Archive pour mai 2010
Certains propos – et ceux de Monsieur Alain Minc en sont – prennent le nez.
Pire qu’une rame de métro Bastille-Nation surbondée à huit heures du mat’ par temps de pluie, où tout le monde sent le chien mouillé.
Il y aurait, selon Monsieur Minc, de « très vieux » êtres humains « indolores » pour l’économie, car riches et autarciques financièrement (donc, que l’on peut encore soigner) et d’autres « préjudiciables » car monétairement dépendants de la solidarité communautaire (qu’il serait donc plus sage de laisser mourir rapidement, puisqu’ils n’ont pas de ressources propres pour sauver leur peau).
Qu’il serait souhaitable que le système de soins français sache faire la différence et intègre cette donnée économique afin de l’appliquer, pour son plus grand bénéfice, dans les meilleurs délais.
Bien sûr – qui le conteste ? – qu’il y a des vieux encore « viables » économiquement parlant, et d’autres qui « pèsent » sur le système des prestations sociales.
Des vieux qui ne coûtent pas un kopeck à la Société, qui participent encore activement au commerce en prenant des vacances avec leurs petits-enfants, en mangeant des glaces sur la croisette de Nice, main dans la main en regardant la mer, en achetant la dernière Clio à prêts bonifiés d’État ou des écrans plasma, et des vieux qui, du fond de leurs hospices, tétanisent les balances de la Santé.
Des vieux – politesse économique oblige – qui ont la décence de savoir tirer leur révérence en grands seigneurs et de mourir « en bonne santé » sans faire de tâche sur le coin du faire-part, et d’autres qui n’en finissent pas de clamser, la bouche ouverte, bavant tout leur saoul des glaires fluorescentes dans leurs mouroirs.
Une fois n’est pas coutume sur ce site, le message à suivre sera à usage régional.
Chères consœurs et chers confrères du 77,
Fidèle à sa promesse, la CPAM de Seine & Marne vient aimablement de prendre lien avec nous afin de nous proposer une rencontre informelle en notre cabinet la semaine prochaine, en la personne de Monsieur le sous-directeur de la santé et des budgets du département.
A cette occasion, nous débattrons des multiples aspects de la profession, des difficultés rencontrées par les kinésithérapeutes du département dans l’exercice quotidien de leur activité, et des moyens éventuels de les solutionner. Nous aborderons également les craintes forts légitimes que nous partageons tous face à un avenir Conventionnel et à ses applications, devenus chaque jour moins favorables à nos conditions de travail.
Pollux n’ayant pas la science infuse ni l’exclusivité des problématiques confraternelles, nous vous invitons à nous faire connaître (avant mardi soir 25 mai) par voie de l’adresse mail du site, toutes les interrogations ou difficultés que vous rencontrez localement et dont vous souhaiteriez nous voir nous faire l’écho.
Bien cordialement.
Pollux
Le 21/05/2010
Quelques jours après la mise en ligne de l’éditorial « Titanostéopatic », nous recevions de la part de notre députée, Madame Chantal Brunel, une cordiale invitation à participer à la conférence-débat du professeur Bernard Debré: « Progrès de la médecine: quels dangers pour l’être humain? ».
Simple fantaisie du hasard ou cause à effet ? Nous nous devions d’en avoir le coeur net…
Quoiqu’il en soit, même si nous nous sommes élevés fermement contre le projet de loi de Monsieur Debré, il faut reconnaître à nos députés une certaine accessibilité et une évidente ouverture au dialogue.
le 17/05/2010
Pollux
Ostéopathe DO – Masseur-kinésithérapeute
à, Madame la Députée Chantal Brunel
Chère Madame,
(…)
Je reçois avec grand plaisir votre courrier du 11 mai m’invitant à une conférence tenue par Monsieur le professeur Bernard Debré le jeudi 3 juin 2010.
