Archive pour janvier 2010

   

Apparaîtra ? 

N’apparaîtra pas? 

Voilà des décennies que la DEP (Demande d’Entente Préalable) et ses frasques aquatiques font jaser le landernau. Nos syndicats signataires, en rang d’oignons, télé-objectifs en bandoulière, depuis des lustres immémoriaux poireautent sur les bords du lac Conventionnel à l’affût de la moindre risée (doux euphémisme) à la surface des flots ministériels impavides. 

Mais le facétieux saurien UNCAMien infiniment se joue de toutes attentes, de toutes prévisions, de toutes promesses, et surtout de toutes signatures officielles. On le voit par ici, on le voit par-là, lorsqu’on le pensait à jamais disparu dans les gouffres abyssaux de son Loch, il pointe de re-chef son chef. Bref, de disparaître pour ré apparaître de nouveau, sous une forme hybride ou une autre, il ne cesse… 

EPP (Évaluation des Pratiques Professionnelles), référentiel, seul son petit sobriquet à travers les décennies change… 

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Renié Couratier, notre distingué président de la Déontologie, est-il le concombre masqué de la fronde anti-Ordre, introduit par entrisme dans l’oligarchie pontificale ?

Voilà bien la question qui taraude Pollux depuis quelques jours et qui l’empêche de fermer l’œil dans ses petits draps roses…

A en croire son dernier pensum : « Répondre aux besoins de santé et garantir la qualité des soins par une formation et un exercice rénovés » déposé – in vivo – sur la table de notre sinistre de la Santé, Madame Rose-Taquin, force est de s’interroger ?

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La surprise est totale, le clavier nous en est tombé des mains, et nous, de l’armoire…

A la lecture du volumineux dossier « Répondre aux besoins de santé et garantir la qualité des soins par une formation et un exercice rénovés » déposé ces jours derniers par l’Ordre des kinésithérapeutes sur le bourreau de Madame le sinistre de la santé, Roselyne Nachelit-à-baldaquin, nous nous sommes maintes fois frottés les yeux d’ahurissement. Cela est-il seulement possible ? Les fines-herbes des Panini du petit turc d’à-côté n’étaient-elles pas un poil plus relevées que d’habitude ? Car ce rapport, traitant de l’évolution de la kinésithérapie vers l’Universitaire et du développement de notre formation vers les Masters, est d’une qualité inespérée, tant dans l’analyse que dans la documentation. Précis, renseigné, implacable ; c’est du travail d’ordrefèvre…

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Pour autant que nos tablettes soient à jour, il semble que nous soyons la seule profession médicale ou paramédicale – et c’est une curiosité dont je ne me lasse pas – à ne pas être codifiée à l’acte mais au taux/horaire, tel les taxis. A chaque coefficient de la nomenclature est adjoint une unité plus ou moins longue de temps, incompressible, à consacrer à nos patients.

L’unité de valeur n’est donc pas le soin mais l’horodateur.

Ce choix bizarroïde et dénué de sens-commun d’accoler un chronomètre à notre compétence a crée de longue date entre nous et l’ensemble du sérail médical un schisme conventionnel. Il est à la source de tous nos déboires et de notre non-revalorisation tant professionnelle que financière. Pour autant cette fantaisie cocasse perdure au travers des décennies bien que s’opposant ni ne sachant résister durablement à toute introspection intellectuelle un tant soit peu lucide. C’est ce que l’on appelle la fossilisation de la NGAP.

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Comme chaque fin d’année pour la profession, l’heure est au bilan.

Triste bilan en vérité. L’année qui s’achève restera – une fois de plus – de sinistre mémoire pour le genre kiné. Mais, pour autant, un bilan mitigé.

Aucune réévaluation de nos honoraires. Mais, çà, c’est redondance depuis onze ans. Le dossier financier est, semble-t-il, le parent pauvre des négociations. A en parler encore, on paraît presque indécent et vénal. On insupporte.

Le pli, donc, celui de la paupérisation progressive de la profession et de son décrochage graduel vers les classes moyennes-inférieures, du « travailler toujours plus pour gagner la même chose » et de devoir sauver à grands coups d’expédients son chiffre d’affaire, est pris – et bien pris – dans les mentalités tant populaires, qu’hélas syndicales.

Pour la première fois de notre Histoire, sans que mouche ne décolle du tarmac ni qu’apparaisse l’ombre d’une barricade de rue (hormis le « jeudi de la colère »), la profession accuse la première « croissance négative » de son chiffre d’affaire.

Et tout cela n’est qu’amuse-gueule puisque le plat de résistance, c’est pour 2010 que l’UNCAM nous le concocte…

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Référentiels
Référentiels
Mon petit doigt m’a dit…
mordillo_07

Référentiels.
Plus dur sera le chut !!!

