Le 25/10/2011

 Pollux

À, Monsieur François Hollande

Candidat socialiste aux présidentielles 2012

Monsieur,

Je suis masseur-kinésithérapeute depuis vingt-cinq ans, et dépositaire d’un site web d’informations professionnelles – Physioscope.fr –  assyndical et apolitique, que me fait l’honneur de lire une partie conséquente des consœurs et des confrères de notre profession, ainsi que nos représentants.

Nous assistons, depuis quelques temps, à l’entrée en campagne électorale des candidats à la plus haute fonction de notre pays et, à ce titre, la vôtre, puisque votre parti politique vient de vous investir de cette haute mission.

La kinésithérapie, depuis bientôt treize ans, connaît un hiver sibérien.

Pas la moindre augmentation de nos honoraires depuis 1998, ce qui entraîne une perte (en valeur relative) de près de 30% du pouvoir d’achat de nos professionnels.

A contrario, bien qu’élèves très disciplinés des « enveloppes budgétaires annuelles » allouées à notre profession par l’UNCAM – enveloppes que nous respectons à la lettre depuis de nombreuses années – nous subissons, depuis 2005, un ensemble de nouvelles mesures, extrêmement délétères, qui « plombent » jour après jour nos conditions de travail et notre chiffre d’affaires.

C’est ainsi qu’à la perte de l’avantage social vieillesse (ASV) – véritable fondement originel de la Convention médicale unissant le praticien de santé à la Sécurité Sociale – et que vient d’abolir de manière inique, autoritaire, et anticonstitutionnelle, notre chef actuel de l’Etat, se sont ajouté un ensemble de mesures (et, nous pensons, évidemment, aux « référentiels kiné ») dont,  nous ne discuterons pas ici le bien-fondé ou non, mais dont il est peut être utile de rappeler qu’ils « tombent » à un moment pour le moins peu opportun, puisque sur des dépenses déjà clairement « maîtrisées », et, donc,  ne nécessitant pas de mesures coercitives supplémentaires.

Ajoutons à cela une « pression » constante, et bien moins « officielle », des CPAM sur le prescripteur en actes de masso-kinésithérapie, le médecin, harcelé administrativement (nous pesons nos mots) dès qu’il ose émettre une ordonnance de rééducation.

Tout cela aboutissant – comme d’inévitable – à une chute vertigineuse de la valeur de l’acte en masso-kinésithérapie, et, vous le comprenez aisément,  à une accumulation de ces actes, donc à une qualité moindre des soins prodigués pour ne pas sombrer économiquement et devoir fermer nos cabinets. Car là est réellement l’enjeu : l’entorse à la conscience professionnelle, à l’idée que nous nous faisons de notre profession, ou le dépôt de bilan.

Mais, à cela – et sans doute plus inquiétant encore, pour ne pas dire plus attristant – nous assistons à une démoralisation sans précédent du professionnel (que vous retrouverez sans difficulté, si vous nous faites l’honneur de parcourir quelques instants les sites de dialogues inter-professionnels), qui ne voit plus d’issue viable à son activité, ni d’avenir possible.

Or, la kinésithérapie, qui est un beau métier, un métier noble au service de nos concitoyens, les aidant quotidiennement à franchir les affres de la maladie ou du handicap, à vivre mieux, à retrouver leur place dans une société active, ne mérite pas d’être traitée avec autant d’indifférence – peut-être de dédain ? – par les pouvoirs publics.

Ajoutons à cela que la kinésithérapie a fait la démonstration, depuis de nombreuses années, de sa capacité à s’adapter aux nouvelles demandes du patient, dans un élan évolutif de formations et de technologies, que personne ne conteste, plaçant la kinésithérapie française comme l’une des plus exemplaires au monde.

De cet effort considérable – souvent en formulation post-graduée, donc à nos frais supplémentaires – là encore, le professionnel se voit, en retour étatique, indifféré…

Nous comprenons la crise économique qui ébranle notre pays.

Nous comprenons que chacun doit participer à l’effort de redressement national.

En revanche, nous comprenons beaucoup moins – et cela nous choque même – qu’il y est, au sein de cet effort, deux poids deux mesures, que, tandis que certaines branches de la médecine (et, nous pensons, bien sûr, aux généralistes) se voient régulièrement confortées dans leur pouvoir d’achat, d’autres, comme la masso-kinésithérapie, assistent au gel plus que décennal de leurs honoraires.

Il s’en dégage un fort sentiment d’injustice sociale.

Les dernières négociations conventionnelles de cet automne, entre les représentants de la profession et l’UNCAM, sont un « modèle d’école » de ce mépris gouvernemental envers les 65 000 professionnels que nous sommes.

En échanges, et seulement en échange, de nouvelles contraintes coercitives, d’une brutalité sans précédent, entraînant, à court terme, de nouvelles économies drastiques sur le « dos » de la kinésithérapie (2% des dépenses de la Sécurité Sociale…), et d’autres mesures encore, portant atteinte à l’esprit même du libre-arbitre du praticien libéral (perte non-négociée et non-négociable de la liberté d’installation, que, là encore, nous ne discutons pas sur le fond) – l’UNCAM nous alloue une augmentation négligeable, presque insultante, de nos honoraires, que nous n’hésitons pas à baptiser aumône…

Le mépris d’Etat envers les professionnels de la masso-kinésithérapie vient d’atteindre son point d’orgue. 

C’est pourquoi, Monsieur, face au désarroi de toute une profession, je souhaiterais connaître le positionnement qui serait vôtre envers l’avenir de la kinésithérapie, si, en 2012, le suffrage universel vous portait aux plus hautes responsabilités de la Nation ?

Vous comprenez bien que les professionnels du métier que, humblement, je représente ici, ne sauraient se satisfaire de vagues promesses sans engagement, ni d’une réponse qui « botte en touche ».

Votre réponse, ou votre absence de réponse, sera – soyez en assuré – relayée et communiquée à l’ensemble des médias de la profession et lue, sans doute avec beaucoup d’intérêt, par 65 000 masseurs-kinésithérapeutes, afin de leur permettre, en toute connaissance de cause, de définir qui peut être ou ne pas être le candidat porteur d’un nouvel espoir pour la kinésithérapie.