Peut-être cela est-il un simple hasard ? Peut-être cela est-il en lien avec un de mes derniers éditoriaux, le « Titanostéopatic », sur le site Physioscope.fr, site d’information et de défense des droits de la masso-kinésithérapie et de l’ostéopathie ? En ce dernier cas, votre courrier serait faire preuve d’une grande ouverture d’esprit et d’une avancée notable possible dans le dialogue – plutôt assez fermé ces derniers temps – entre ostéopathes-médecins et ostéopathes-auxiliaires médicaux. La tension restant très vive sur le sujet, de part et d’autre.
Je tiens à préciser que je ne représente aucune instance, aucun mandat, ni aucun syndicat. Je n’existe qu’en tant que site professionnel et par mes lecteurs.
En ce sens, et si une volonté de dialogue est véritablement présente dans votre invitation, je pense qu’il ne serait alors pas inutile que je puisse « interviewer » Monsieur Debré et/ou vous-même, afin que, pour nos lecteurs paramédicaux mais aussi médicaux, nous fassions ensemble le point sur la situation, sur votre projet de loi présenté à l’Assemblée Nationale le 24 février 2010 (dont vous êtes cosignataire), et sur le dessein qui est vôtre et qui le sous-tend réellement. Ceci afin d’éviter toutes interprétations fausses de votre volonté ou de voir se propager des rumeurs diverses.
Je reste donc, chère Madame Brunel, à votre disposition.
Je vous prie de recevoir, Madame la députée, l’expression de ma considération la meilleure.
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Cher Monsieur,
Je vous remercie de votre mail. (…).
Comment mon invitation vous est parvenue?
Tout simplement parce que j’ai souhaité convier un certain nombre d’acteurs du domaine médical afin d’avoir le débat le plus riche possible.J’ignore totalement la position de Bernard Debré sur l’Ostéopathie;en revanche je le connais comme homme de dialogue et d’ouverture.Si vous nous faites le plaisir de venir,il n’y aura aucune difficulté à entamer ce débat soit au cours de la réunion soit à l’occasion du verre amical qui suivra.
Bien cordialement
Chantal Brunel |
le 18/05/2010
Pollux
Ostéopathe DO – Masseur-kinésithérapeute
à, Madame la Députée Chantal Brunel
Chère Madame Brunel,
Je vous remercie de la rapidité de votre réponse, fidèle en cela à votre réputation d’accessibilité.
Moyennant une obligation personnelle difficile à déplacer, c’est avec plaisir que je répondrai à votre aimable invitation et que j’irai à votre rencontre ainsi qu’à la rencontre de Monsieur Bernard Debré, pour y porter une certaine parole de l’ostéopathie paramédicale.
Car, ne l’oublions pas, l’ostéopathie, pour l’essentiel, a été importée en France, développée et enseignée (même aux médecins) par les kinésithérapeutes. Un avenir sans le kinésithérapeute, pour l’ostéopathie, n’est donc pas réaliste.
Le dossier de l’ostéopathie en France, tant législatif que déontologique, qu’au niveau de sa perception « grand public », est depuis des décennies dans l’ornière, nous laissant très à la traîne des grandes nations qui nous entourent. Or, trop de « flou » ne peut qu’organiser la confusion des genres et une certaine dangerosité des enseignements et des pratiques.
Pour autant, le dialogue semble totalement figé et épidermique, chacun campant, de part et d’autre, sur des postures corporatives et défensives.
Il doit être possible de re dynamiser ce dialogue et de replacer l’intérêt exclusif du patient au centre du débat.
Je ne pourrai, hélas pas, m’exprimer au nom des ostéopathes DO non-médicaux et non-paramédicaux (ceux que nous appelons amicalement entre nous les « ni ni ») car je ne suis pas dans leur situation, et que je ne peux pas appréhender pleinement leur problématique. L’on peut cependant faire la remarque préliminaire qu’à niveau de formation équivalent en ostéopathie, leurs compétences semblent n’avoir rien à envier aux ostéopathes paramédicaux ou médicaux.