Tout d’abord, lorsque j’ai décroché le téléphone, la voix était si suave, si sirupeuse, presque hypnotique, que j’ai pensé un instant qu’on essayait une énième fois de me refourguer un système d’alarme, des fenêtres en plexiglas, ou de nouveaux placements financiers pour payer moins d’impôts, ce qui correspond à peu près à 50% des appels quotidiens au cabinet - les mains dans la crème jusqu’aux yeux - et donc de mes jurons de charretier.

Que Nenni ! Il s’agissait d’une charmante dame patronnesse de la caisse primaire d’assurance maladie venue dispenser, hosties en pogne et grelot charismatique, la bonne parole et prendre lien avec mon cabinet afin de nous expliquer à quelle sauce anthropophage nous serons bientôt croqués par les référentiels-kinés (qui ne sont pourtant toujours pas au Journal Officiel), et combien nous devons nous estimer joyeux de devoir transformer nos prochaines vacances aux Antilles (si chaudes, si humides, si galvaudées) en camping-caravaning revigorant à Paimpol-les-trois-églises, flotte à 13°, téguments distaux bleus en plein cagnard d’août...

Hélas, pour cette gente émissaire des oukases gouvernementaux, s’il est un domaine en lequel Pollux domine à peu près son sujet et monte illico au filet pour un passing-shot, c’est bien celui des référentiels, du beau discours d’enfumage et des entourloupes de la HAS et de l’UNCAM.

Après onze années de non-réévaluation, d'irrévérences caractérisées de la Convention, de mépris patenté d’État envers la profession de masseur-kinésithérapeute, il faudrait être un brin naïfs pour croire encore que les CPAM nous veulent un quelconque bien, ou que les tisaneries de l’UNCAM aient à envier en quoi que ce soit aux suppositoires érigés en palabres glycérinés…

Pourtant, la problématique est d’une duplicité toute évangélique.

L’UNCAM et la HAS conduisent au pas de charge la profession vers toujours plus de devoirs (EBP, référentiels) et toujours moins de droits, sans jamais prendre en considération, en ce dossier, l’aspect revalorisation de nos honoraires.

Et lorsque, par erreur, l’on commence à s’accrocher et à comprendre par trop bien de quoi il relève en vérité, l’on nous sort illico son missile communiquant, en la personne de Monsieur Pierre Trudelle, notre ex-confrère et éminent physiothérapeute anglo-saxon de la HAS, et son l’article 32 518 alinéa 125 du Code ouzbek de la fameuse revue du « Donald & Mickey superior institut of enfumage therapie », in Serbo-Croate dans le texte, pour nous clouer le bec et rabattre notre gueux caquet.

Des colonnes de chiffre en langue de Shakespeare, c’est imparable…

Dame Sécu, rapidement consciente qu’elle ne parviendra pas à m’esbaudir ni à m'instruire de grand chose sur lesdits référentiels - outre le fait qu’ils deviennent à présent efficients et qu’à partir de maintenant il me faut envisager 30% d’activité de moins dans l’année - nous avons donc badiné plaisamment sur les sujets qui fâchent.

Quid des centres de rééducations et des cliniques du département (le 77, en l’occurrence) qui ouvrent, en toute illégalité et mépris des Conventions, de plus en plus large leurs portes à une clientèle extérieure ? A t-on conscience des « réseaux » (pour rester politiquement correct) chirurgiens/établissements de rééducation, dont le risque majeur est de vider les villes de son contenu de libéraux à bas prix et de produire à terme une kinésithérapie à dix fois son coût actuel ? Conçoit-on combien la « concurrence » est déséquilibrée entre structures financées par l’État - donc par l’argent de la collectivité - et les kinésithérapeutes particuliers qui se sont érigés à la seule force de leurs deniers ? A-t-on conscience du mur vers lequel ce genre de permissivité précipite la santé de ville, et de l’engagement tricheur des CPAM à prétendre vouloir endiguer ce phénomène ?

La réponse fut instructive : « Nous en avons conscience, certes, mais nous n’y pouvons rien… ».

Quid des ordonnances qui, depuis dix ans, devraient ne plus être ni quantitatives ni qualitatives, et de l’engagement de la CPAM à faire pression sur le médecin prescripteur afin qu’il en soit ainsi ?

La réponse fut non moins instructive…

Moyennant quoi, vite dépassée par la tournure de la conversation (sensée, de toute évidence, s’adresser à un parterre de béotiens candides et pétrifiés d’effroi face à l’aspect officiel de la démarche), Dame Sécu me propose de me rapprocher de la Commission Paritaire de mon département, les Dupond & Dupont de la représentativité organique. Je lui rétorque que, si cette Commission avait la moindre influence sur les décisions médicales locales, cela se saurait depuis longtemps, et que, quitte à m’adresser à un sonotone, autant que ce soit celui du bon Dieu qu’à celui de ses saints…

Dame patronnesse s’engage alors mordicus à m’obtenir un rdv avec le n°1 de la santé du département. La classe !