Je ne doute pas que vous anticipiez l’importance de vos mots sur nos maux, et, combien, dans une élection présidentielle traditionnellement sur le « fil du scrutin », qui se joue à peu de millions, voire de centaine de milliers de suffrages près, 65 000 masseurs-kinésithérapeutes, leurs proches, ainsi que les millions de patients qui transitent par leurs cabinets chaque année – et, premiers concernés par la qualité de leurs soins – peuvent avoir un impact non-négligeable sur l’enjeu final.

Ne vous méprenez pas, cela est dit, non afin de vous placer sous une « pression » quelconque, mais face à un réalisme qui sera celui auquel les candidats à la présidentielle seront affrontés, car il est évident qu’au delà des clivages politiques et idéologiques, les professionnels d’une kinésithérapie qui se porte si mal, se poseront la question en des termes simples de survie économique : « Qui est le meilleur candidat pour l’avenir de la kinésithérapie ? ».

Dans cette attente, je vous prie de croire,   Monsieur, en l’expression de mon plus grand respect.

Les pendules à leurre

Au cours de la dernière CSPD (commission paritaire départementale régissant les rapports conventionnels entre les professionnels de santé et les caisses de sécurité sociale), celle d’automne 2011, Monsieur le Directeur adjoint, face à nos confrères représentants, a eu la remarquable présence d’esprit d’appeler enfin un chat un chat. A plusieurs reprises, nos collègues, quelque peu médusés, se sont entendus dire qu’il (Monsieur le directeur adjoint, et donc, à travers lui, la sécurité sociale) était leur employeur, sous-entendu, qu’à ce titre, ils n’avaient qu’à suivre et à se plier.

Nous remercions ce haut dignitaire des caisses d’avoir eu la franchise – et le courage – de dire explicitement ce que d’aucuns – et depuis fort longtemps – soupçonnent tout bas, à savoir, que la sécurité sociale se voit, en son fort intérieur, bel et bien comme l’employeur des kinésithérapeutes.

C’est, bien sûr, une lourde désillusion pour ceux d’entre-nous qui imaginaient encore être membres d’une profession libérale, et, avoir, en fait d’employeurs, que leurs centaines de mini-patrons-patients.

Cela lève également un voile pudique sur des rapports conventionnels qui, depuis des lustres, non plus de « partenariat » que la douce rêverie que certains s’en font.

Un grand merci, donc, à Monsieur Tinet, pour cette remise des pendules à l’heure, et son franc-parler, que nous avons toujours apprécié (en toute sincérité, et pour l’avoir reçu en tête-à-tête, fort aimable, en nos locaux).

Au moins, avec une personne de son envergure, qui ne manie pas la langue de bois, la kinésithérapie du 77 sait où elle va…

Depuis quelques temps, je lis, sur certains tchats professionnels, la détresse de consœurs et confrères qui (de plus en plus nombreux) font part de leurs angoisses face à la chute, parfois vertigineuse, de leur activité, et donc, de leur chiffre d’affaires. Et ce, parfois, après des décennies de ballade en mer pénarde.

Il s’agit, pour eux, d’une véritable angoisse puisque, derrière cette descente vers des abîmes inconnus, se pose la question de leur survie économique, tant pour eux-même que pour leurs proches. De quoi sera fait demain ? Vais-je pouvoir continuer d’assurer subsistance et confort aux miens ? Quelle décision prendre ?

Ce qui ajoute à leur inquiétude et amplifie leur sentiment d’impuissance, c’est que, bien souvent, ils ont la perception (et, notez que je parle de « perception ») de n’avoir aucune prise sur cette déliquescence de leur activité. Ils pensent – et peut-être à raison ? – avoir « tiré sur toutes les ficelles » pour redresser la barre du Titanic et éviter l’iceberg. Pour autant, inexorablement, il poursuit sa route délétère…

Il ne semble donc pas totalement inutile de discuter autour de ce problème, puisque de taille pour certains.

La chute d’activité est-elle une fatalité conjoncturelle ?

Globalement, nous pouvons répondre que « oui ».

Individuellement, nous dirons que « non ».

Aux cas particuliers (concurrence des nouveaux collègues, absence de remise en question, habitus et routines thérapeutiques) s’ajoute un contexte hautement récessif, de la part des Pouvoirs Publics, à l’égard de la kinésithérapie (chute des prescriptions). Contexte que tout le monde connaît suffisamment pour qu’il soit nécessaire d’épiloguer.

Relativisons ! 

Tout d’abord, rappelons que bien peu d’activités professionnelles humaines franchissent les décennies sans avoir, tôt ou tard, à devoir sérieusement se remettre en question, voire, à dépérir pour renaître sous une autre forme, ou disparaître tout simplement.

Rares sont les femmes et les hommes de ce Monde qui « font carrière » d’une seule traite, sorte de « Voie Royale » inscrite ad vitam dans le marbre de la non-évolution et du confort intellectuel.

Peu, en vérité, sont épargnés par la nécessaire transfiguration, dérangeante, bouleversante, parfois douloureuse, mais si nécessaire à l’Humain.

Cela, sans doute, peut paraître être un truisme, mais relativise nos prétentions et réconforte notre sentiment de solitude face à l’adversité. On se sent moins seul, puisque, au final, il n’y a rien de plus banal, de plus universel, que de devoir se remettre en question de fond en comble, de manière récurrente, et d’apercevoir ses belles certitudes existentielles – et, en l’occurrence, professionnelles – s’abattre comme le chêne du conte.

(Déjà, peut-être, chez certains qui me lisent, qu’au chêne fait écho le roseau ?  ;-)

Rappelons encore que – au-delà de son aspect inconfortable sur le moment – le changement (donc le mouvement) ouvre sur d’autres portes, d’autres curiosités, enrichit la pensée, les émotions, et développe, élargit, notre perception du Monde.

En grossissant le trait ; si vous ne bougez jamais de votre fauteuil (ou de votre cabinet), comment connaître l’existence des forêts, des montagnes, des océans, autrement « qu’intellectuellement » ou par le canal réducteur de votre téléviseur ? Donc, pas.