Cela laisse envisager, plutôt que de se dresser continuellement les uns contre les autres en un brouhaha improductif, que de favoriser la piste d’une ostéopathie non à « pedigree » mais à visage unique, car d’identique formation pour tous, par un cursus reconnu (de préférence universitaire) et sanctionné par un DEO (diplôme d’état en ostéopathie) serait, de loin, la solution la plus conciliante et la plus opportune.
Par ailleurs, je ne peux qu’appeler à l’urgence d’aider les écoles d’ostéopathie privées à savoir moraliser leurs numerus clausus, et ceci pour la pérennité de la profession et l’avenir économique de leurs propres élèves.
Dans l’attente de vous rencontrer, je vous renouvelle, Madame la députée, l’expression de toute ma sympathie.
Dans ces colonnes, nous avons suffisamment reproché aux syndicats signataires leur laxisme contestataire depuis deux décennies – et particulièrement depuis dix ans – pour ne pas saluer et relayer une initiative de qualité lorsqu’elle se présente.
En ce sens, Ok et le SNMKR, au sein de l’UNION semblent sortir de leur léthargie et proposer – enfin ! – des solutions revendicatives réalistes à la profession. Force est de constater que l’UNION ne fait plus pleurer…
Plusieurs moyens de pression sur l’UNCAM, donc sur l’État, sont proposés, certains réalistes, d’autres moins :
- Le retour à la « feuille papier » en lieu et place de la télétransmission de nos feuilles de soins électroniques est indiscutablement l’acte le plus impactant sur les CPAM. Les « petites-mains » de la Sécurité Sociale, sous la pression de Monsieur Frédéric van Roekeghem, directeur de l’UNCAM et grand équarrisseur de fonctionnaires, ont été clairsemées ces dernières années dans des proportions qui dépassent l’entendement. L’arrivée massive de feuilles papier créera indiscutablement le chaos administratif. Nous pensons cependant que cette action ne doit pas être ponctuelle mais permanente et continue jusqu’à ce que l’on daigne enfin nous recevoir et nous entendre.
Nous avons conscience que beaucoup d’entre nous hésiteront à mettre en place ces mesures coercitives, par trop attachés au 400 euros de l’aide pérenne délivrés chaque année par l’URSSAF pour bons et loyaux services de télétransmetteur. Pour autant, nous vous demandons de réfléchir et de faire preuve de hardiesse individuelle : cette mesure ne peut prendre son sens que si elle est massive. De plus, en onze années de non-réévaluation, de par notre frilosité coupable et individualiste, n’avons-nous pas perdu bien plus de 400 euros de chiffre d’affaires par an ?…
L’on argumente également que le retour à la feuille papier est inconfortable pour le patient. Certes. Mais la dégradation significative de nos conditions de travail, de nos investissements, du temps individuel consacré à nos malades, par défaut de moyens et de revalorisation tarifaire depuis onze ans, n’est-elle pas plus péjorative encore ? Et, quoi dire des référentiels-kiné, lorsqu’ils seront dûment appliqués (c’est-à-dire dans l’année), et que 30% de nos patients ne pourront plus se faire soigner dans nos cabinets ? Pour le coup, assurément, nous pourrons alors parler « d’inconfort »…
Par ailleurs, la protection de notre système de santé, de la qualité de ses soins, n’est pas, à notre sens, une affaire médico-médicale, mais un débat de société, impliquant chacun. Il ne nous apparaît donc pas aberrant que le patient, à l’instar de son thérapeute, s’investisse dans le débat et dans la défense de ses propres intérêts.
- Le retour à envoi systématique des DEP (demande d’entente préalable) aux caisses, nous apparaît – et pour les mêmes raisons que ci-dessus débattues – une bonne solution.
Pratiquons là.
- L’envoi groupé de nos télétransmissions (comme cela a parfois été évoqué par certains syndicats) en une heure et un jour précis dans l’espoir de créer le « buzz informatique » au niveau des caisses, nous semble, quant à lui, illusoire. C’est mal connaître la puissance de l’outil informatique et le peu d’incidence de ce genre d’action.
Cessons, purement et simplement, de télétransmettre.
