Archive pour juin 2011
Notre cher Bob – père historique de toutes les frondes épistolaires – nous fait l’amitié de nous recevoir sur votre « Revue » du SNKG (Syndicat National des Kinésithérapeutes de Groupe), si emblématique. Cela, outre le fait de nous permettre de vous faire témoignage de notre sympathie fort ancienne, nous autorise à faire plus ample connaissance.
Physioscope est considéré par certains (curieusement, ceux que l’on y égratigne le plus) comme un site de pure facture poujadiste, véhiculant des idéaux populistes.
D’autres nous font l’honneur d’accorder à notre démarche un peu plus de fond.
Populistes, nous en acceptons l’augure avec bonheur. Physioscope, comme bon nombre des sites dits « d’opinions » apparus sur la toile ces quelques dernières années (kinéskuds pour exemple) participent aux « réseaux sociaux » spontanés, nés de ce qu’il est convenu d’appeler la « base ». Il en résulte – à leur grand dam ! – une liberté de parole et une absence de compromission, face aux contrôles des head-offices syndicales et ordinales, qui en dérangent plus d’un. Les opinions véhiculées ne sont pourtant jamais que les nôtres, dans toute leur subjectivité, souhaitant simplement participer au « grand débat » et avoir « voix au chapitre ».
Pour définir notre philosophie d’action, nous l’emprunterons à celle de l’ostéopathie : « réduire les points de ralentissement pour re-dynamiser la structure ». Hélas, certains « points de ralentissement » nous semblent à ce point enkystés dans le tissu représentatif et oligarchique, que la simple approche douce et « fonctionnelle » s’avère souvent insuffisante, et nécessite parfois de se résoudre à en passer par le « trust » à haute vélocité…
Document au député (cliquez ici)
Pour la petite histoire, il est à noter que le patient dont il est question (entre les lignes) dans le courrier en pièce-jointe s’est vu refuser par la CPAM la prise en charge du transport vers un cabinet libéral de ville, mais accepter pour un centre de rééducation, pourtant bien plus distant…
Commentaire :
Nous ne ferons pas l’affront, à la sécurité sociale, d’imaginer qu’il puisse y avoir, en son sein, des réseaux de « copinages » ou – pire ! – de « collusions d’intérêts ».
Nous relèverons tout au plus un illogisme et un double langage :
Illogisme – en partant du présupposé que les kinésithérapeutes de villes ou de centres se valent en compétences – que de favoriser de manière si flagrante un circuit médical, à service égal, dix fois plus onéreux pour le contribuable.
Double langage que de nous adresser, en nos officines, des émissaires délégués de la CPAM (et, parfois même des directeurs adjoints, comme en notre cas) qui nous expliquent – les yeux dans les yeux – qu’ils font leur possible pour éviter la concurrence déloyale des centres de réadaptation qui, s’ils laissaient faire, sonneraient le glas de la kinésithérapie libérale.
Chacun, donc, appréciera la sincérité du propos.
Soucieux de lutter contre toute forme de prosélytisme (à notre sens, véritable fléau de la profession) et désirant offrir une critique objective (autant que cela se puisse), Physioscope a décidé de consacrer une tribune récurrente aux informations et initiatives – que nous jugeons heureuses, malencontreuses, ou utiles pour la profession – venant de nos « institutionnels » (syndicats, Ordre, etc.).
Petite mise au point : Physioscope est un site d’information (ou « d’humeur » selon certains) a-syndical au sens le plus strict du terme, et nous ne sommes aucunement syndiqués. Nos sympathies nombreuses et polymorphes ne sont pas forcément le reflet de nos engagements. Tous propos à venir n’hypothèquent donc que ceux qui les énoncent, mais – en aucun cas – pour tout ou partie ni nécessairement, les convictions propres à notre site.
Si, chemin faisant, certains « institutionnels » se font davantage présents que d’autres au sein de cette tribune, ce n’est pas que nous souhaitons privilégier leurs thèses, mais que leurs initiatives se font (toujours, à notre sens) régulièrement plus constructives, ou qu’ils nous font davantage l’honneur de nous adresser leurs documentations, afin que nous puissions en juger.
Nous livrons à votre jugement les informations telles quelles, n’y apportant qu’une notation (sur 10) étayée d’un discret commentaire (c’est plus fort que nous !).
Tandis que la profession – n’en pouvant mais – bruisse de toute part d’un vent de révolte venu de la « base ». Qu’à l’instar de la jeunesse espagnole de la Puerta del Sol, s’organise spontanément, sur les sites et les réseaux sociaux MK, la fronde brouillonne du « ras-le-bol ! », la FFMKR – l’un de nos deux syndicats supposément représentatifs et signataires de la Convention – navigue en flots pénards, sur une mer d’huile économique… la sienne.
La couverture de son tabloïde « Kiné-actualité » poursuit de ne s’intéresser à rien – ni surtout aux problématiques de la kinésithérapie – si ce n’est à son budget pub et à l’apologie de son annonceur principal, l’esthéticien LPG.