Je ne manquerai, évidemment pas, de vous tenir informé de cette séance de langue de bois.

Coup de coeur
images sade

Sade Adu
Un ange passe...

Je me suis levé tant de matins, près de dix ans en ma primo-jeunesse, auprès de Sade - entendons-nous bien, auprès de mon radio-CD entonnant du Sade - que cette femme, en quelque sorte, fait presque partie de ma vie, voir de celle de mes petites amies.

J’en connais même quelques-unes, dans ce couple à trois, qui lui aurait volontiers volé dans les plumes, juste histoire de détendre l’atmosphère et de remettre la balle au centre.

Et, voler dans les plumes d’un radio-réveil, après coup, ça ne rend pas bien malin…

Commencer une journée par du Sade, c’est bien mieux que par un coup de pied au cul. Pour vous en convaincre, faites l’expérience des deux.

Sade a la voix des hirondelles qui annoncent le printemps, le guano en moins sur la table de ping-pong.

Bon, je vous l’accorde, dix ans de printemps, ça peut commencer à peser lourd dans le cursus. Surtout celui des autres.

Sans être Proust ma chère, nous dirons que la beauté est toujours lointaine. C’est sans doute pourquoi, comme Albertine, Sade a disparu si longtemps de nos ondes - presque dix ans - pour revenir enfin nous susurrer dans le creux de l’oreille « Love deluxe ». Un slogan à s’y méprendre avec une marque de savonnette et l’achat prévisionnel d’un nouveau radio-CD…

Son dernier album « Soldier of love » est un pur condensé de guimauve qui vous coule à l’oreille. Si suave, si sucré, qu’à côté, un loukoum vous fait l’effet d’un flacon de gros sel « La baleine »…

Sade, anglo-nigériane, est ce genre de créature intemporelle que le nombre des années (surtout les nôtres) n’atteint pas. De « Diamond life » (1984) à « Soldier of love (2010), pas une ride d’altération, d’usure, de corrosion, ne vient bouleverser en neufs albums la logique d’une immortalité paisible.

Comme la madeleine dudit Proust, Sade est un bain de jouvence sans cesse renouvelé, mieux que la crème glossy-gloss de chez Garnier-Gloss à base de fœtus humains.

Avec 75 millions d'albums vendus, son groupe fait partie du top 100 des meilleures ventes d’albums dans le monde. Paradoxalement, Sade cultive la discrétion et n'apparaît que très peu à la une des journaux ou sur les écrans de télévision. Elle passe son temps avec ses amis, sa famille, son enfant, et se tient à l'écart du show-business.
La grande classe, quoi…

Normal, direz-vous, lorsque l’on sait que Sade signifie « couronnée de gloire ».

Anglo-nigérian d’origine moi-même à la centième génération, frétillant de l’hormone atavique à la moindre mesure de samba ou de soul, évidemment que je ne peux pas être totalement objectif en ce dossier. Mais le monde des gens objectifs insupporte.

Heureusement que l’objectivité n’est pas humaine, sans cela ce monde serait inhumain. Nous ne serions plus qu’une bande de zombis décérébrés, homogènes, marchant au pas de l’oie, le petit doigt collé à la couture du pantalon, des ovidés à équarrir et tout disposé (tiens, prenons un exemple au hasard) à cautionner l’EBP, les référenciels-kinés, et l’Ordre des kinésithérapeutes.

Rassurons-nous, assurément, je vous parle de choses qui ne peuvent pas nous arriver. Nous, kinésithérapeutes, nous avons bien trop de tempérament…

Sade, indiscutablement, devrait être remboursée par la Sécurité Sociale, ou, à minima, par les mutuelles. Et mon radio-CD, par mon assurance habitation tous risques…

Bio expresse :

Naissance le 16 janvier 1959 à Ibadan, au Nigeria de Bisi Adu, un Nigerian, et de Anne Hayes, une Britannique, sous le nom de Helen Folasade Adu.

Elle a 3 ans quand ses parents se séparent et que sa mère quitte le Nigeria avec ses deux enfants pour s'installer à Colchester (Essex) près de Londres. Elle est naturalisée britannique.

Sade est styliste, chanteuse/compositrice de musique et parole Soul/Jazzy, et ancien mannequin.

Fière de ses origines africaines, elle se passionne pour la musique afro-américaine. Ses idoles et ses influences artistiques et musicales sont Curtis Mayfield, Billie Holiday, Nina Simone, Al Green, Marvin Gaye et Aretha Franklin ...

Albums :

- Diamond life (1984)
- Promise (1985)
- Stronger than pride (1988)
- Love deluxe (1992)
- Remix deluxe (1992)
- The best of Sade (1994)
- Lovers rock (2000)
- Lovers live (2002)
- Soldier of love (2010)

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