- Les DE (dépassements d’honoraires) massifs sur l’ensemble du territoire (telle que cela est parfois également conseillé) est une action illégale et qui nous entraînerait dans un bras de fer juridique et correctionnel avec l’UNCAM, dont nous avons peu de chance de sortir gagnants.
Si l’UNCAM se comporte plus souvent qu’à son tour avec indélicatesse et duplicité envers ses devoirs à notre égard et le respect de la Convention, nous, notre honneur de kinésithérapeutes, nous dicte de lui opposer notre respect sans faille des textes en vigueur.
- La grève des cabinets et la manifestation du 28 mai (et de toutes celles à venir) en tant que démonstration de notre « ras-le-bol » et de notre capacité à savoir enfin se fédérer et faire front aux hussards d’État, restent indiscutablement la mesure incontournable de ce projet.
Venez nombreux vous faire entendre, votre avenir en dépend ! Ne laissez plus les « petits camarades » se charger à votre place de la défense de vos intérêts, de celui de vos familles. Faites enfin preuve de courage, d’initiative, et de solidarité ! Dépassons ensemble les clivages idéologiques et syndicaux.
Pollux, en tous les cas, bien que non-syndiqué et non ordiné, en sera.
À la lecture du projet de loi du 24 février 2010 portant sur diverses dispositions relatives à l’ostéopathie et à la chiropraxie, présenté à la présidence de l’Assemblée nationale et porté par un nombre assez (in)conséquent de députés, il apparaît un essai littéraire mal transformé, une notable confusion des genres, une diabolisation à peine voilée du kinésithérapeute qui – le vilain ! – tenterait de s’émanciper de sa condition crasse de paramédical et, évidemment – un grand classique du genre conservateur – l’on y secoue le spectre de la terreur, du chaos, de l’anarchie, et des barbares en blouses blanches lâchés sur les populations.
Projet de loi pour l’ostéopathie et la chiropraxie
Pour autant, à mesure qu’on lit entre les lignes, il est symptomatique dans ce texte, tout à la gloire du « Dr en quelque chose » – médecin, sage-femme, et même cette petite cocasserie du chirurgien-dentiste et du pharmacien – que le kinésithérapeute est « l’ennemi » indicible à abattre. Celui par qui l’ostéopathie ne doit pas passer.
Le haro contre l’ostéopathe « non médical », rebaptisé pour la cause « ostéopathe non professionnel de santé » – bonjour la pub incitative sur les plaques ! – n’est qu’un rideau de fumée, dont personne n’est dupe, et derrière lequel on aime à voiler des intentions plus insidieuses et plus coercitives, que l’on souhaiterait voir s’appliquer à terme – de manière plus large – à tous non-médecins, et particulièrement aux kinésithérapeutes.
Bien entendu, pesant de tout son poids « doctoral », l’on agite à tort et à travers le « principe de précaution » si chers à nos amis médecins dès l’instant qu’ils ne veulent pas partager un fromage trop goûteux. Et, l’ostéopathie, est un fromage l’on ne peut plus goûteux…
En une époque plus sombre, vers les années 80-90, les laboratoires pharmaceutiques et leurs colossaux dividendes financiers, craignant la propagation d’une médecine non médicamenteuse, avaient déjà pratiqué de la sorte l’ostracisme, trouvant champions dans les rangs doctoraux pour défendre leur « cause », forcément humaniste et désintéressée. Une époque où l’on traînait sans vergogne l’ostéopathe non médecin devant les tribunaux, et où l’on réclamait sa tête et sa destitution publique en place de Grève, le tout – avocats y compris – financé par la manne chimique, oubliant au passage de se souvenir que l’ostéopathie a été importée en France, et enseignée aux omnipraticiens, par des kinésithérapeutes. Que, sans le kiné, le médecin d’aujourd’hui, à la traîne du corpus mondial, ne saurait toujours rien d’une lésion de premier degré de L5 ou d’un side bending rotation.
Curieusement, un certain député Debré était déjà en tête de liste des parapheurs anti-kinés. Entêtement, quand tu nous tiens…







