Archive pour mars 2010
Nous avons évoqué l’historique de la Sécurité Sociale (chapitre I), son organisation (chapitre II). Parlons, aujourd’hui, de son financement.
La vache à lait n’en peut mais… 
Colbert (qui n’était pas la moitié d’un œuf fiscal) disait : « l’art de lever l’impôt consiste à plumer les oies sans trop les faire crier ».
Le Pouvoir politique a en effet toujours eu pour préoccupation de s’assurer que ses prérogatives fiscales ne soient pas contestées. Cela l’a conduit à multiplier impôts indirects et taxes de toutes natures qui tendent à rendre l’impôt invisible, car totalement intégré aux prix des biens et des services. Le Pouvoir actuel (mais cela ne lui est pas propre) dans ses effets d’annonces très médiatisés où il claironne à qui veut l’entendre qu’il baissera l’impôt direct et la taxe professionnelle (oubliant pieusement au passage de mentionner la flambée sans précédant de l’impôt social, des taxes aux services – cartes d’identité, passeports, de l’écotaxe, etc.) ne fait que participer en cela à cet État d’esprit séculaire et à la duperie savamment entretenue à l’adresse des masses laborieuses.
En réalité, il s’agit purement et simplement d’un maquillage habile et progressif – d’un transfert stratégique - des prélèvements fiscaux vers les prélèvements sociaux. En aucun cas d’un allègement quelconque – bien au contraire – de la pression fiscale.
En ce sens – du moins est-ce ainsi vécu par les populations – l’impôt social (CSG, RDS, allocations familiales, assurances maladie, forfait hospitalier, forfait médical, cotisation retraite, cotisation chômage, etc.) de par son rôle moins allergisant, voir culpabilisant sur le citoyen (qui voudrait voir son système santé ou vieillesse s’effondrer ?), contrairement à l’impôt fiscal (TVA, impôts directs, taxe foncière, taxe d’habitation, taxe sur les sociétés, etc.) moins bien toléré (qui souhaiterait payer toujours plus de voyages « présidentiels » à notre Nicolaï 1er, de radars sur nos routes, ou d’inspecteurs des impôts ?) joue à plein son rôle d’écran de fumée.
La sangsue fiscale se déguise pour nous plaire en « l’ami qui nous veut du bien » de nos retraites et de notre santé, camouflant au passage que, chaque jour davantage, notre pouvoir d’achat s’effondre au bénéfice des caisses de l’État.
La Sécurité sociale (et donc l’impôt social) à ce jour représente à elle seule la moitié des prélèvements obligatoires acquittés par les Français, 395 milliards d’euros, soit 22 ,2 % du PIB : pour la première fois, plus de la moitié de l’impôt (44 % du PIB) qu’acquittent les contribuables français sont perçus par la seule Sécurité sociale. À lui seul, le budget de la Sécurité sociale s’élève à 373,7 milliards d’euros, contre 276,3 milliards pour le budget de l’État. Nous comprenons mieux l’importance de ce haut personnage de l’État qu’est Monsieur Frédéric Van Roekeghem (actuel président reconduit de l’UNCAM) en tant que premier banquier de l’hexagone, et combien il convient de s’entendre davantage avec lui qu’avec son Ministre des Finances. Nous comprenons également la place tristement privilégiée (car de première tranchée) du médical en tant que fer de lance et victime patentée des négociations budgétaires.
Fidèle à la maxime de Colbert, l’État initie donc un glissement graduel et incolore d’une forme d’impôt vers une autre. Pour autant les ponctions sur la masse usinant et la pressurisation du contribuable n’en restent pas moins prégnantes et exponentielles, faisant de nous le pays le plus taxé au monde.
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Nombreux sommes-nous dans le médical (aidé en cela par les « points de bonification fidélité » de nos opérateurs) à avoir sacrifié aux muses de ce petit gadget technologique qu’est l’I-Phone, téléphone cellulaire de chez Apple, aux fonctions multiples (et souvent superfétatoires), mais qui permet de se connecter à « la toile » depuis n’importe quel point (ou presque) du globe. Ceci, pour qui – comme votre serviteur – refuse de laisser entrer l’hydre Internet chez soi, est relativement pratique, autorisant à relever ses mails ou à surfer (bien que très laborieusement) sur les sites de son choix.
Mais l’I-Phone reste un instrument coûteux et fragile, au service après-vente inexistant.
Lorsque, par inadvertance (c’est à dire à peu près trois fois par semaine en ce qui nous concerne), ce petit bijou, fraîchement acheté au prix du kilo de caviar, vous échappe des mains encrémées ou de la poche, et choit lamentablement sur le pavage (lorsque ce n’est pas tout bonnement dans la cuve des toilettes, comme cela est arrivé à un ami qui se reconnaîtra) vous découvrez alors un tout autre visage – sans tact(ile) cette fois - de la maison Apple ; le zéro réparation, la tête à Toto.
