt ou tard, les cliniques, les centres de rééducations, les hôpitaux, vireront sans état d’âme les kinésithérapeutes qualifiés, supposés « surpayés », au bénéfice d’une sous-classe de « praticiens » tout au bas de la grille salariale. Des ersatz rémunérés en monnaie de singe.</p>
<p>Évidemment encore que l’Ordre, supposé faire la « promotion » de notre profession, prépare une fois de plus le linceul de sa confrérie.</p>
<p>Alors, moi, je pose la question : l’Ordre, après avoir ratifié auprès de l’UNCAM le principe délétère des référentiels (car, même s’il en fut tenu à l’écart par la suite, en primo-intention il en a accepté l’aspect « déontologique »), nous assommer chaque année de 280 euros de cotisations (de loin le rapt le plus formidable du paramédical), nous avoir ridiculisé avec une campagne sous abribus « Céline » (se faisant même épingler honteusement comme le slogan le plus sexiste de l’année), s’être fait gausser au nez par les esthéticiennes avec sa distinction épistémologique &#8211; et sans effet aucun sur la concurrence déloyale &#8211; entre « massage » et « modelage », joué de la « démocratie opaque » en un sondage de la profession auquel personne n’a répondu, voilà à présent qu’il souhaite dilapider nos compétences en « aides-kinés ». Mais, où va-t-il donc s’arrêter ?…</p>
<p>L’Ordre, à mon sens, n’est pas tant dangereux de part l’idée anti-démocratique qu’il véhicule ou ses gabegies financières, que dans sa volonté prégnante à vouloir devenir le maître d’œuvres (le premier syndicat ?) de la profession, à souhaiter bâtir sans cesse &#8211; pour justifier de son existence &#8211; des usines à gaz.</p>
<p>Mais comment en vouloir vraiment à une poignée d’ex-syndicalistes, frustrés par trente années de carriérisme non représentatif, de soirées « révolutionnaires » à trois tondus et deux pelés à la MGC de Quimper, à présent armés, par cabriole du sort, d’un arsenal de TNT, de ne pas désirer faire un baroud d’honneur et foutre le feu à toute une profession en une immolation commune et rigolarde ?</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/drole-bombe.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-924" title="drole-bombe" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/drole-bombe.jpg" alt="" width="436" height="276" /></a></p>
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		<title>Merci les gars!</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 17:03:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pollux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[
C’est avec un certain amusement (car, de longue date, nous avons dépassé le stade de la consternation) que nous avons suivi les tribulations de nos joueurs de l’équipe de France de football en Afrique du Sud.
Non pas tant du fait de leur piètre prestation sur le terrain (que nous n’appellerons pas une contre-performance puisque, en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/article_RTXPIE4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-905" title="article_RTXPIE4" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/article_RTXPIE4.jpg" alt="" width="504" height="298" /></a></p>
<p>C’est avec un certain amusement (car, de longue date, nous avons dépassé le stade de la consternation) que nous avons suivi les tribulations de nos joueurs de l’équipe de France de football en Afrique du Sud.</p>
<p>Non pas tant du fait de leur piètre prestation sur le terrain (que nous n’appellerons pas une contre-performance puisque, en toute honnêteté, personne ne pouvait se faire la moindre illusion sur la qualité de leur jeu) qu’en raison de l’environnement médiatico-politique qui, comme la mouche du coche, n’eut de cesse que de leur tourner la truffe au vinaigre.</p>
<p>La presse, toujours à la recherche d’un bon samaritain à lyncher en place de Grève, s’en est donnée à cœur joie. L’os Domenech était bien trop goûteux à ronger.</p>
<p>De leur côté, les politiques &#8211; qui, en ce mois de juin, n’avaient certainement pas d’autres dossiers plus brûlants à traiter, par exemple celui des retraites &#8211; sont (un poil opportunément ?) sortis de leur réserve pour sonner l’hallali et la mise à mort de la bête footballistique. De Rama Yade à Roselyne, tout le corpus gouvernemental, en rang d’oignons, y a été de sa petite banderille assassine.</p>
<p>Durant quinze jours, ça a été, en toute aumône et hosties populistes, la curée, le bénitier de tout ce que notre hexagone brasse de basses frustrations et de pensées sordides.</p>
<p style="text-align: center;"><span id="more-904"></span></p>
<p>Il est vrai &#8211; et cela fait grand frais dans la fraction de nos concitoyens xénophobes &#8211; qu’il n’y a pas beaucoup de « blancs » dans cette équipe que certains souhaiteraient non tri, mais monocolore. Mais c’est ainsi lorsque l’Histoire de France s’inscrit &#8211; et s’est enrichie &#8211; séculairement dans la colonisation et poursuit de mener aujourd’hui une politique africaine et DOM-TOM de premier plan. Nous devrions &#8211; tout du moins selon l’avis de votre humble serviteur &#8211; nous enorgueillir de pouvoir montrer ainsi au monde entier que la France est un pays d’intégration et d’avancées sociales, car l’intégration, donc la mondialisation, donc la capacité à savoir s’enrichir de la culture de « l’autre », c’est &#8211; qu’on le veuille ou non &#8211; l’inéluctable avenir.</p>