Bien loin de son conformisme douillet et immuable, la « mise en danger » de soi-même, au travers de ses certitudes ébranlées, vous offre une nouvelle « grille de lecture » de l’univers qui vous entoure, et, donc, de vous-même.

Ajoutons à cela qu’un « changement » peut-être l’occasion de « remettre les pendules à l’heure », d’aller vers une autre activité humaine, peut-être plus proche de nos aspirations profondes, de notre sensibilité présente, de nos rêves d’enfants, d’être enfin en phase avec soi-même. Alors, après tout, que de voir se « casser la gueule » une activité à laquelle l’on adhérait que par habitus, par suite  existentielle « logique » (être, par exemple, kiné plutôt que cuisinier, car on était en BAC « S »), est la meilleure chose qui puisse arriver à notre devenir.

L’heure (ou, leurre ?) des solutions

Il peut y avoir, bien évidemment, des causes purement « conjoncturelles » à l’effondrement de son activité professionnelle (hyper-concurrence locale, disparition des prescripteurs, etc.). En ce cas, la plus banale des propositions est de savoir faire preuve de souplesse, de, peut-être, allier un poste salarial à un poste libéral, de contrôler mieux ses charges, d’éviter les prises de risques financières périlleuses ou « compulsives », de savoir « relancer » ses prescripteurs (mailings, communication), voire, au final, d’envisager « d’émigrer » vers des zones plus propices.

En tous les cas, soyez « analytiques » et précis dans le diagnostic de votre situation, de manière à y apporter « la » solution.

Pour exemple, un chiffre d’affaire en régression depuis un an peut ne rien signifier du tout (installation, sans conséquence future, d’un confrère, mouvance du « marché », etc.). Au-delà de deux/trois ans, il y a systématisation, donc problème. Si vous n’anticipez pas le phénomène, vous vous retrouverez, un jour ou l’autre, au « pied du mur », et sans alternative…

Mais, pour les autres, ceux qui (du moins l’imaginent-ils) ont « tirés sur toutes les ficelles » ? 

A l’évidence, ils ne feront pas l’économie d’une profonde remise en question.

Le « choix des armes » ou « des larmes » leur appartient alors ; la feront-ils en « souplesse », en accord avec leur « moi » profond, avec tendresse envers leurs aspirations, comme une « évidence », presque une chance, offerte à leur devenir, ou bien subiront-ils, dans la violence, la frustration, à « grands coups de pieds dans le fion » ?…

Tout est affaire de posture.

Voici celle que j’aimerais (en toute humilité) vous proposer :

Agir.

Initier la notion de mouvement (rappelons – grand concept ostéopathique – que le mouvement, c’est la vie !). Car, il n’y a rien de plus fatal que de ne rien faire, de laisser faire les « choses », d’attendre, immobile, de tomber de l’arbre comme une vieille figue asséchée.

Vous aimeriez ouvrir – en souriant intérieurement de votre hardiesse de pensée – un restaurant ? Mais, tout cela vous apparaît si flou, si distant ? Et bien, inscrivez-vous à des cours de cuisine. Peut-être pour rien, peut-être pour rire ? Mais, êtes-vous vraiment certain de là où cela vous mènera ou ne vous mènera pas ? Ce tout premier pas ? Qui sera – peut-être ? – l’initiateur de tant d’autres, à la suite, que vous ne connaissez pas encore, ni ne pouvez même – en cet instant – appréhender…

Vous souhaitez poursuivre votre profession de kiné ?

Alors, faite un bilan – sincère ! – de compétences. Posez-vous les bonnes questions. Suis-je toujours aussi « niackeur » qu’il y a quinze ans, dix ans ? N’ai-je pas – de manière peut-être insensible, au jour le jour – laissé un peu « filer » mes compétences, mon « envie », ma présence, ma disponibilité aux patients, à mon travail ? Ne suis-je pas entré, peu à peu, dans une sorte de routine somnolente, un confort de pratique, dans de la « facilité », qui, au final, m’ont distancié, graduellement, des autres ?

N’oubliez jamais que les gens dépérissent de l’évolution qui les entourent, et dont ils ne prennent pas le train ! Ils « s’auto rayent » de la carte de l’avenir du Monde, qui, de décennies en décennies, ré-invente ses codes.

Peut-être devriez-vous alors songer (si cela n’est pas encore fait) à passer à « l’acte individuel », à consacrer une demi-heure à chaque personne, à vous offrir, à « leur » offrir, une respiration, un espace plus ample, pour que chacun se retrouve enfin ? Un tempo plus calme de présence à « l’autre » et à vous même.

Avez-vous vraiment besoin de la nouvelle Audi, dont le crédit vous fera cavaler toute l’année ? De partir si loin en vacances ?

Peut-être, à vous former d’avantage ? Une, ou des formations, qui vous conviennent. Non pas forcément  parce qu’elles « répondent » à un effet de mode, à un projet que vous pensez « porteur » (vous prendriez le risque de vous adjoindre des techniques « gadgets », que vous « n’habitez pas », et qui vous iraient comme un costume de clown à un notaire). Mais des techniques, des méthodes, des écoles de pensées, qui vous correspondent, qui prolongent l’être que vous soupçonnez (ou, connaissez peut-être ?) en vous. Là, vous pourrez alors être certain d’apprendre « utile », à vous-même, donc aux autres.

Idem pour l’investissement dans les matériels : optez seulement pour ceux qui prolongent votre action, votre « mental », votre « coloration ». Pour ma part, un appareil d’électrothérapie dans mon cabinet – aussi « high-tech » soit-il – me ferait la sensation d’un nez de clown (toujours le même). Un bel aquarium, des CD d’ambiance, seraient plus fluides… pour moi !

Un conseil, cependant ; dans le contexte actuel, évitee les emprunts « lourds » sur ce qui n’est qu’investissement « matériel », et non « intellectuel ». Ne chargez pas la mule de vos finances. Conservez de la « souplesse » et de la liberté d’action.