Lorsque vous appellerez le « service » clients d’Apple, une voix d’outre-tombe, car lointaine et probablement délocalisée au Maroc ou aux Indes (en Irlande, semble-t-il), répondra par une négative désespérante, et dans un français assez difficile à endurer, à toutes vos demandes, quelles qu’elles soient. Ne grattez pas plus avant, on vous enverra aux fraises…
Apple Monde (à la toute petite et très récente exception du remplacement des vitres brisées, exclusivement réservée – à tout seigneur tout honneur – au marché américain -) ne répare aucun I-Phone. Tel est sa politique commerciale carnassière et son sens aigu du service au client.
Seul vous sera proposé, en cas de défaut matériel avéré et si vous êtes encore dans le champ de la (courte) garantie, un échange standard. Dans tous les autres cas (hors-garantie, panne non contractuelle) il vous sera revendu un appareil neuf, à l’équivalent, contre 210 euros (somme forfaitaire, qu’il s’agisse d’un 3G ou d’un 3GS). Bref, le service après-vente d’Apple se résume à un magasin de vente en ligne.
La pilule – pour qui a acheté à peine un mois plutôt, pour159 euros, sa petite babiole, et qui n’a plus qu’une inutile bigorne entre les mains – est un peu amère à avaler…
Pour autant, et tous renseignements pris, l’I-Phone s’ouvre et se répare aussi aisément que n’importe quel autre téléphone cellulaire de n’importe quelle autre marque (cf. le lien en bas d’article). L’hyper sophistication du dit engin, n’autorisant prétendument pas sa réparation, n’est qu’un vil prétexte marchand, afin de vous faire bourse délier.
Changer la vitre brisée d’un I-Phone 3G (le plus fréquent, de très loin, des incidents) coûterait moins d’un euro de matière première et dix minutes à un technicien du consortium américain. Une connectique ? Moins encore. Autant dire, aux vues des milliards de dollars que l’I-Phone brasse et fait brasser, que cela n’intéresse pas.
Il s’agit donc, de la part d’Apple, d’une politique – choquante – d’incitation à l’hyper consommation, entraînant de ce fait une hyper et inutile industrialisation.
A quand l’époque (peut-être plus si lointaine ?) où l’on exigera que l’on change de voiture lorsque l’on crève un pneu ?
En 2008, Nicolaï 1er signifiait son entrée tonitruante en gouvernance par un acte d’une rare gredinerie envers le médical: l’abolition autoritaire et non négociée de l’ASV (Allocations Supplémentaires de Vieillesse). Autant dire – tel en son temps médiéval - Sa Sainteté le pape avec le trésor des templiers; le pillage en règle de nos noisettes cotisantes et l’autodafé de nos points retraites.
Cet acte de haute flibusterie gouvernementale, digne des heures les plus sombres de notre Histoire, s’est assis allégrement sur toutes considérations du Droit français et sur ce que la Vème République tient pour plus sacré : le respect de la parole d’État et de la démocratie.
Car (et Nicolaï est pourtant avocat) nul ne peut trahir, interpréter ou aménager, unilatéralement la Convention tripartite unissant le médical, l’UNCAM (Union des Caisses d’Assurance Maladie) et l’État, sans un avenant conventionnel dûment cosigné.
En l’absence d’entente collégiale, et si chacun campe sur sa position, la Convention est dite « caduque », « gelée », ou l’avenant est « rejeté » et la vie conventionnelle poursuit son petit bonhomme de chemin. Toute autre manière de procéder relève de l’abus de pouvoir.
Bien qu’indirect, ce rapt caractérisé de fonds propres (nos retraites) au bénéfice des caisses du Pouvoir, relève, à l’évidence, de la justice internationale (cour européenne) puisque la nôtre, hexagonale, ne semble pas s’en émouvoir. Mais, hélas, aucun syndicat professionnel ne fut suffisamment téméraire jusqu’alors pour en tenter l’aventure.
Pour autant, nous comprenons fort bien qu’il s’agit là d’un précepte de plus haute envergure ; celui du bon fonctionnement de la démocratie et du respect des règles de droit commun, également applicables aux gouvernements, car garde-fous indispensables empêchant tout État de verser insidieusement sur les pentes glissantes et séduisantes du césarisme.
Car, comme qui vole un œuf vole un bœuf, il n’y a pas de « petite » entorse au Droit.
Qui vole un ASV, volera quoi demain ? Un suffrage universel ?
Qui bafoue un droit en bafouera quel autre ?…
Question…
Nous rebondissons sur un article du souvent pertinent et toujours impertinent syndicat Alizé, reprenant lui-même un éditorial des « Chiennes de garde », les ex Laurent Ruquiettes :
Dans la catégorie « violence et prostitution », La Meute (les chiennes de garde a choisi la campagne de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, avec la tête chauve et souriante d’un homme ordinaire, le slogan « Je vois Céline tous les 15 jours et ça me fait un bien fou… », et la signature « Mon kiné… partenaire de ma santé durable ». Dévaloriser un métier en l’assimilant à la prostitution (cet homme « voit Céline », comme il pourrait aller « voir une prostituée ») fait de cet ordre professionnel peu soucieux de déontologie l’équivalent d’un proxénète.