<p>Je suppose (mais je n’y connais rien en football) que si un Alsacien courait plus vite qu’un Martiniquais après un ballon, il y en aurait davantage en équipe de France ?…</p>
<p>Les joueurs ne chantent pas la Marseillaise ! Vrai encore. Mais ce n’est en aucun cas la faillite de l’équipe de France de football, mais celle du système éducatif de toute une Nation, où l’on n’enseigne plus (car trop ringard) l’éducation civique aux enfants, où l’on peut se permettre en toute impunité d’insulter un prof en classe, où le « nationalisme » (non pas en tant que rabougrissement sur soi-même, mais par cohésion sociale et historique) sont vécus comme une valeur méprisable par une certaine bourgeoisie bobo des beaux quartiers, où, aimer les couleurs et les valeurs hexagonales, celles de la démocratie, de l’intégration, de la liberté d’être et de paraître, est vécu comme secondaire.</p>
<p>Tandis que le chinois, réfugié politique et récemment nationalisé américain, est fier de clamer à tue-tête l’hymne de l’Oncle Sam pour le remercier de lui offrir liberté et protection, en France, dans le cercle des beaux penseurs, l’identique semblerait indécent.</p>
<p>Bien sûr, Nicolas (Anelka) que c’est maladroit de dire « va te faire foutre, sale fils de pute ! » à son entraîneur. Mais lorsque, en un autre temps, autre lieu, un autre Nicolas &#8211; président de la République celui-là &#8211; s’adresse à l’ouvrier en un fracassant et médiatique « casse-toi, pauvre con ! », s’étonner de quoi, alors ? Qui est le mauvais exemple à suivre pour la jeunesse de ce pays ? Le petit footballeur ou cet autre personnage, sensé être la plus grande vertu morale et représentative de la Nation ?</p>
<p>Lorsque l’on voit ce même Nicolas/président, jouant à présent les vierges prudes, envoyer au charbon Madame Rose pour bachoter une pathétique et condescendante leçon de morale aux joueurs tricolores, appelant ces grands gaillards en short « nos enfants » et les serrant sur son sein hypocritement maternel pour mieux les étouffer, on frise le ridicule. L’équipe de France a-t-elle envoyé un lampiste des basses œuvres pour demander à Sarko de savoir châtier son langage en public ?</p>
<p>Bien sûr, les joueurs ont fait la grève des terrains une journée (la belle affaire chez ces athlètes surentraînés !) pour marquer leur désapprobation (que nous noterons, au passage, <em>unanime</em>) envers l’expulsion définitive d’Anelka de l’équipe de France. Expulsion jugée par <em>tous</em> comme trop sévère. Pourquoi, parce que footballeurs, n’auraient-ils pas le droit (constitutionnel) d’avoir des états d’âme, d’exprimer leur désaccord face à ce qu’ils ont vécu <em>collectivement</em> comme un abus, alors que, depuis des décennies et au moindre pet de travers, le cheminot paralyse et emmerde sans vergogne la France entière durant des semaines ? Qu’il est impossible de prévoir un départ en vacances sans tomber sur une sempiternelle grève des aiguilleurs du ciel ou des pilotes de ligne, autre genre de « starlettes » surpayées et d’enfants gâtés du système ?</p>
<p>Et, soudainement, sous nos yeux horrifiés, l’on découvre que l’on a porté aux pinacles, érigé en valeurs éthiques, faisant à présent office de vertu cathodique et de repère sociétal pour tout un peuple, une activité humaine subalterne, un sport, le football, où une bande de post-ados en short courent comme des dératés après une balle de cuir&#8230;</p>
<p>Et, lorsque les intellos s’en mêlent, s’encanaillant grassement avec les gosses des cités comme on fumerait en cachette un pétard de Marie-Jeanne dans les toilettes de l’ENA, c’est la fin des zaricots. Même Francis Huster aime le football, c’est tout dire…</p>
<p>Les jeux du cirque. Du pain, du vin et des luttes de sang dans l’arène romaine pour faire oublier au peuple que le peuple crève de faim. Rien de nouveau sous le sommeil…</p>
<p>Alors, l’on fait reposer sur les frêles épaules d’une équipe de millionnaires, de gosses capricieux, car lourdés, car sans repère, car désocialisés, car d’extraction identitaire souvent complexe, car la plus part du temps sans instruction faute d’avoir quitté l’école à quatorze ans afin de satisfaire aux exigences d’un sport de haut niveau, le Graal de la déontologie nationale. Et l’on s’étonne du résultat ?</p>
<p>Va-t-on devoir instituer un « Ordre » des footballeurs ? En ce cas, nous autres, kinésithérapeutes, assurément nous en avons un, tout prêt et parfaitement superfétatoire, à leur refourguer illico.</p>