Rompez définitivement avec cette croyance qu’un investissement en matériels vous maintient « dans la course ». Bien au contraire, il peut être la porte ouverte sur bien des facilités, des « conforts » périlleux et sans avenir, tant envers vous-même qu’envers les autres…

Puis, laisser venir...

Laisser aux « choses » le temps de se mettre en place, de s’installer doucement, lentement, de manière sans doute un peu confuse au départ, mais – au final – structurée. Souvent à son insu, et à son étonnement.

Et, cela tombe merveilleusement puisque, dans votre désarroi actuel (la chute de votre activité), il n’y a tout de même peut-être pas encore une urgence urgente au point de tout devoir bouleversifier dans l’instant ?…

En quelques mots ; faite confiance à cet « instinct de vie », qui, jusqu’à présent, vous a mené là où vous êtes ( et, ça n’est pas si mal, non ?) et qui – n’en doutons pas – poursuivra de savoir conduire vos pas là où ils doivent être conduits.

Vous êtes inquiets ? Vous avez du mal à trouver le sommeil ? C’est bien. Cela signifie que votre « radar » vital est en éveil, et que – déjà – il envisage des directions, des évolutions nécessaires, des solutions alternatives.

La pire des solutions serait de ne RIEN faire.

Proposition d’Alizé – Le MK-conseil

* * *

10/10

Proposition très perspicace de la part d’Alizé, qui, si elle voit le jour, sera assurément bien plus percutante – en matière de reconnaissance professionnelle et sociale – qu’un Ordre sur le déclin.

Il faudra simplement veiller à ce que ce « MK-conseil » ne devienne pas, à l’instar de son collègue « médecin-conseil », un simple relais financier des oukases des budgets d’Etat.

Pour mémoire, rappelons que les rapports entre médecins-traitants et médecin-conseils ne sont pas forcément emprunts de cordialité ni de confraternité, tant s’en faut… 

Soucieux de lutter contre toute forme de prosélytisme (à notre sens, véritable fléau de la profession) et désirant offrir une critique objective (autant que cela se puisse), Physioscope a décidé de consacrer une tribune récurrente aux informations et initiatives – que nous jugeons heureuses, malencontreuses, ou utiles pour la profession – venant de nos « institutionnels » (syndicats, Ordre, etc.).

Petite mise au point : Physioscope est un site d’information (ou « d’humeur » selon certains) a-syndical au sens le plus strict du terme, et nous ne sommes aucunement syndiqués. Nos sympathies nombreuses et polymorphes ne sont pas forcément le reflet de nos engagements. Tous propos à venir n’hypothèquent donc que ceux qui les énoncent, mais – en aucun cas – pour tout ou partie ni nécessairement, les convictions propres à notre site.

Si, chemin faisant, certains « institutionnels » se font davantage présents que d’autres au sein de cette tribune, ce n’est pas que nous souhaitons privilégier leurs thèses, mais que leurs initiatives se font (toujours, à notre sens) régulièrement plus constructives, ou qu’ils nous font davantage l’honneur de nous adresser leurs documentations, afin que nous puissions en juger. 

Nous livrons à votre jugement les informations telles quelles, n’y apportant qu’une notation (sur 10) étayée d’un discret commentaire (c’est plus fort que nous !).

Document Alizé

* * * 

10/10

Beau tacle d’Alizé.

Effet d’ânes nonces ?

Lorsque Ordre et intox riment ensembles. Ah non, tiens, ça ne rime pas…

 

L’on parle beaucoup de les saisir. Tant qu’à faire, autant choisir le bon !

http://www.nosdeputes.fr/synthese

Le HOTU

« CALMOS D’AILLEURS »

Chez les « Riff Hi FI » on avait des gueules à caler les roues de corbillard.

Avec leur plan Marshall, ils avaient viré le seul qu’écrivait pas comme un gendarme !

Ce dernier, rangé des voitures s’en pignolait d’autor du charivari car il avait su garder le « vice » dans la peau.

Son Waterloo lui avait d’abord donné les yeux en couilles d’hirondelles, puis il avait vite conclu qu’on lui avait pas mis dans les pattes, le couteau le plus affûté du tiroir.

Dans ce clan, y avait toujours eu embrouilles pour se passer l’décodeur, en fait , quoi qu’ils en pensent, peu avaient volé le Saint Esprit chez ces mal cuits.

« Calmos d’Ailleurs » allait peut être causer meilleur, mais il ne bichait que d’une.

Dans son clandé, l’ambiance lui avait donné envie d’aller acheter des allumettes, avant que le désir de frimer ne le contamine à son tour.

Il n’était pas du genre à friser l’incorrection, il préférait l’effet cosmétique pour cadrer ses offres « couilles de loup »

Sans charre, avec Freddo le Hollandais ce faux nez, il saurait garder un petit doigt d’honneur sur la couture du falzar.

Il savait qu’avec lui le deal était nacbar d’avance, et il était fin prêt comme les caïds des autres clans d’ailleurs, à négocier des bouts de ficelle.

Une fois encore, on allait voir ce que l’on aurait pas aimé voir !.

Ecrit par « Bob »

Et oui, c’est fin des agapes, les enfants. Dunes de sable, petits punchs, ou hauts plateaux du Tibet (pour les fumeurs de joins en tongs), chacun regagne sagement les chemins de la rentrée…

Une rentrée fastidieuse, placée sous lesauspices  du crack boursier, de l’affaire DSK à tiroirs, du printemps arabe et des factures qui s’amoncèlent… donc du découvert à la banque.