Alors, Céline, kiné ou niké ?…
Dans le style médaille en nouille, publicité sexiste et avilissante, nous voilà donc bien rhabillé pour l’hiver. Nous mesurons aisément l’impact affligeant d’une telle campagne sur les populations et combien le regard de nos patients va devenir grivois et les mains baladeuses. Pourquoi pas, après tout, puisque même notre Ordre les y invite ?…
Merci, mon Renié, d’assurer si bien, avec ton équipe de déontologues aux manettes, la « promotion de la profession »…
Au royaume des « chauve qui peut »
(Toute ressemblance ou projection fantasmée de cette publicité sur des personnes ou faits connus seraient purement fortuites et n’engagerait en aucun cas ni les idées ni les opinions des auteurs de cet article. Ou si peu).
Évidemment – même si la publicité « Céline » en prend tous les atours – nous n’imaginons pas une seconde que l’Ordre ait sciemment souhaité couper les jarrets de ses pairs.
Nous pensons davantage à empressement et à compromission.
Empressement, car l’Ordre se devait, afin de justifier de son racket annuel, de présenter enfin – après bientôt cinq années d’hibernation quasi cathartique – une feuille de route minimaliste et un semblant de « promotion » de la profession, l’une des principales missions (car autant oublier tout de suite la défense de nos prérogatives) pour laquelle il est mandaté.
L’incompétence du grizzli à peine dégivré au petit réveil printanier a fait le reste…
Compromission, car, référentiels obligent, il n’était évidemment pas question, face à l’UNCAM, donc à l’État, et donc aux « senseurs », de faire démonstration d’une quelconque fringale en acte. L’air du temps ne s’y prête pas.
« Céline » se devait donc d’être une publicité incitative non motivante. Ou comment faire la promo de la kiné, mais pas à plus d’une séance par quinzaine, soit bien en deçà des réalités soignantes et nécessités de terrain, et donc de caresser dans le sens du poil les « référentiels » à venir et les politiques en place.
L’influence, aujourd’hui, d’une telle funeste publicité sur tous patients prenant ordinairement le bus en compagnie de Céline, c’est qu’ils imaginent qu’avec une ordonnance de dix séances, même pour une prothèse totale de genou compliquée d’une AND turgescente sur fond de staphylocoque doré, ils nous font un cadeau royal, et que s’ils ne galopent pas comme capucin à confesse après trois rencards, c’est que nous sommes des escrocs…
Peut-être, tout comme nous, avez-vous reçu ces derniers jours le petit opuscule de la sécurité sociale nommé « Lettre d’information aux kinésithérapeutes » ? Une feuille de chou à l’allure inoffensive, anodine, pimpante et presque sympathique à l’œil. Un simple recto-verso sur papier recyclé (prémices de ce que nous serons bientôt nous-mêmes ?) mais qui, l’air de ne pas y toucher, signe notre arrêt de mort et en dit long sur le devenir de la profession et le sort que nous réservent les Banquiers de Bercy. En tous les cas, bien plus long que les discours lyophilisés et les déclarations policés de monsieur Frédéric Van de Roekeghem – actuel percepteur en chef de l’UNCAM (Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie).
Sur ce document officiel, les (mal)intentions de fond percent comme acné au front d’un jouvenceau.
Morceaux choisis
« Pour les actes en série, des référentiels vont déterminer, par pathologie, le nombre d’actes en deçà duquel l’entente préalable n’est pas nécessaire. Cinq référentiels ont déjà été élaborés. À terme, de tels référentiels concerneront la plus part des actes de rééducation ».
Il apparaît très nettement que, question « référentiels », le Rottekeghemweiler n’a pas du tout l’intention de lâcher prise ni d’en rester là. Les cinq premiers (référentiels), dans son esprit anthrokinophage, ne furent qu’un amuse-gueule, osselets de paramédicaux à gober. Le plat de résistance – l’osso-buco à l’os de kinés – est à suivre, que l’on nous assure copieux et sanguinolant à souhait.
Nous imaginons volontiers – et d’autant plus aisément que cela est écrit noir sur blanc – que, tôt ou tard, c’est l’ensemble de notre « champ de compétence » qui passera par les mandibules acérées de la médecine comptable. La PTH ou l’entorse de cheville n’ont été qu’un ballon d’essai afin de bien vérifier la manœuvrabilité de la profession et l’impuissance de ses syndicats à la défendre ou à « mobiliser » qui ou quoi que ce soit, à commencer par eux-mêmes.
Sur ce plan, le test est particulièrement probant : pas une mouche n’a décollé du tarmac contestataire. Juste l’habituel bêlement de l’ovin qu’on mène à l’équarrissoir…