<p>Pour autant, et pour peu que l’on désacralise un brin le sujet, il n’y a aucun mystère ni étonnement à avoir envers ce qu’il vient de se passer pour eux (et je dis bien pour « eux », non pour « nous ») en Afrique du Sud. Le monde du football &#8211; sorte d’OVNI luxuriant et électron libre au sein des fédérations sportives &#8211; est vérolé depuis fort longtemps par l’argent, les luttes de pouvoir intestines, les magouilles (et cela n’est pas sans rappeler un Ordre auquel nous faisions référence quelques lignes plus haut). Renié Domenech &#8211; ô, pardon ! Raymond ! &#8211; l’entraîneur national des bleus, est un homme dont personne n’ignore l’incompétence. Changeant, confus, psychorigide, imprévisible, incapable de fédérer le respect et la sympathie. Ce n’est pas tant sur « l’homme Domenech » qu’il faut s’interroger, mais sur le système et les raisons qui l’ont maintenu en place depuis des années.</p>
<p>Ces pauvres gosses en maillots bleus, souvent d’extraction modeste, je ne doute pas une seconde qu’ils avaient les yeux qui brillent à l’idée de nous représenter, de représenter la France en Afrique du Sud… avant. Avant que la presse et des politiciens opportunistes, eux-mêmes souvent en manque de popularité, ne leur tombent dessus à bras raccourcis et fassent leur gloire sur leur misère.</p>
<p>Aujourd’hui, pour beaucoup de ces joueurs, pour leur entraîneur, les plaies seront longues à cicatriser, si seulement elles cicatrisent un jour. Beaucoup de carrières internationales s’arrêteront là. Leur erreur ? Avoir été au mauvais endroit au mauvais moment et s’être vu, de manière tout à fait improbable, investis d’une mission sacrificielle et portés par tout un peuple aux premières lignes d’une conflagration qui les dépasse ; rendre à un pays démoralisé par des années de crise sociale, économique et identitaire, un semblant de joie de vivre.</p>
<p>Alors, Raymond, sans doute bien désabusé, si je peux te donner un conseil, n’endosse pas pour toi seul le fardeau des autres. « Ils » ont mis leur petite pierre dans ton jardin, pauvre cendre de conséquence, car tu es le bouc émissaire tout désigné, la vierge chrétienne dans l’arène. Durant ce temps, et dans un silence d’église, tandis qu’ « ils » te jettent en pâture aux médias et à la vindicte populaire, « ils » sont en train de saborder nos retraites.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/domenech.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-908" title="domenech" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/domenech.jpg" alt="" width="472" height="299" /></a></p>
<p>A bien y regarder, je n’aperçois pas tant dans ce micro-événement Sud Africain, ce double-zéro d’après virgule que l’on tente de nous présenter comme un Hiroshima socio-économique, un séisme culturel, le naufrage de l’image à l’export d’une Nation, que celui d’une certaine presse et d’une certaine politique d’État, les deux se rejoignant sans dignité aucune dans un populisme crasse et fédérateur de bas étage.</p>
<p>Le football est et &#8211; souhaitons-le &#8211; restera, un jeu. Le journalisme (donc l’information), à fortiori la politique, eux,  ne devraient pas l’être.</p>
<p>Effectivement, ce soir, j’ai honte de l’image projetée de la France en Afrique du Sud, mais je ne suis pas certain que cela soit lié au football. Il y avait, en ces terres de Mandela, en ce haut lieu de la victoire de la raison sur la bêtise raciste, un rang moral, une attitude digne à savoir tenir. Et, ce rendez-vous, en aucun cas footballistique mais humaniste, nous l’avons manqué les deux pieds dans le plat. C’est bien cela le drame. Car, au cœur de cette immense liesse populaire d’au-delà les frontières, s’il est une image d’apartheid &#8211; et une seule &#8211; que je retiens, c’est bien celle de la France, qui a été, en ce lieu prophétique de l’intelligence et du cœur, laver son linge sale aux vues et au su du monde entier, de manière détestable.</p>
<p>En quinze jours, j’ai entendu vomir sans tarir sur notre équipe de football, j’ai vu ces pitres de la politique faire leur numéro de claquettes populistes, les journalistes, les consultants de tous poils, goguenards, faire mousser leur science et leur personne à longueur d’antenne, mais, pas une fois &#8211; pas une seule fois ! &#8211; je n’ai entendu prononcer le nom de Mandela…</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/mandela_94.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-909" title="mandela_94" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/mandela_94.jpg" alt="" width="490" height="329" /></a></p>
<p>Je suis déconcerté.</p>
<p>Et dire que je croyais avoir tout vu, avec les syndicats de la kinésithérapie…</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Référentiels: mythes et limites</title>
		<link>http://www.physioscope.fr/index.php/non-classe/attention-ce-qui-va-suivre-n%e2%80%99est-pas-forcement-politiquement-correct%e2%80%a6/</link>
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		<pubDate>Sat, 12 Jun 2010 22:43:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pollux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>

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		<description><![CDATA[
Nous avons entendu (et parfois, hélas, de sources officielles) les élucubrations les plus fantaisistes au sujet des « référentiels-kiné », allant du propos apocalyptique à celui d’une totale désinvolture. Or, de la désinformation naît l’obscurantisme, de l’obscurantisme le fantasme, et du fantasme les peurs les plus irrationnelles envers l’inconnu.
Une mise au point s’impose donc.