Avez-vous remarqué d’ailleurs à quel point nos créanciers – assurances, impôts, EDF – se précipitent dés les premiers jours de septembre ? Ont-ils peur, sachant le tsunami financier post-estival qui attend nos bourses, de ne pas être servis sur la bête ? Le champion du monde WWF de la catégorie prophylaxie et doublage de file indienne est, indiscutablement, France Télécom, qui trouve, en l’espace d’un mois d’août (donc en une période où l’on sait, empiriquement, que la moitié de la France est sur la lune), le moyen de vous adresser sa petite facture, son rappel… et de vous couper votre ligne téléphonique pour défaut de règlement ! Nous parlons d’expérience…

Ajoutez à cela quelque frais inhérents aux « vacances j’oublie tout » – jusqu’à l’effet retard des cartes bleues à débit différé (ah oui, c’est vrai chérie, je l’avais oublié cette facture de 500 euros pour tes cours de plongée de 7 minutes en piscine…) – les frais de scolarité (+ 15% cette année sur le panier moyen) de nos chères têtes blondes, l’inscription à la salle de gym (car, cette fois-ci – on se le promet ! – on ne sera plus aussi gros sur la plage l’année prochaine !), le moteur de la balnéo qui a profité de son petit mois de repos pour prendre un congé sabbatique irréversible et définitif (1 000 euros…), les patients, tel les blancs moutons égayés dans la nature, à qui il faut (re)montrer les chemins de la bergerie (allô, Madame Machin, et vos 14 rendez-vous de cette semaine, vous les avez zappés ?), à croire qu’à chaque été il y a une sorte de « reset » total sur votre carnet de rendez-vous et l’encéphale des malades…

A ce petit jeu d’usure nerveuse, votre hâle de soleil et de bonne-humeur, dont vous étiez si fiers, pâlit bien vite…

Côté vie conventionnelle – c’est à dire, tout ce qui touche à la profession, Ordre, syndicats, réévaluation, etc. – encéphalogramme plat ; rien a bougé. Remarquez que c’est bien là un des rares domaines de notre existence où l’on ne peut faire aucune différence entre périodes de vacances et le reste de l’année…

Avec les syndicats, nous sommes au moins certains d’une chose, il n’y aura aucune surprise à la rentrée. ça fait du bien de pouvoir se reposer sur des valeurs sûres…

Allez ! Bonne rentrée à tous…

Soucieux de lutter contre toute forme de prosélytisme (à notre sens, véritable fléau de la profession) et désirant offrir une critique objective (autant que cela se puisse), Physioscope a décidé de consacrer une tribune récurrente aux informations et initiatives – que nous jugeons heureuses, malencontreuses, ou utiles pour la profession – venant de nos « institutionnels » (syndicats, Ordre, etc.).

Petite mise au point : Physioscope est un site d’information (ou « d’humeur » selon certains) a-syndical au sens le plus strict du terme, et nous ne sommes aucunement syndiqués. Nos sympathies nombreuses et polymorphes ne sont pas forcément le reflet de nos engagements. Tous propos à venir n’hypothèquent donc que ceux qui les énoncent, mais – en aucun cas – pour tout ou partie ni nécessairement, les convictions propres à notre site.

Si, chemin faisant, certains « institutionnels » se font davantage présents que d’autres au sein de cette tribune, ce n’est pas que nous souhaitons privilégier leurs thèses, mais que leurs initiatives se font (toujours, à notre sens) régulièrement plus constructives, ou qu’ils nous font davantage l’honneur de nous adresser leurs documentations, afin que nous puissions en juger. 

Nous livrons à votre jugement les informations telles quelles, n’y apportant qu’une notation (sur 10) étayée d’un discret commentaire (c’est plus fort que nous !).

Vers la fin de la loi Bur-Fourcade… 

* * *

10/10

Pourvou que ça dour…

 

Soucieux de lutter contre toute forme de prosélytisme (à notre sens, véritable fléau de la profession) et désirant offrir une critique objective (autant que cela se puisse), Physioscope a décidé de consacrer une tribune récurrente aux informations et initiatives – que nous jugeons heureuses, malencontreuses, ou utiles pour la profession – venant de nos « institutionnels » (syndicats, Ordre, etc.).

Petite mise au point : Physioscope est un site d’information (ou « d’humeur » selon certains) a-syndical au sens le plus strict du terme, et nous ne sommes aucunement syndiqués. Nos sympathies nombreuses et polymorphes ne sont pas forcément le reflet de nos engagements. Tous propos à venir n’hypothèquent donc que ceux qui les énoncent, mais – en aucun cas – pour tout ou partie ni nécessairement, les convictions propres à notre site.

Si, chemin faisant, certains « institutionnels » se font davantage présents que d’autres au sein de cette tribune, ce n’est pas que nous souhaitons privilégier leurs thèses, mais que leurs initiatives se font (toujours, à notre sens) régulièrement plus constructives, ou qu’ils nous font davantage l’honneur de nous adresser leurs documentations, afin que nous puissions en juger. 

Nous livrons à votre jugement les informations telles quelles, n’y apportant qu’une notation (sur 10) étayée d’un discret commentaire (c’est plus fort que nous !).

Loi Fourcade – Bur (explication)

Loi Fourcade – Bur (le recul)

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10/10

La privatisation et la mutualisation de la médecine apparaît, à terme, être une volonté politique inéluctable. Comme il semble loin – jeté en pâture aux chiens financiers – ce grand projet Gaullien d’après-guerre d’une médecine humaniste et solidaire, que fût la Sécurité Sociale…

Reste que, si dépeçage de la bête médicale il doit y avoir, que débute l’hallali à minima sur des bases saines (si l’on ose encore dire) par un semblant d’égalité territoriale et d’accès équitable pour tous aux soins.

Privatiser le système de couverture d’assurance maladie français (peut-être est-ce un mal nécessaire ?) n’implique pas de faire rentrer la pathologie au CAC 40, ni de livrer ce fleuron de notre culture, qu’est une médecine/paramédecine de qualité, pieds et poings liés aux faiseurs d’euros sans odeur. 

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Référentiels kinés : attention ! Un train (de mesures) peut en cacher un autre...

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« Invictus »
Tout le Monde est là ?

Fiche technique :

- Réalisation : Clint Eastwood.
- Scénario : Anthony Peckham, d'après le livre Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game that Made a Nation de John Carlin, traduit sous le titre Déjouer l'ennemi : Nelson Mandela et le jeu qui a sauvé une nation.
- Distribution : Warner Bros.
- Lieu de tournage : Afrique du Sud.
- Dates de sorties :
- Etats-Unis : 11 décembre 2009.
- France : 13 janvier 2010.
- Belgique : 13 janvier 2010.
- Durée : 02h12min
- Distribution : Morgan Freeman (Mandela), Matt Damon (François Pienaar).