À croire que tout va bien chez nous…
Même s’il convient – mal nécessaire, parfois – de devoir sacrifier aux caprices des publicistes, imaginons-nous « l’Humanité », autre organe de presse syndicale, consacrer sa Une pleine et entière à un unique commerçant, de cellulite qui plus est ? Il perdrait – et à raison – toute crédibilité auprès de ses adhérents et de ses lecteurs. Sans parler de celle de la profession, par l’image projetée.
La forme trahit le fond…
Faut-il s’étonner, ensuite, de passer pour des insignifiants revendicatifs auprès des instances dirigeantes ? Lorsque l’on ne s’épuise pas, comme depuis trois décennies, en des querelles claniques, l’on se sert de sa petite notoriété élective pour vite jeter aux orties sa mission et son âme protestataire, afin de faire courbettes aux muses sonnantes et trébuchantes des publicistes, dussent-ils réclamer à ce que l’on baisse culotte revendicatrice sur nos Unes ?
Faut-il se surprendre, encore, de l’indigence revendicative de syndicats qui, de toute évidence, ont bien d’autres préoccupations financières que de défendre les nôtres ? Comment peuvent-ils prétendre au moindre risque contestataire sans s’adosser aux oukases meurtriers d’État ou encourir le discrédit gouvernemental pour avoir osé nous défendre, tandis que leur rétribution principale n’est plus le fruit de la cotisation de leurs adhérents, mais dépend pour l’essentiel (presse, budget pub, Formation Continue, AGA, etc.) d’une « pôle position ». Pôle position qu’ils ne peuvent entretenir que par le « consensus mou » et la médiation aliénante avec les financiers principaux ; l’État (Formation Continue) et les commerçants (publicité), donc par duplicité.
Quant aux adhérents (tout de même nécessaires à la représentativité et au phagocytage des institutions représentatives), il suffit de renvoyer un message vaguement « va-t-en-guerre » – strictement jamais suivi d’effets sur le terrain – pour entretenir l’idéogramme de centrales contestataires.
Le syndicalisme, pour beaucoup de nos « signataires » de la Convention, est devenu simple prétexte de façade à un business parallèle, qui n’a plus que de loin en loin rapport avec la profession.
Des usines à syndico-dollars…
Nous recherchons les maux de notre mal-représentativité, de la déliquescence inexorable de la profession, du gel de nos honoraires depuis bientôt douze ans, dans des idéaux conceptuels complexes et alambiqués – allant jusqu’à se mortifier et culpabiliser, parfois – alors qu’ils sont si simples à identifier, car clairement affichés sous nos yeux :
Nous n’avons plus de structure protestataire pour défendre nos intérêts face au rouleau compresseur d’État. Ils sont devenus les victimes consentantes d’une économie « de marché » de dupes, où seule la « paix sociale » – en aucun cas la revendication et la gesticulation – peut autoriser à sa propre pérennité et reconduction. Ni gouvernement ni commerçant ne miserait un kopeck sur une charpente syndicale par trop remuante et insensible à la compromission. Faut-il donc se surprendre que notre centrale la plus « représentative » – la FFMKR pour ne pas la nommer – soit également la plus Étato-docile, et qu’elle ne puisse rien pour nous ?
La kinésithérapie et ses difficultés endémiques ne sont plus – tant s’en faut – la priorité de certains élus. Pour ceux qui en douteraient encore, la FFMKR nous renvoie cette réalité, de manière récurrente à travers ses hebdos – et sans état d’âme, semble-t-il – au visage.
Il existe un certain nombre de critères objectifs permettant de juger de la dévitalisation du tissu revendicatif et de sa « conformité ». Le fait de ne plus être financé, pour le grand essentiel, par sa manne adhérente, mais de devoir en passer – de manière aussi ostentatoire – par les fourches caudines des publicistes, en est un. Assurément.
Nous avons les représentants syndicaux que nous méritons. Ils sont devenus ce que nous les avons laissé devenir – insignifiants et mercantiles, considérant leurs mandats comme un marchandising, et leurs missions électives face à l’État comme un traité de non-ingérence réciproque – par notre laxisme et indifférence envers notre propre cause.
Ils ne sont pas responsables de n’être que ce qu’ils sont ; nous le sommes, de l’avoir accepté depuis si longtemps à travers les urnes, ou, pire, notre indifférence aux urnes…
« Kiné-actualité », se targuant non sans humour d’être « l’hebdo de la profession », est devenu, avec le temps, un simple support publicitaire, un catalogue commercial.
Mais, au fond, qui cela étonne-t-il encore ? Nous pensons, pourtant, que c’est bien en cette absence d’étonnement dans nos rangs – cette « accoutumance » – que réside le vrai danger pour l’avenir de la profession, car il démontre à quel point de déliquescence – admise et convenue – en sont arrivés nos syndicats, en notre total détachement, ni la moindre sanction critique par le suffrage.
A l’instar des boutiquiers du Carreau du Temple, lorsque le fond fout le camp, le commerce, c’est tout ce qu’il reste…




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