Le mythe de l&#8217;hyper-contrôle
 
Depuis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/magrit34.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-826" title="magrit34" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/magrit34.jpg" alt="" width="409" height="238" /></a></h1>
<p>Nous avons entendu (et parfois, hélas, de sources officielles) les élucubrations les plus fantaisistes au sujet des « référentiels-kiné », allant du propos apocalyptique à celui d’une totale désinvolture. Or, de la désinformation naît l’obscurantisme, de l’obscurantisme le fantasme, et du fantasme les peurs les plus irrationnelles envers l’inconnu.</p>
<p>Une mise au point s’impose donc.</p>
<h1 style="text-align: center;">Le mythe de l&#8217;hyper-contrôle</h1>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-825  aligncenter" title="BIG-BROTHER-EST-MYOPE" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/BIG-BROTHER-EST-MYOPE.jpg" alt="" width="329" height="281" /><strong> </strong></p>
<p style="text-align: left;">Depuis le <em><strong>28 mai 2010</strong></em>, six référentiels « opposables » sont au Journal Officiel, donc applicables. C’est-à-dire que six pathologies sont à présent codifiées en nombre maximum d’actes.</p>
<p>La prothèse totale de hanche, par exemple, c’est 15 séances. Si, pour une raison quelconque, un patient en nécessite davantage, il faudra alors revêtir sa petite robe de ténor du barreau pour aller défendre sa cause auprès du médecin contrôleur de la CPAM. Nous devrons faire un « dossier » de motivation. Le médecin contrôleur, en dernier ressort, reste celui qui tranche. Bien qu’il ait contre lui en amont l’avis (et l’ordonnance) d’un médecin prescripteur et l’opinion supposée éclairée d’un masseur-kinésithérapeute, que cela devrait induire chez lui un minimum de modestie, il n’a pas à justifier de sa décision. Pas de « dossier » pour lui. C’est donc une plaidoirie à charge.</p>
<p style="text-align: center;"><span id="more-820"></span></p>
<p>Les six référentiels ont été établis de manière presque artificielle, tout du moins sur des bases statistiques qu’aujourd’hui nous savons assez peu sincères &#8211; pour ne pas dire foncièrement orientées &#8211; par l’UNCAM. L’UNCAM n’ayant pas en ce dossier &#8211; à l’évidence &#8211; le moindre souci d’exactitude ni de santé publique, mais purement bancaire.</p>
<p>La HAS a approuvé illico cinq de ces référentiels. Cela peut ne pas vraiment surprendre puisque, de longs feux, la HAS n’est plus une structure pédagogique morale ni indépendante de la Santé, mais le faire-valoir des budgets d’Etat, le label « honorifique » et « scientiste » des oukases gouvernementaux.</p>
<p>Pour autant la HAS, afin de conserver un semblant de crédibilité, a émis un (timide) avis défavorable sur le sixième référentiel. Il faut dire que nous gratifier d’un « zéro séance » de rééducation pour une opération du canal carpien frise l’indécence et fleure-bon le hold-up financier de l’UNCAM sur la santé de ses concitoyens.</p>
<p>L’UNCAM, égale à elle-même, n’eût que nife de l’avis vaguement consultatif de la noble institution vassalisée, ce qui n’est que justice puisque, en la matière, au-delà de ses moulinets verbeux, la HAS n’en a pas. L’UNCAM s’est assis, comme il se doit en un pays de droit, sur l’opinion des intellectuels de « la Haute ». Le « sixième amendement » est donc passé en force et sans base scientifique aucune, voire même en complet antagoniste avec toute réalité médicale connue et reconnue sur le terrain.</p>
<p>Nous pouvons donc pronostiquer qu’à l’avenir, par souci d’économie, de nombreux opérés du canal carpien poursuivront leur existence avec un handicap certain.</p>
<p>Nos syndicats représentatifs, FFMKR et UNION, en dépit d’un engagement préalable de la part de l’UNCAM (mais qui peut encore croire en la parole à géométrie variable de cette louvoyante institution ?) n’ont pas été conviés à l’élaboration d’un dossier pourtant lourd et conséquent pour la profession. L’UNCAM, sans doute par trop empressée de réaliser de substantielles économies, n’a pas souhaité prendre le chemin, certes ardu et peut-être un poil trop démocratique pour elle, de la négociation corporative, ni jouer le jeu des règles républicaines.</p>
<p>L’UNCAM a le pouvoir, donc elle en abuse, comme pour l’ASV, comme pour notre non-revalorisation depuis 11 ans.</p>
<p>L’Ordre des kinésithérapeutes, passé un temps, a bien tenté de ramener sa truffe dans le dossier des référentiels pour avis déontologique, et plus si affinité. Mais L’UNCAM et la HAS lui sont allègrement passés par-dessus l’épaule pour s’entendre comme larrons en foire dans son dos.</p>
<p>Le premier constat, c’est de dire que l’État, lui-même, ne respecte pas l&#8217;Ordre.</p>
<p>Aujourd’hui, trois nouveaux référentiels (lombalgie, méniscectomie, rupture de la coiffe des rotateurs) sont proposés par L’UNCAM à la HAS pour validation (pour mémoire, la HAS est subventionnée à 40% par les deniers de l’État…).</p>
<h1 style="text-align: center;">Pourquoi des référentiels ?</h1>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/robozinhos-do-big-brother-brasil1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-824" title="robozinhos-do-big-brother-brasil" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/robozinhos-do-big-brother-brasil1.jpg" alt="" width="354" height="252" /></a></p>