Synopsis :

Fin des années 1990. Mandela, président de la République d’Afrique du Sud, ne sait plus comment taire les remous raciaux qui opposent, avec une égale violence, les deux communautés – noire et blanche – de son pays. Les noirs, après des décennies d’humiliation, de brutalité et d’injustice sociale, sont attirés par les muses de la vengeance. Les blancs, très minoritaires, sont effrayés par le renversement des rapports de force, et s’enferment dans une ghettoïsation ultraréactive. À tout moment, le pays peut basculer dans une guerre civile sanglante, mettant définitivement un terme à des années de lutte pacifique de Mandela contre l’apartheid.

Les noirs glorifient le football et exècrent le rugby, sport national de « l’oppresseur blanc ». Vint alors, à Mandela, le projet « fou » de réunir l’ensemble d’une nation bichrome derrière une seule couleur, celle du drapeau Springbok, et un seul objectif, celui de remporter la coupe du monde de rugby, qui se joue, cette année-là, en Afrique du Sud.

Mais, deux écueils - et non des moindres – veulent venir faire achopper ce projet : d’une part, les Springboks sont loin d’être l’équipe de classe internationale que nous connaissons aujourd’hui, et ses chances de remporter le championnat sont quasi-inexistantes, d’autre part, l’hostilité de la population noire à se fédérer derrière ce projet, à saluer et à soutenir une équipe, longtemps symbole du Pouvoir blanc, est presque insurmontable.

La rencontre entre deux hommes, Mandela et François Pinard, le capitaine « blanc » de l’équipe des Springboks, sera déterminante et fera basculer l’Histoire…

Notre avis :

Foin de grand discours moralisateur et culpabilisant sur l’apartheid et le Pouvoir blanc de la fin du siècle dernier, ni sur le racisme en l’Afrique du Sud. Pas d’images-chocs sur la misère (réelle) des taudis noirs de Soweto, ni sur la violence (non moins réelle) d’un système boer (en grande partie issue de la colonisation néerlandaise) hautement ségrégationniste.

Ce film n’est pas là pour régler les comptes.
Juste une démonstration, pudique et sobre, sur la manière dont deux hommes avec une vision commune – celle de l’Universalité des droits – vont bousculer l’Histoire.

Mandela, en raison de ses idées politiques, a été enfermé durant vingt-sept ans dans une geôle de moins de dix mètres carrés et condamné aux travaux forcés par un Pouvoir qui avait érigé en système moral et économique la suprématie d’une race sur une autre.

À sa sortie de prison en 1990 (sous la pression et l’embargo politique internationale contre l’État ségrégationniste de Pretoria) Mandela, loin de vouloir se venger de ces « visages pâles » qui lui ont volé - pour des idées - presque trois décennies de son existence, ni ne souhaitant davantage devenir l’icône naturel d’un mouvement noir enclin à la violence envers l’oppresseur, prône le pardon et la réconciliation de toute une Nation.

Nelson Mandela est sorti de son enfer carcéral et de son état de disgrâce, pour entrer, directement, en État de grâce, un de ces pouvoirs d’élévation de la conscience, à la Soljenitsyne ou à la Gandhi (qui fit ses premières armes d’humaniste – peu de gens s’en souviennent – en tant qu’avocat de la minorité indienne, également persécutée en Afrique du Sud), à laquelle bien peu d’hommes, qui hantent pourtant nos manuels d’Histoire, ont accès.

Morgan Freeman, plus Mandela que nature, éclaire l’écran de sa sobriété. Inspiré, investi, emprunt de modestie, nous sentons, à l’évidence, qu’il s’agit là, pour lui, du rôle d’une vie.

Matt Damon sonne juste et simple, comme toujours, en plus d’être beau gosse à vous filer des complexes.

Clint Eastwood (le réalisateur) nous offre un pur joyau. L’un des rares films qu’il nous a été donné de vouloir revisionner dès le générique de fin.

Les racistes ou les antiracistes n’y trouveront pas leur compte, dans cette oeuvre. Pas d’image de violence, pas de plaidoyer, ni discours lénifiants, encore moins d’apologies philanthropiques. L’homme des bois de l’Est nous conte, tant dans l’esprit (Mandela) que dans le muscle (François Pienaar), l’aventure d'humains « virils », dans le meilleur sens du terme. Des hommes qui ne se couchent ni en mêlée ni devant les fusils de l’oppresseur, ni – surtout – ne se résignent au fatalisme. Des hommes qui, après s’être tant castagnés, s’embrassent à la fin du match.

D’une image frugale et sans fard, sans guimauve sentimentale hollywoodienne, n’en faisant jamais trop, Eastwood cisèle tant l’Histoire que celle du petit monde du rugby. Et, nous ne pouvons que nous étonner que ce soit à un Nord-Américain (pays où ce sport est quasiment inconnu) qu’il revienne de transcender avec tant de brio le fameux précepte : « le football est un sport de gentlemen pratiqué par des brutes, le rugby un sport de brutes pratiqué par des gentlemen ».

Au terme de ce film, nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur ce dont sont capables les hommes, dès qu’ils cessent d’être moins égotiques, pour savoir unir leurs forces autour d’une même bannière, plutôt que d’en faire des baillons.

