Les pendules à leurre
Au cours de la dernière CSPD (commission paritaire départementale régissant les rapports conventionnels entre les professionnels de santé et les caisses de sécurité sociale), celle d’automne 2011, Monsieur le Directeur adjoint, face à nos confrères représentants, a eu la remarquable présence d’esprit d’appeler enfin un chat un chat. A plusieurs reprises, nos collègues, quelque peu médusés, se sont entendus dire qu’il (Monsieur le directeur adjoint, et donc, à travers lui, la sécurité sociale) était leur employeur, sous-entendu, qu’à ce titre, ils n’avaient qu’à suivre et à se plier.
Nous remercions ce haut dignitaire des caisses d’avoir eu la franchise – et le courage – de dire explicitement ce que d’aucuns – et depuis fort longtemps – soupçonnent tout bas, à savoir, que la sécurité sociale se voit, en son fort intérieur, bel et bien comme l’employeur des kinésithérapeutes.
C’est, bien sûr, une lourde désillusion pour ceux d’entre-nous qui imaginaient encore être membres d’une profession libérale, et, avoir, en fait d’employeurs, que leurs centaines de mini-patrons-patients.
Cela lève également un voile pudique sur des rapports conventionnels qui, depuis des lustres, non plus de « partenariat » que la douce rêverie que certains s’en font.
Un grand merci, donc, à Monsieur Tinet, pour cette remise des pendules à l’heure, et son franc-parler, que nous avons toujours apprécié (en toute sincérité, et pour l’avoir reçu en tête-à-tête, fort aimable, en nos locaux).
Au moins, avec une personne de son envergure, qui ne manie pas la langue de bois, la kinésithérapie du 77 sait où elle va…

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Je n’ai rien contre le principe que la Sécu se prenne pour mon employeur, mais, en ce cas, qu’elle prenne en charge, comme tout bon employeur, mes cotisations patronales, qu’elle m’assure un salaire minimum indexé, qu’elle me prémunisse contre le chômage, et m’assure une couverture sociale incapacité de travail/AT/arrêt maladie…
Ce qui est grave, ça n’est pas que la sécurité sociale se prétende être notre employeur, mais, qu’avec les années, nous ayons tant laissé se détériorer les rapports conventionnels qu’elle OSE le dire sans rougir en assemblée plénière.