<p>Nous emprunterons les mots de la bouche même de Frédéric Von Requiem, directeur reconduit de l’UNCAM : « Pour faire l’économie annuelle de 50 millions d’euros sur les dépenses de la kinésithérapie ».</p>
<p>Ce chiffre peut apparaître astronomique, mais, en vérité, il représente tout juste plus de 2% de la masse des dépenses allouées chaque année aux soins de la rééducation libérale (2 344 millions en 2008) soit à peine une année de « gel » de notre « enveloppe globale », nonobstant l’arrivé sur le marché de près de 1500 collègues, belgos ou primo-diplômés faméliques, pour encore très peu de départs compensatoires à la retraite.</p>
<p>Nous pouvons donc estimer à plus ou moins 1%/l&#8217;an l&#8217;effort d&#8217;économie sollicité.</p>
<p>Pour autant, il faut replacer ce chiffre dans sa cruelle relativité :</p>
<ul>
<li>3.1%, c’est la progression des dépenses de la kinésithérapie libérale entre 2007/2008, soit 67 millions d’euros.</li>
<li>56491 millions,  c’est le chiffre des dépenses de santé globales (toutes professions médicales confondues) de la médecine <em>de </em>ville en 2008.</li>
<li>215 milliard, soit 11% du PIB &#8211; l’attribution pour la médecine la plus forte au monde en part de budgets &#8211; c’est le chèque total alloué à la santé (privée/publique) en 2008, médecine/gestion de la médecine y compris. La France &#8211; quoi que l’on en pense &#8211; reste le leader incontesté en matière de richesses propres accordées à la santé de ses concitoyens. Mais &#8211; entendons-nous bien &#8211; en aucun cas celui du meilleur rendement.</li>
<li>11 années, c’est le gel &#8211; inadmissible &#8211; de notre lettre-clé.</li>
<li>20.66%, c’est la perte du pouvoir d’achat &#8211; inadmissible &#8211; du kinésithérapeute en 11 ans.</li>
<li>31.2%, c’est l’augmentation de la consultation du généraliste de ville en 12 ans.</li>
<li>0, c’est le nombre de kinésithérapeutes à l’Assemblée Nationale, au Sénat ou au gouvernement, ni encore dans la moindre commission discutant de l’attribution des enveloppes financières médicales (ceci expliquant sans doute cela).</li>
<li>7.2%, c’est l’évolution du chiffre d’affaires des infirmiers libéraux en 2008 (du fait, mécanique, de leur augmentation de 5.2% pour avoir accepté la « sectorisation »).</li>
<li>1.7%, c’est celui des généralistes.</li>
<li>3.2%, c’est celui des spécialistes (d’où l’évident échec du circuit « médicalisé » et du « généraliste-orienteur »).</li>
</ul>
<h1 style="text-align: center;">Les limites du système</h1>
<p><em><strong><em><strong>Axiome : pour contrôler, il faut des contrôleurs.</strong></em></strong></em></p>
<p>Nous ne pensons pas, <em><strong>en l’état</strong></em>, que les référentiels auront un grand impact à moyen/long terme sur le chiffre d’affaires du kinésithérapeute, ni donc, par voie de conséquence, sur la santé de nos concitoyens, et c’est heureux. Mais, à court terme, ce sera indubitablement la bérézina.</p>
<p>Certains météorologues des syndicats, un brin foutranciers (auxquels, avant analyse approfondie, nous avons cru nous-mêmes) annoncent une chute drastique de près de 30% des prescriptions. Même si cela est peut-être envisageable en primo intention (le temps de la régulation) en une seconde période c’est, évidemment, un poil alarmiste.</p>
<p>Plusieurs raisons à cela :</p>
<p>Très rapidement, le bureau de nos médecins contrôleurs va se retrouver inondé de dossiers en litige. Or, comme Frédéric Van Roekeghem, directeur de l’UNCAM, a dégrossi à grands coups de nitroglycérine ses rangs de fonctionnaires, il n’y a plus personne pour assumer le boulot. L’engorgement administratif, en un très bref délai, va donc être total.</p>
<p>Comme il en fut en son temps pour la DEP (trop nombreuses pour être contrôlées) il en sera ainsi pour les référentiels.</p>
<p>Trois dossiers par mois émis par 65 000 kinésithérapeutes, c’est<strong><em> 2 340 000 contentieux</em></strong> à assumer par an par moins d’une centaine de médecins contrôleurs. Voyez la farce…</p>
<p>Intuitivement, nous comprenons bien que le succès des référentiels ne peut pas reposer sur le seul bon vouloir du kinésithérapeute, sur sa volonté de dire « stop ou encore » à l’arrivée d’une nouvelle ordonnance et de se couper lui-même un bras. De plus, hiérarchiquement &#8211; et même juridiquement &#8211; il n’appartient pas au kinésithérapeute de s’opposer à un avis médical supposé prévalant sur le sien ni, déontologiquement, de pouvoir refuser un soin à un malade.</p>
<p>L’UNCAM ira donc au-delà.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/robozinhos-do-big-brother-brasil.jpg"></a></p>
<p>Et, comme il vaut mieux s’adresser au bon Dieu qu’à ses saints, il sera fait appel, une fois de plus, au sens régulateur du médecin prescripteur qui, toujours davantage, devient le pivot-contrôleur et le bras financier armé des caisses &#8211; et donc de la médecine libérale (peut-être est-ce pourquoi il a été tant réévalué en 12 ans ?).</p>
<p>Nous supposons que nos toubibs des villes subiront à l’avenir une forte pression officielle, un possible intéressement pécuniaire, voir des tourments administratifs (pour les plus rebelles) à savoir appliquer ad hoc les référentiels.</p>
<p>Pour autant &#8211; et c’est bien là le point faible du système &#8211; un médecin reste prisonnier (du moins, nous l’espérons) de sa vertu soignante, au pire, de son clientélisme. Un prescripteur par trop soucieux de répondre avec zèle aux sirènes de l&#8217;UNCAM se retrouvera vite sur la touche et mis au banc de la société soignante.</p>