Nous ne pensons, évidemment pas, à nos centrales - celles de la kinésithérapie - ni à leurs sempiternelles guerres claniques pour le Pouvoir. Moins encore à la sinistralité d’une profession, à laquelle vingt années d’apartheid syndical l’ont conduit…

Mais, ne désespérons pas, peut-être qu’un Mandela et un François Pinard feront un jour leur apparition dans le firmament de la kinésithérapie ?…

Bio express de Mandela :

Nelson Rolihlahla Mandela – « Madiba », de son nom tribal – est né le 18 juillet 1918 à Mvezo(Est de la province du Cap, Afrique du Sud). Il fut l'un des meneurs historiques de la lutte contre le système politique d'apartheid et président de la République d’Afrique du Sud, de1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non raciales de l'histoire du pays.
Nelson Mandela intègre l'African National Congress (ANC) en 1944, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale menée par celle-ci. Devenu avocat, il participe à la lutte non violente contre les lois de l'apartheid, qui commencent à être mises en place par le gouvernement du Parti national afrikaner, arrivé au pouvoir par les urnes en 1948. L'ANC est interdit en 1960, et, la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961, qui mène une campagne de sabotage contre des objectifs militaires. Arrêté par le gouvernement sud-africain avec l'appui de la CIA, il est condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité. Il devient une célébrité bénéficiant d'un soutien international, symbole de la lutte pour l'égalité raciale, notamment après les émeutes de Soweto, en juin 1976.
Après vingt-sept années de prison, Mandela est relâché le 11 février 1990, et soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit conjointement avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour leurs actions en faveur de la fin de l'apartheid et l'établissement d'une démocratie non raciale dans le pays.
Élu premier président noir d'Afrique du Sud en 1994, il continue avec succès la politique de réconciliation nationale. Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active.
Œuvrant depuis contre le sida, qui lui a pris un fils, il est aujourd'hui une personnalité mondialement écoutée au sujet des droits de l'homme.

A la Une
dsk

Télé-irréalité

Plus libidineux que « l’Ile de la tentation », plus énigmatique que « Secret story », plus people que « La ferme des célébrités », avec une fin, à prévoir, aussi rocambolesque et précipitée que « Carré viiip », le PAF nous a concocté notre petite guimauve de l’été, brassant son remugle de bas instincts et caressant le voyeurisme dans le sens du mauvais poil : « L’affaire DSK ».

Sous nos yeux hallucinés, nous découvrons « en live », instant après instant, sous les feux d’une caméra continue (à quand, dans la douche de DSK ?), l’entrechoquement des mondes, celui de notre conscience du réalisme, fracassé par la chute vertigineuse et parfaitement improbable – des sommets d’une future présidence hexagonale aux six mètres carrés d’une geôle outre-Atlantique – d’un homme. Ce n’est plus « Le déclin de l’empire américain », mais bel et bien celui du nôtre, tant cocardier que conceptuel.

La sidération passée (qui, une fois encore, fut, selon nous, davantage celle de la remise en question brutale de notre « échelle du probable » que celle de la possible perversion liée à tout homme), la basse-cour – et, parfois, la très basse-cour – politico-médiatique s’est mis en branle.

Les gens à l’âme grossière et injurieuse, au nom d’un populisme franchouillard du « on nous cache tout, on nous dit rien » furent, et sans surprise, aux créneaux, égaux à eux-mêmes.

Les calculateurs en stratégie politique ne le furent pas moins, qui de se couvrir d’une fausse pudeur de chaste nonne, mais ô combien jubilatoire, qui d’appeler haut et fort (trop haut et trop fort, peut-être, pour être parfaitement sincère ?) au respect de la présomption d’innocence.

Qui, encore – écornant au passage, sans vergogne, la respectabilité, encore de mise à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, de l’un ou de l’autre des deux potentiels bourreaux ou victime – d’en appeler au complot international, à la mise en scène d’une « aventurière », ou, encore, à l’évidente culpabilité d’un « pervers patenté ».

En vérité, la meilleure posture, nous semble-t-il, est de se taire. Car, que savons-nous, factuellement, de la situation ? Un homme français de stature internationale a été incriminé par une jeune femme américaine, employée à l’hôtel Sofitel de New York, d’abus sexuels sur sa personne à l’occasion de son office. Point/barre.

Tout le reste – et ne serait-ce qu’en faire appel à des supputations, des pronostiques, à l’analyse chirurgicale des circonstances, à « l’historique » des protagonistes – est déjà un acte de dénigrement et de diffamation envers l’un ou l’autre des acteurs de cette triste affaire, car il implique un cheminement mental vers une hypothétique conclusion, qui, dans l’instant, échappe pourtant à tous.

La pudeur commande de laisser cheminer, en toute réserve et silence, les rouages policiers et la justice américaine, et de ne tirer de conclusions – si l’on souhaite en tirer – qu’une fois l’écheveau démêlé.

En revanche, face à ce cirque politico-médiatique, cette diarrhée de mots et d’images, ce déballage ordurier des uns sur les autres, ce manque absolu de retenue, il nous semble que les interrogations soulevées – et qui, pour le coup, sont de fond, et laisseront derrières elles, si non-résolues, de lourds stigmates – sont bien ailleurs.

S’il est un fait qui semble relativement établi – mais, sans jamais atteindre à la gravité de ce qu’il lui est actuellement reproché – c’est que DSK est un homme, et depuis fort longtemps, sujet à une sexualité compulsive et « border-line ». Cela semble être de notoriété publique dans le petit monde de la politique et de la presse, et appelle, évidemment, à un certain nombre d’interrogations :

Pourquoi nos brillants journalistes, habituellement si prompts à se présenter en donneurs de leçons, se sont-ils - et dans un bel ensemble – tus depuis toutes ces années ? Était-il acceptable, à leurs yeux, de laisser filer droit vers la présidence de notre beau pays et vers ses plus hautes responsabilités, un homme réputé dans le « sérail » pour son déséquilibre psychique ? Vont-ils – que DSK soit ou non reconnu responsable des faits qui lui sont actuellement reprochés – accepter la part de responsabilité qui est leur, de par leur silence complice, dans le risque potentiel qu’ils laissaient courir – par non-information ou rétention d’information – à toute une nation ? Va-t-on enfin réfléchir à cette regrettable tradition tout hexagonale, « la loi du silence » et « l’omerta » – domaine où la transparence médiatique américaine nous donne la leçon – dès l’instant que l’on touche à une personnalité du Pouvoir, ou pire, à des événements aussi tragiques que le nuage radioactif de Tchernobyl et ses milliers de mors français sub-conséquents, que la presse, inféodée, a pourtant aidé, de concert avec le politique, à s’arrêter à nos frontières ? Que dire, encore, du sang contaminé ? Du laboratoire Serbier ?…