<p>Le médical de ville est un système interactif. Déshabiller Jean-Claude pour habiller Marcel c’est, en finalité, se retrouver tous à poil dans les plus brefs délais. Par expérience, et pour ce que j’en conclus de vingt années d’activité communale, un médecin qui ne prescrit pas de kinésithérapie (soit par choix, soit par désir de complaire aux objectifs administratifs) végète, car il n’est pas de taille à résister durablement au « lobbying » des patients et des paramédicaux prescrits. Dans l’imaginaire collectif, un généraliste est supposé palier aux affres existentielles de ses concitoyens, non pas jouer les banquiers de l’État.</p>
<p>De plus, il ne faut pas oublier que si les référentiels insultent l’intégrité et le libre arbitre du  kinésithérapeute, ils ne le font pas moins de ceux du prescripteur. Nous devrions donc, rapidement, faire cause commune.</p>
<h1 style="text-align: center;">Le meilleur des mondes ?</h1>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/First_Snow_by_taenaron.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-855" title="First_Snow_by_taenaron" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/First_Snow_by_taenaron-1024x768.jpg" alt="" width="410" height="207" /></a></p>
<p>L’objectif de l’UNCAM, c’est de <em><strong>référencer</strong></em> chaque acte de notre nomenclature jusque dans ses moindres recoins, tel que le connaissent déjà les cliniques. Une quelconque maladie ce sera « tant », à nous de nous démerder (ou non) dans l’enveloppe financière allouée. Et au patient, qui serait par trop alambiqué, d’aller au diable vauvert.</p>
<p>Il n’est pas en ce dossier &#8211; évidemment &#8211; question de Santé publique ni de consensus soignant, mais d’économie budgétaire.</p>
<p>Le patient de l’avenir &#8211; tout du moins dans la vision anglo-saxonne de l’UNCAM et si personne ne vient y mettre un frein &#8211; présentera un « ticket » de prise en charge PTH  ou un « ticket » Parkinson. Sortir de ce « ticket » deviendra, à l’usage &#8211; et sans doute assez rapidement &#8211; presque mission impossible. Au-delà, interviendront ou non les mutuelles, ou bien le patient règlera, s’il en a les moyens, le surplus de sa poche.</p>
<p>A visage découvert, une médecine « à deux vitesses » verra un événement progressif, d’une manière bien plus « ultra-libérale » qu’à ce jour.</p>
<p>A nouveau les bossus, les chaussures orthopédiques, les boiteux &#8211; d’abord de manière insensible, puis plus coutumière &#8211; envahiront derechef nos paysages urbains et champêtres.</p>
<p>Les « vieux », laissés pour compte dans leur fauteuil-télé, cesseront d’aller acheter leur baguette de pain de peur &#8211; fort légitime &#8211; de se casser la binette au premier virage venu. Ils le feront donc entre la table et le frigo. A la Société d’assumer ensuite les frais de PTH.</p>
<p>Les lombalgiques, les opérés du canal carpien &#8211; car insuffisamment soignés &#8211; se colleront rapidement en maladie au long cours, pesant d’autant plus sur les prestations sociales.</p>
<p>Rapidement, la nomenclature « acte par acte » deviendra obsolète. Car, en effet, il n’y a plus de sens commun à maintenir des coefficients saucisonnés face à la « globalisation » des pathologies. Evidemment, l&#8217;on perd en finesse ce que l&#8217;on gagne en efficacité. Certains appellent çà l&#8217;évolution&#8230;</p>
<p>Seule chose positive, il y aura alors, pour nous tous, une probable simplification administrative, la maladie perdant au passage sa notion de complexité et d’individualité au service d’un diagramme économique plus réducteur et plus linéaire. La DEP disparaîtra. Tout sera bien plus facile à contrôler, donc à gérer.</p>
<p>Un logarithme informatique, implacable, car étalonné, prendra le relais du médecin contrôleur. L’ordinateur hululera à chaque « profil » un poil divergeant, dépêchant alors vers le patient ou le cabinet incriminé sa petite cohorte d’inspecteurs.</p>
<p>On ne contrôlera plus la « masse » diffuse, mais le réfractaire hors cadre. Un jeu d&#8217;enfant.</p>
<p>Évidemment, personne &#8211; et surtout pas à l’UNCAM &#8211; n’a anticipé l’impact, peut-être majeur, de ces mesures sur le corpus paramédical. 10, 20 ou 30% des cabinets libéraux, courant 2011/2012, se retrouveront-ils en situation de dépôt de bilan ? Personne ne peut le prévoir avec réalisme. D’autant que le numerus clausus des écoles &#8211; supposé protéger la pérennité économique des professionnels en place &#8211; n’a pas été une seconde, dans l’empressement thésaurisant, mis à l’ordre du jour. </p>
<h1 style="text-align: center;">Discussion autour d’un système « référentiel »</h1>
<p>Tout d’abord, nous ne pouvons pas réfuter en bloc le désir de mettre en adéquation les besoins du malade et son coût juste et mesuré sur la Société, en harmonie avec les ressources nationales dont nous disposons, donc forcément castratrices. Car la Société, c’est aussi les retraites, le chômage, l’éducation, et autant de budgets difficiles à boucler et en dramatique déficit. Il y a des choix &#8211; forcément cruels &#8211; à faire. Et, je suppose, que personne n’aime à devoir les faire.</p>
<p>Mais « juste », qu’est-ce que cela veut dire et qui en décide ? Un généraliste augmenté de plus de 30% en 12 ans ? Un kinésithérapeute « gelé » depuis 11 ans ?</p>
<p>Par ailleurs, il n’apparaît pas déraisonnable d&#8217;émettre une « norme normative » à laquelle toute pathologie et tout praticien doivent répondrent en vertu d’une statistique implacable, car significative. Il y a çà de cruel en ces statistiques qu’elles ne sont jamais tant éloignées que cela d’une certaine vérité. En ce sens, l’UNCAM, si elle n’était pas si mercantile dans ses  requêtes, est dans le &laquo;&nbsp;juste&nbsp;&raquo;. Les référentiels, en tant que concept &#8211; et non pas en tant que concepts UNCAMiens, car vilement corompus à l’aune des budgets d’État &#8211; ne sont pas infondés.</p>
<p>On ne peut décemment pas laisser un chèque en blanc aux hommes en blanc, sur la Société.</p>
<p>Nous avons, aujourd’hui, de manière incontournable, les outils statistiques et informatiques pour savoir combien « coûte » en moyenne l’accident PTH, comme combien « vaut », en rendement pondéré, une assurance auto. Il est juste que l’on réclame des comptes à ceux qui, de manière outrancière, émargent des soins, comme il est raisonnable, pour une mutuelle, de demander à un conducteur de se justifier de son cinquième accident-responsable en un an.</p>
<p>Nous parlons d’argent <em><strong>collectif,</strong></em> donc de charges sociales que chacun d’entre- nous supporte. Nous parlons également d&#8217;une médecine hors d&#8217;haleine, que nous vivons au-dessus de nos moyens, et qui ne poura plus perdurer durablement dans cette situation de déficit chronique.</p>
<p>Pour autant &#8211; et ce sera notre plus grand reproche fait à l’UNCAM &#8211; c’est que ses statistiques sont sciemment malhonnêtes. Elles ne comportent aucune vérité scientifique connue ou reconnue, mais sont le reflet d’un calcul interne et opaque, d’un désir prégnant d’économie, quoiqu’il advienne des patients, de la Santé publique, et des thérapeutes. Ce n’est pas l’œuvre d’une institution vertueuse ni crédible au service de la collectivité, mais d’une manufacture bancaire tapant sur le plus faible et le moins représentatif politiquement.</p>
<h1 style="text-align: center;">Qui trop embrasse mal étreint <a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/Bilal.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-821" title="Bilal" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/Bilal.jpg" alt="" width="318" height="241" /></a></h1>
<p>Tout d&#8217;abord, les référentiels n’avaient, en la situation actuelle, aucune raison expresse d’exister. La kinésithérapie, de 2008 à ce jour, a démontré sa capacité mature à savoir rester dans l’enveloppe des dépenses annuelles qui lui est allouée, même un brin en-deçà.</p>
<p>Aucune <strong><em>mesure d’accompagnement</em></strong> &#8211; et c&#8217;est bien cela qui est dramatique &#8211; n’a été prévue avec les référentiels:</p>
<p>Ni augmentation de la lettre-clé, ni de ses coefficients.</p>
<p>L’impact à terme des référentiels sur l’activité  de la profession n&#8217;a aucunement été mesuré. Pas la moindre statistique projective à ce sujet. Car l’UNCAM , en la matière, n’a fait aucune étude préventive.</p>
<p>Aucun « signal d’alarme » n’a été mis en place pour stopper le train des mesures au cas où celui-ci, par trop efficace, outre-dépasse ses objectif en propulsant la kinésithérapie vers le néant prescripteur. Pas le moindre système régulateur d’un génocide professionnel possible.</p>
<p>Nous estimons à trois ou quatre années le délai d’impaction de ces mesures sur notre quotidien soignant et financier. Soit le temps d’une promotion d’élèves en masso-kinésithérapie. A-t-on prévu de baisser en conséquence le numerus clausus des écoles &#8211; dès aujourd’hui &#8211; afin de préserver l’avenir et la viabilité économique des praticiens en place ou à venir ?</p>
<p>En vérité &#8211; et c’est bien cela qui est inadmissible &#8211; l’UNCAM joue aux apprentis sorciers, sans filet aucun, avec l’avenir de 65 000 professionnels et 200 000 ayants droit (leurs familles). Sans parler des conséquences sur des millions de patients et sur la Santé publique.</p>
<p>Ce dossier &#8211; pourtant majeur &#8211; a été « ficelé » à la va-vite, sans consultation avec les professionnels, sans garantie aucune de fiabilité ou de viabilité, ni la moindre étude socio-économique crédible. On pilote &laquo;&nbsp;à vue&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Voilà pourquoi en l’état, face à ces mesures bâclées, il est permis de redouter le pire, qu&#8217;il faut combattre la notion même de « référentiel » et soutenir nos syndicats en ce combat. Non pas que les référentiels soient intrinsèquement infondés, mais parce qu’il nous appartient &#8211; pour nos patients, pour l’avenir de nos familles &#8211; de faire preuve d’une raison que la raison d’État ignore ; la modération.</p>
<p>Car, le risque majeur est bien celui-là : celui du dérapage incontrôlé, car mené par des gens incontrôlables.</p>
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		<title>La manif du 10 juin &#8211; une ballade de Santé</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jun 2010 18:37:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pollux</dc:creator>
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600 manifestants au départ de la pelouse du champ de Mars, 1 200 à mi-chemin, peut-être plus encore arrivés devant le Ministère de la Santé. Le cortège s’est promené durant presque deux heures dans les rues de Paris, créant un boxon certain.