Comment le Parti Socialiste – non moins au fait des perversions de son champion – a-t-il pu soutenir la candidature de DSK pour les présidentielles, et désiré placer à la tête de notre État, un homme à ce point (si l’on en croit les propos) pathologique ? En raison des meilleures chances de victoire qu’il représentait contre Nicolas Sarkozy ? Serait-ce alors, qui motive ce parti, l’obtention du Pouvoir, qu’importe l’individu et le prix de la conscience ?…

Également, même si l’on ne peut décemment pas reprocher à DSK de faire – une dernière fois ? – un « baroud d’honneur » par l’usage de son possible confort et étalage de sa fortune, au travers de « prisons » somptuaires, et qui, pour lui, seront – peut-être ? – l’antichambre de dizaines d’années « au placard », l’on doit légitimement se poser la question d’un Parti Socialiste, et de ses valeurs supposées populaires, qui se rangeait derrière un homme à l’évidence aussi éloigné – de par son mode de vie et sa fortune – de son électorat traditionnel. Là encore, qu’importe l’individu et ses convictions, pourvu qu’il y ait l’ivresse de la victoire ?

Nous aurions également, à l’occasion – si l’on ose dire – de ce fait-divers, aimé voir le pays s’engager dans des débats de fond salutaires, portant, notamment, sur le contraste, qui interpelle, entre la justice américaine et la nôtre, pour – peut-être ? – en tirer quelques leçons réformatrices envers notre poussiéreux système procédurier, qui date de Napoléon.

Nous sommes frappés – mais ce ne sont là que quelques pistes – de voir l’équité du système américain par rapport au nôtre :

Il est clair que « l’étiquette » du justiciable importe peu pour nos amis transatlantiques. Qu’il soit patron du FMI ou simple citoyen, il se retrouve sur un banc de commissariat, coincé entre un voleur d’autoradios et un couple en scène de ménage. Sommes-nous absolument certains qu’il en aurait été ainsi en France ? Que l’affaire DSK n’aurait pas été « étouffée » ou traité de manière « confidentielle », voire, si « confidentielle » qu’il n’y aurait – peut-être ? – plus eu d’affaire du tout ? Question…

Les droits de l’accusation et de la défense américaines sont strictement analogues ; procureurs et avocats se retrouvent, côte à côte, en bas, dans la « corbeille ». Il faut venir dans les tribunaux français pour découvrir un Procureur de la République (donc, l’accusation) haut perché à la droite du Bon-Dieu (le président du tribunal), tandis que l’avocat de la défense croupit avec son client au parterre. Cela implique, d’entrée sur les jurés, un ascendant moral – tout à fait anormal – de la présomption de culpabilité sur la présomption d’innocence, et un rapport de force injuste et déséquilibré au bénéfice de l’inculpation.

L’on donne, dernièrement, de grandes leçons aux Américains sur leur supposé irrespect médiatique de la présomption d’innocence (menottes de DSK, déballage télévisuel, etc.), tandis qu’ici, cette présomption d’innocence n’existe pas même dans nos prétoires…

Une justice américaine où la culture du « plaider coupable », outre sa vertu expiatoire toute anglicane, fait que 80% des inculpations ne vont pas jusqu’au procès, qui sont autant de désencombrement des tribunaux et d’économie pour le contribuable.

Une justice américaine où les peines sont additionnelles – jusqu’à sembler, parfois, confiner à l’absurde, comme de condamner un justiciable à plusieurs centaines d’années d’emprisonnement – mais qui a le grand mérite de reconnaître à chaque individualité, aussi nombreuses soient-elles, son statut de victime, son préjudice, et son droit à réparation, contrairement à la France où les peines « plafonnées » à la nature et non à la quantité de l’acte, renie ce droit.

Bien sûr, la justice américaine, c’est aussi la barbarie d’une peine de mort qui reste encore en application dans certains états. Mais, c’est également la « vraie » perpétuité, qui, contrairement à nous, ne relâche pas dans la nature, après un maximum de vingt-trois années non compressibles, ses délinquants les plus extrêmes et incurables, ouvrant la porte au nombre insupportable de récidives qui défrayent les chroniques. « Fausse perpétuité » à la française qui, au final, entretient de manière regrettable, au sein de notre société, le désir, pour certains, de revenir sur ce formidable acquis, ce pas vers l’humanisme et la grandeur d’un pays à savoir ne pas s’abaisser au niveau de ses bourreaux, qu’est « l’abolition ».

Nous finirons par une dernière remarque, tant la liste ne peut être exhaustive :

Dans ce cirque médiatique et judiciaire (et, cette observation vaut autant pour les États-Unis que pour la France), il apparaît clairement, pour sa défense, qu’il vaut mieux être célèbre et fortuné, qu’issu d’un ghetto misérable et d’une minorité ethnique. Lorsque l’on voit le différentiel des moyens mis en œuvre (stars du barreau, enquêteurs privés, millions distribués à profusion, pour DSK) face à l’indigence d’une simple femme de ménage de couleur, l’on est en droit de se demander si le rapport des forces est vraiment équitable, et si, au final, la « justice » l’est également pour tous ? La phrase de Jean de La Fontaine (sans mauvais jeux de mots) n’est-elle toujours pas, cruellement, d’actualité : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » ?…

A l’heure où vous lirez ces lignes, il est fort probable que nous saurons qui, de l’employée du Sofitel ou du patron du FMI, est la véritable victime de cette affaire, et nous pourrons, alors, faire le compte des positions par trop hâtives et opportunistes de certains, qui en dit davantage sur leur mentalité que sur une vérité non encore connue. Mais, d'ores et déjà, il est une autre victime de ce déballage médiatique éhonté, qui, selon nous, ne fera jamais la Une des journaux ; le droit, pour tout être, à ne pas être diffamé pour ce qu’il n’est pas (ou, pas encore). Bref, le sens moral.

Il y a tant d’autres questions sociétales, que l’affaire DSK soulève, mais nous laisserons la dernière – à nos yeux, la plus fondatrice – au doux et délicieux Jean d’Ormesson, reçu, il y a quelques soirs, dans une émission tardive : « Le Monde est déjà si brutal et si violent. Et si l’on cessait de jeter les gens en pâture aux chiens ? »…