Venus en train, par car, ou à vélo, tous les syndicats de la profession et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/Manif1.jpg"><img class="size-large wp-image-805  aligncenter" title="Manif" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/Manif1-768x1024.jpg" alt="" width="418" height="333" /></a></p>
<p>600 manifestants au départ de la pelouse du champ de Mars, 1 200 à mi-chemin, peut-être plus encore arrivés devant le Ministère de la Santé. Le cortège s’est promené durant presque deux heures dans les rues de Paris, créant un boxon certain.</p>
<p>Venus en train, par car, ou à vélo, tous les syndicats de la profession et toutes les régions de France (PACA, Corse, Aquitaine, Nord-Pas-de-Calais, Alsace…) emmenés par une Bretagne survoltée, étaient représentés. Ce fut un défilé bon-enfant, festif, et placé sous le signe de la bonne humeur et de la dignité.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/Bretons.jpg"><img class="size-large wp-image-804      aligncenter" title="Bretons" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/Bretons-1024x768.jpg" alt="" width="409" height="318" /></a></p>
<p>Arrivés devant le Ministère vers 17 heures, bien que l’accueil y fut un peu frais</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/CRS.jpg"></a><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/CRS1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-803" title="CRS" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/CRS1-1024x768.jpg" alt="" width="418" height="339" /></a><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/Manif.jpg"></a></p>
<p>les représentants de nos syndicats signataires, Messieurs Bergeau, D&#8217;Hayer et Gallo, furent reçus. Alizé, malgré son insistance, resta à la porte.</p>
<p>Bien qu’encore embryonnaire, cette démonstration de force et d’unité, à l’heure où l’UNCAM vient de présenter ses trois nouveaux référentiels (lombalgie, méniscectomie, rupture de la coiffe des rotateurs) pour validation par la HAS, démontre qu’il est &#8211; peut-être ? &#8211; encore possible pour la kinésithérapie de savoir se mobiliser et s’unir pour défendre sa peau (bien compromise par les temps qui courent) et celle de ses patients.</p>
<p>Quelques remarques cependant :</p>
<ul>
<li>Alors que la kinésithérapie traverse la crise la plus grave (et peut-être fatale) de son Histoire, à peine 2 à 3% de nos collègues se sont déplacés pour manifester leur inquiétude et leur mécontentement.</li>
<li>Très peu de « jeunes » dans le cortège, mais une majorité de « quadras » ou plus. Ce qui semble indiquer que la génération montante de la kinésithérapie est peu touchée ou informée de la gravité des situations. C’est très inquiétant pour le devenir de la profession.</li>
<li>Si la « hache de guerre » semble devoir s’enterrer à minima entre la Fédé et l’UNION, et qu’un semblant d’entente cordiale (du moins de façade) pointe le bout de son nez, Alizé &#8211; pourtant troisième force de représentativité &#8211; poursuit de toute évidence d’être le syndicat « maudit » et boudé. Cela est très dommageable, tant pour nos confrères libéraux/salariés, que pour l’idée que l’on se fait de l&#8217;alliance des forces si utile en ces temps de disette. D’autant, bien que délibérément tenu à l’écart de la kermesse par les deux syndicats signataires, FFMKR et UNION &#8211; ce qui n’est pas fair-play &#8211; qu&#8217;Alizé a fait démonstration de solidarité, de savoir mettre son mouchoir sur sa susceptibilité au nom d’une cause d’intérêt général qui dépasse nos divergences claniques, en présentant une délégation certes discrète mais présente &#8211; ce qui est tout à son honneur.</li>
<li>Paris pue toujours autant.</li>
</ul>
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		<title>Chi-chi</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Jun 2010 15:30:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pollux</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/chirac114.jpg"><img class="size-full wp-image-789  aligncenter" title="chirac11" src="http://www.physioscope.fr/wp-content/uploads/2010/06/chirac114.jpg" alt="" width="439" height="442" /></a></p>
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